Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
Club RH

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

icon Club RH

Egalité professionnelle

Les femmes encore freinées dans l’accès aux concours

Publié le 22/11/2022 • Par Julie Krassovsky • dans : France, Toute l'actu RH

Encouragement for female career and woman motivation tiny person
VectorMine - Adobestock
Plébiscités par les femmes, les concours et examens professionnels sont des accélérateurs de carrière dans la territoriale, mais restent encore limités par la charge familiale, l’âge, la catégorie sociale et la représentation des fonctions de direction. Elles racontent.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

Sandra Breux a débuté dans la territoriale comme chargée d’affaires foncières il y a douze ans. Au fil du temps, ses missions à la métropole de Nantes (24 communes, 2 300 agents, 656 300 hab.) se sont élargies à l’instruction des autorisations du droit des sols et à la charge de référente d’une zone d’aménagement concertée du territoire. De technicienne seconde classe, elle est passée technicienne première classe en 2017 en ­réussissant son examen professionnel et tente, depuis, de passer cadre A par voie de promotion interne. Après une première tentative pour obtenir l’examen d’ingénieur territorial, puis une seconde en 2020, où il lui a manqué 0,5 point à l’écrit, elle désespère d’y arriver.

Rythme laborieux

A 43 ans, avec deux enfants de dix et treize ans à charge, elle souhaiterait obtenir un poste de responsable d’urbanisme, mais « mon profil de cadre B est peu abordable pour les petites collectivités et les structures plus importantes me reprochent mon manque d’expérience de management », raconte-t-elle.

Car jusqu’ici, Sandra Breux peine à déployer l’implication exigée par la préparation de l’examen : « J’ai ­quarante-cinq minutes de route pour me rendre à mon travail et une fois rentrée, je ne me mets à mes révisions qu’après 21 heures. La fatigue aidant, c’est dur de me concentrer. » Un rythme laborieux confronté à une charge domestique qui pèse entièrement sur elle.

A l’autre bout du spectre, Beryl Sadoun, 39 ans, DGS de la commune de Saint-Benoît, à La Réunion (1 100 agents, 37 000 hab.) qui, dès 2015, a suivi la formation tremplin A+ du CNFPT pour se remettre à niveau avant d’obtenir le concours d’administrateur en 2017. « J’occupais alors le poste de directrice de l’urbanisme à Saint-Denis de La Réunion comme attachée territoriale depuis plus de cinq ans. Avant même de réussir le test pour présenter le concours, j’avais anticipé qu’il me faudrait partir résider à Strasbourg le temps de ma formation », témoigne-t-elle. Son conjoint, enseignant, prend alors un congé parental et le couple s’installe, avec leur enfant de deux ans, dans la collectivité européenne de mai 2017 à octobre 2018.

Hormis un environnement familial facilité, la jeune femme attribue aussi sa réussite à sa formation initiale de juriste et à son appétence pour les études. « Déjà, à l’époque, j’avais passé mon concours d’attachée en même temps que mon master en droit des collectivités territoriales », s’amuse la jeune femme qui a aussi été reçue, depuis, à l’examen du barreau !

Lourd investissement

« Lorsque l’on sort des études, on bénéficie encore d’un formatage intellectuel que l’on perd ensuite car la pratique professionnelle n’est pas la même », observe Céline Piquier, 47 ans. ­Détachée comme cheffe d’un département « communication » au ministère de l’Agriculture, la fonctionnaire vient tout juste de repousser d’un an sa préparation au concours d’admi­nistrateur territorial, faute de temps. D’où que l’on parte, les examens et concours nécessitent un lourd investissement. « Sans compter la mobilité, qui sous-tend une prise de poste pour faire valoir son nouveau statut », précise ­Amélie Dietlin. La directrice de l’agence départementale des solidarités à Orléans (2 000 agents, 116 300 hab.) ­reconnaît que la voie des concours est compliquée pour tous les fonctionnaires et davantage pour les femmes : « Dès que j’ai obtenu le concours d’administrateur, on m’a souvent demandé comment j’allais m’organiser avec mes enfants, sans que mes collègues hommes ne soient confrontés à la même question. »

La représentation du rôle des femmes dans l’univers domestique a en effet la vie dure. Comme le rappelle Elsa Favier dans sa thèse consacrée aux énarques, « les femmes ayant des enfants anticipent les difficultés de la conciliation entre rôles familiaux et professionnels et tendent ainsi à se déclasser, ce qui n’est pas le cas des femmes sans enfants ».

Réflexions décourageantes

Questions aptitudes et compétences pour les concours, les chiffres du CNFPT attestent de la réussite des femmes (voir le graphique ci-dessous).

GAZ45_CAR_Ouv-Femmes-hommes

C’est après que se jouent les différences. « Nous constatons des ruptures dans la carrière avec des phénomènes de femmes qui n’ont pas de carrière ascensionnelle, à l’instar des hommes », constate Nans Mollaret, de l’association Dirigeantes et territoires.

Plus souvent cantonnées à des postes de direction adjointe, « les femmes accèdent certes à l’encadrement par l’instauration de quotas mais, dans le même temps, on a ajouté des verrous dans la façon d’avancer dans la carrière », note Emmanuelle Dussart, responsable du droit des sols et du foncier à la métropole de Nantes. L’engagement dans le travail et la mobilité géographique sont des marqueurs qui conditionnent la promotion professionnelle. La concurrence en est un autre, notamment pour les fonctions de DGS ou de pôles stratégiques.

« Lorsque j’assure des prépas aux examens, il y a autant de femmes que d’hommes, mais lorsqu’il s’agit de postuler ou d’être recruté à des postes de direction je remarque un vrai gap, la légitimité du concours se heurte à un plafond de représentation », assure ­Laetitia ­Rouger, DGS de la ville de Cenon (550 agents, 25 500 hab., Gironde). Encore aujourd’hui, la progression des femmes est facilitée dans un cadre qui n’implique pas de concurrence directe avec les hommes, ni un partage des territoires. « Comme la filière sociale, par exemple » pointe Léa (1). Attachée territoriale dans une grande ville, la jeune femme confie : « Il y a encore beaucoup de réflexions propres à vous décourager, notamment en lien avec la maternité. J’ai récemment entendu “faites attention au calendrier budgétaire pour tomber enceinte”. Et une autre collègue s’est confrontée à l’injonction de prendre “a minima” son congé maternité. Tout cela contraint les femmes à anticiper le fait que leurs candidatures pourraient être moins valorisées. »

Un peu d’histoire

  • 1919 : Date d’accès aux concours de rédacteur pour les femmes dans certains ministères.
  • 1922 : Le concours leur est de nouveau interdit.
  • 1946 : Le statut général des fonctionnaires donne aux femmes l’accès à tous les emplois publics dans les mêmes conditions que les hommes.

 

« Une réelle aventure familiale »

VERON ISABELLE_DGA bagneux

Isabelle Véron, coach pour la préparation aux concours auprès de l’Inset d’Angers et directrice générale adjointe « solidarités », à la ville de Bagneux (900 agents, 40 900 hab., Hauts-de-Seine).

« Depuis sept ans, j’accompagne des candidats à la préparation aux concours. La situation familiale et le poste occupé sont les deux principales préoccupa­tions des cadres femmes comme des hommes. Cette inquiétude pour l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle est partagée par les deux sexes. Car le concours est réellement une aventure familiale.La problématique autour de l’aménagement du temps de préparation et de révision du concours est plus clivante. Mais les hommes se sentent autant de responsabilités sur leur charge de famille que les femmes, en tout cas dans leurs déclarations verbales. Le nombre de candidats abandonnant la préparation au concours me semble aussi équivalent, mais nous ne disposons pas de chiffres pour l’attester.

La distinction se fait davantage sur la projection à des postes de direction générale, qui concerne les deux sexes, avec une nuance. Globalement les préparationnaires hommes se donnent un délai plus court pour y accéder ; par exemple, tout de suite après un premier emploi, sans forcément passer par la case de la direction ­générale adjointe. »

 

« J’ai volontairement repoussé une grossesse pour passer toutes les étapes »

20221104 Le Diouron Morgane Directrice du Service financier Vill

Morgane Le Diouron, directrice des finances de la ville de Saint-Hilaire-de-Riez (200 agents, 11 300 hab., Vendée)

« J’ai obtenu mon concours d’attachée en 2021 pour une titularisation dans la collectivité en 2022 et j’ai été promue sur le poste de directrice. Je travaille dans la commune depuis 2014, comme rédactrice. J’étais d’abord gestionnaire de la commande publique et des assurances puis, en 2018, j’ai basculé sur le poste de chargée d’ingénierie budgétaire et financière. Là, j’ai évolué comme rédactrice principale de deuxième classe et obtenu l’examen de rédactrice principale de première classe en 2020. J’ai tenté une première fois, sans succès, le concours d’attachée en 2018, mais dans le même temps je passais une certification de direction financière avec le CNFPT.

Après ma première préparation au concours, j’ai changé de stratégie et été plus proactive. J’ai osé solliciter ma direction en interne pour me faire passer des oraux blancs, j’ai ouvert le dialogue avec ma hiérarchie pour savoir si mon profil pouvait intéresser. J’avais aussi intégré et prévenu mon conjoint que nous devrions peut-être déménager si la titularisation dans ma collectivité n’était pas possible. Pour moi, ce n’est pas le concours qui est vraiment un frein, mais plutôt la façon de le faire valoir et l’évolution qui vient ensuite. Il faut, cela dit, bien envisager la mobilité avant de concourir, et il est vrai que j’ai volontairement repoussé une grossesse pour passer toutes ces étapes. »

 

Notes

Note 01 Cette personne a souhaité témoigner anonymement. Retour au texte

Réagir à cet article
Prochain Webinaire

Les solutions pour organiser une ZFE

de Les webinaires de la Gazette des communes

--
jours
--
heures
--
minutes
marche online

Aujourd'hui sur le Club RH

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Les femmes encore freinées dans l’accès aux concours

Votre e-mail ne sera pas publié

Club RH

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement