Voirie

Le patrimoine routier reste sur la mauvaise pente

| Mis à jour le 06/02/2023
Par • Club : Club Techni.Cités

Adbe Stock/Friedberg

Bien que les collectivités, départements et métropoles ont augmenté leurs investissements, une proportion de chaussées et de ponts  dont elles sont gestionnaires continuent à se dégrader. C’est ce que souligne l’Observatoire national de la route (ONR) qui a publié son sixième rapport annuel jeudi 24 novembre 2022.

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Etat des routes : pourquoi il faut agir

Serait-ce une embellie ? L’analyse de l’état des réseaux routiers des départements montre « une légère amélioration » entre 2020 et 2021. C’est le premier constat positif que l’on peut tirer de la sixième édition du rapport de l’Observatoire national de la route (ONR) présentée jeudi 24 novembre 2022 (1). Mais si on compare sur cinq ans (2017-2021), « il apparaît qu’au niveau global, l’état des chaussées des départements s’est lentement érodé depuis 2017 », nuance l’ONR. Seuls 16 % des collectivités enquêtées estiment qu’il s’est amélioré !

Dix métropoles et 64 départements ont alimenté l’enquête de l’ONR, données auxquelles s’ajoutent celles du réseau non concédé de l’Etat. Ce qui représente plus de 283 000 km de voirie cette année. Si la dégradation du patrimoine routier se poursuit, son ampleur varie en fonction du type de route. Elle concerne en particulier le réseau local des départements (catégorie 3) dont la proportion en bon état est de 64 % en 2021 alors qu’elle atteint 68 % pour le réseau structurant. « Plus le réseau est important, plus la proportion en bon état est élevée », constate l’ONR. C’est l’inverse pour les métropoles. Ce qui n’est pas surprenant : le réseau urbain structurant (catégorie 1) supporte un fort trafic et notamment de poids lourds et les contraintes pour réaliser des travaux sont importantes. 19 % de ce réseau est en mauvais état, sur un échantillon de 5 métropoles représentant 10 290 km. Quant aux chaussées de l’Etat, 19,3 % étaient en mauvais état en 2020. « L’analyse tendancielle permet de confirmer la lente, mais constante dégradation des chaussées, constatée par le passé, notamment sur celles qui nécessite un entretien de structure », souligne l’ONR. Les données 2021 n’étaient pas disponibles au moment de la réalisation du rapport.

L’angle mort des routes communales

L’état des lieux des routes est inquiétant. Toutefois « les collectivités qui ont répondu à l’enquête de l’ONR semble avoir pris la mesure de l’importance de la gestion patrimoniale de leur réseau », note l’ONR. De fait les dépenses d’investissements des départements et des métropoles augmentent. Les investissements, ramenés à l’habitant, pour les départements, après avoir baissé, sont en hausse à partir de 2016 et jusqu’en 2020. Ils sont restés stables en 2021. Une même tendance s’observe pour les métropoles bien que leurs dépenses par habitant soient trois fois plus élevées. En cause : les contraintes d’exploitation.  « Des travaux de nuit sous circulation sur une section de périphérique urbain n’ont évidemment pas le même coût que des travaux de jour sur route départementale secondaire dont la circulation peut-être entièrement déviée », remarque l’ONR. Les investissements de l’Etat progressent également : de 6 % en 2021. Toutefois, cette remontée des investissements peut correspondre à un surcoût des travaux. « Le prix du bitume a sensiblement augmenté depuis 2016, » pointe l’ONR.

Les dépenses consenties pour les grosses réparations par l’ensemble des gestionnaires ont fortement augmenté ces dernières années et en particulier pour les ouvrages d’art : elles ont cru de 70 % entre 2016 et 2021 pour les départements par exemple. D’ailleurs, « la dégradation constatée notamment sur les ponts classés 3 (ouvrage dont la structure est altérée et qui nécessite des travaux de réparation) et classés 4 (ouvrage dont l’altération de la structure peut conduire à une réduction de la capacité portante à court terme) semble s’être stabilisée », observe l’ONR. Qui constate aussi que « la part des ouvrages en bon état structurel a diminué ».

Qu’en est-il des routes et des ouvrages d’art du bloc communal ? « C’est un angle mort, on dispose de très peu de données sur ce réseau alors que c’est le plus vaste », regrette l’ONR.

Une information est disponible cependant : les dépenses du bloc communal  baissent et ceci pour la première fois depuis 2016. « Cette baisse montre les difficultés que les gestionnaires ont à maintenir leurs investissements dans un contexte d’augmentation importante des prix des travaux et de budgets encore largement impactés par la crise sanitaire », conclut l’ONR.

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