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Biodiversité

Agents et habitants deviennent des sentinelles de la nature

Publié le 16/11/2022 • Par Isabelle Verbaere • dans : France, Régions

Biodiversité_nature
Association Noé
Les données d’observation sont indispensables pour objectiver l’état de la biodiversité. Des centaines de communes participent à son recensement par l’intermédiaire de leurs agents des espaces verts et des cimetières, et de leurs habitants. Le Muséum national d’histoire naturelle propose une vingtaine de programmes de sciences participatives.

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Piérides blanches, Myrtil, Lycènes bleus, Procris et Tircis. Voici le top 5 des papillons de jour les plus souvent observés en 2021 dans le cadre de Propage (protocole papillons gestionnaires). Cet observatoire, créé et animé par le Muséum national d’histoire naturelle et l’association de sauvegarde de la biodiversité Noé, dans le cadre du programme Vigie-Nature, est alimenté par les relevés de terrain conduits par des agents des services espaces verts. Depuis son lancement, en 2009, 300 communes ont participé à ce protocole.

Inciter la population à se réapproprier la nature de proximité est le premier objectif des observatoires participatifs de la biodiversité. Il s’agit aussi de l’impliquer dans la recherche sur l’impact des activités humaines sur la faune et la flore. « Par exemple, ­Propage permet d’évaluer l’effet des pratiques de gestion des espaces verts à travers le suivi des populations de papillons de jour », expose Martin Jeanmougin, coordinateur des observatoires gestionnaires pour Vigie-Nature.

Les agents des cimetières sont aussi mis à contribution. « Nous essayons de les emmener vers les sciences naturalistes car les cimetières sont devenus des refuges pour la biodiversité », explique Mina ­Charnaux, chargée de mission « ville nature et zéro pesticide » à l’eurométropole de Strasbourg (33 communes, 505 300 hab.). Ils participent notamment à la mission « hérissons », un observatoire créé par la LPO en juillet 2020, pour objectiver l’état de l’espèce. Le protocole est simple : il s’agit d’installer un tunnel à empreintes cinq nuits d’affilée, quatre fois par an et au même endroit. Puis, chaque matin, de photographier les traces, de poster les images sur le site et d’essayer d’identifier les visiteurs nocturnes.

Jolies découvertes

« Nous avons mis en place ce protocole dans les cimetières et fait de jolies découvertes, se félicite ­Emilie Périé, de la direction de projets “transition écologique” de Cergy-­Pontoise agglo [13 communes, 212 400 hab., Val-d’Oise et Yvelines]. Les agents des espaces verts contribuent au suivi des papillons de nuit, piloté par l’association Noé, mais aussi à Florilège, consacré à la flore des prairies urbaines. » Les agents de cette interco collaborent à des protocoles de sciences participatives depuis 2012.

« Ils sont sur le terrain toute l’année, ce qui nous permet d’organiser les relevés, poursuit Emilie Périé. Et comme ils sont au contact de la population, ils peuvent la sensibiliser aux enjeux de la biodiversité, relayer l’existence de ces protocoles et en transmettre les résultats. »

Vigie-Nature lance un appel à manifestations d’inté­rêt à l’attention des collectivités souhaitant former leurs agents aux protocoles qui s’adressent à eux, chaque mois de janvier. « Une trentaine de structures y répondent et nous formons en moyenne 150 gestionnaires chaque année, surtout en Ile-de-France jusqu’ici car nos ressources sont limitées, plaide ­Martin ­Jeanmougin. Mais cette année, nous avons priorisé les communes en région et nous sommes déplacés au Havre, à Lannion, à Nantes et à Mulhouse. »

« Contribuez. Observez. Partagez »

Le Havre (168 300 hab.) a choisi de présenter à ses habitants les outils pour transmettre leurs données d’observation à l’occasion du lancement de son « Atlas de la biodiversité » le 21 mai, dans le cadre de la Fête de la nature. « Nous avons mis en ligne une plateforme où ils pourront saisir leurs observations, déposer des photos, notamment avec des données comme la date et la géolocalisation. Ces observations seront triées et vérifiées avant d’être introduites dans l’atlas, puis remontées à l’Institut national du patrimoine naturel », explique Tom Balan, ingénieur écologue chargé de projet « biodiversité ». Pour inciter la population à participer au recensement de la faune et de la flore, surtout des espèces envahissantes, la collectivité va publier des « wanted » sur les réseaux sociaux.

La ville de Strasbourg a lancé une vaste campagne de communication en 2021, dont le mot d’ordre est « Contribuez. Observez. Partagez ». « Nous avons sélectionné quatre protocoles Vigie-Nature qui couvrent une large offre d’espèces pour que chacun y trouve son compte : Sauvages de ma rue pour les plantes, l’Observatoire des bourdons pour les insectes, Birdlab pour les oiseaux et Vigie-chiro pour les chauves-souris et des mammifères, liste Mina Charnaux. Pour chaque protocole, nous avons conduit des opérations d’information pour les faire connaître, trouver des observateurs et les former. On a par exemple installé des mangeoires publiques pour les oiseaux cet hiver, avec des temps d’explications. On a eu une dizaine de personnes à chaque fois. Convaincre les gens de participer est long. Mais ce n’est pas tant le nombre de personnes qui s’impliquent qui est important. Avoir des observateurs investis sur la durée est plus précieux. » La vingtaine d’observatoires créés par le Muséum national d’Histoire naturelle compte plus de 20 000 participants citoyens en moyenne chaque année.

Plan « canopée »

Les collectivités ont tout à gagner à impliquer leur population. « Des mesures prises par la métropole en faveur de la biodiversité, comme le zéro phyto ou la gestion différenciée des espaces verts, ont favorisé le retour du “sauvage” en ville, détaille Mina Charnaux. Il reste des gens qui n’apprécient pas qu’il y ait de l’herbe sur les trottoirs. La cohabitation avec les étourneaux et les corneilles peut poser problème. Les protocoles de sciences participatives permettent de reconnaître les espèces, de les nommer. Or ce que l’on connaît, on l’apprécie et on le respecte davantage. C’est essentiel pour faire comprendre nos politiques publiques. »

L’eurométropole de Strasbourg a prévu de planter 10 000 arbres sur le mandat, dans le cadre de son plan « canopée ». « Cela va forcément créer de nouvelles opportunités pour la faune, poursuit Mina Charnaux. Si l’on n’a pas préparé la population à ce changement, elle pourrait mal le vivre. » Ces outils permettent aussi de mesurer l’impact des mesures prises en faveur de la nature en ville. « Les élus nous demandent des indicateurs de biodiversité pour suivre les effets de la transition écologique sur le territoire », développe Emilie Périé.

C’est aussi l’ambition de Nantes (318 808 hab.), où 1 200 parcelles sont mises à disposition des Nantais sur 27 sites de jardins familiaux et 52 sites de jardins partagés. Gérés par des collectifs d’habitants, certains sont en cœur de ville, d’autres en périphérie, en milieu naturel. « On a utilisé ces espaces ouverts de nature pour créer un maillage de biodiversité, en favorisant le jardinage au naturel et l’ensauvagement des espaces communs, souligne ­Delphine Bonamy, déléguée chargée des jardins familiaux et partagés et de la végétalisation. Afin d’objectiver l’efficacité de cette mesure, les jardins sont engagés dans une démarche de sciences participatives via le programme « connivences » du Muséum d’histoire naturelle, et le projet européen Bises [système européen d’information sur la biodiversité]. »

 

« Pour que les données soient exploitables, il faut en collecter beaucoup »

Angelique Daubercles_association Noe

Angélique Daubercies, chargée de programme « observatoires de la biodiversité » à l’association Noé

« Les sciences participatives ont un intérêt majeur pour la recherche. Elles permettent de disposer de données qui sont utilisables par les scientifiques pour améliorer la connaissance de la répartition des espèces. Ces données donnent accès à des indicateurs de suivi des populations et la possibilité d’évaluer l’impact des pressions anthropiques sur la biodiversité. Pour qu’elles soient exploitables par les scientifiques, il faut en collecter beaucoup. Ce qui implique qu’il y ait le plus possible de participants à ces programmes et qu’ils restent par la suite mobilisés, sur le long terme. Les communes ont un rôle important à jouer afin d’embarquer la population dans ces ­protocoles d’observation. »

 

« L’équipe compte une dizaine d’agents aux compétences naturalistes »

Agnès Fougeron, directrice du jardin de l’Arquebuse de la ville de Dijon (158 000 hab.)

« Le jardin de l’Arquebuse regroupe le muséum d’histoire naturelle, le jardin botanique et le planétarium. Cet ensemble est dédié à la connaissance de la biodiversité et au partage des savoirs. L’équipe compte une dizaine d’agents aux compétences naturalistes, qui sont en capacité de mener des inventaires, et des animateurs ”nature”, qui sont les relais locaux des programmes de sciences participatives de Vigie-Nature.

Nous allons au plus proche des habitants, dans les cours d’école et les jardins des particuliers, pour les accompagner à ­devenir contributeurs. Nous sommes aussi le service référent ”biodiversité” de la ville pour la mise en place de politiques publiques dédiées. C’est un positionnement atypique qui nous permet de suivre la ­mobilisation de tous les acteurs du territoire afin de développer la connaissance de la nature et sa préservation. »

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