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Sécurité civile

Les sapeurs-pompiers toujours plus loin dans le soin

Publié le 21/09/2022 • Par Isabelle Verbaere • dans : A la Une prévention-sécurité, A la Une santé social, Actu expert santé social, Actu experts prévention sécurité, France, Innovations et Territoires

pompiers-camion-secours
S. Robin / Adobestock
Les sapeurs-pompiers sont les premiers acteurs à intervenir auprès des victimes. Grâce à de nouvelles compétences, ils vont optimiser les chances de survie des victimes et affiner le diagnostic du médecin régulateur du Samu. Chaque geste fera l’objet d’une formation adaptée délivrée par les services de santé et secours médical des Sdis.

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Les sapeurs-pompiers rongent leur frein. Ils attendent depuis des mois la publication de l’arrêté interministériel détaillant les référentiels de formation aux nouveaux actes de soins d’urgence. Prise de température, mesure de la saturation en oxygène, électrocardiogramme, administration d’aérosols en cas de crise d’asthme sévère : ils sont désormais habilités à réaliser une douzaine de gestes diagnostiques et thérapeutiques, dans l’attente d’un infirmier ou d’un médecin.

Ces gestes sont détaillés dans un décret du 22 avril 2022, issu de la loi « Matras » du 25 novembre 2021.

Cette loi élargit le cadre d’intervention des sapeurs-pompiers. Pour huit de ces gestes, les plus techniques, les sapeurs-pompiers doivent solliciter l’accord du médecin régulateur du 15. Mais il est parfois difficile de le joindre.

« C’est la raison pour laquelle nous nous sommes battus afin que ces actes puissent être aussi prescrits par un médecin sapeur-pompier au téléphone, dans le cadre d’un protocole signé localement avec le Samu », indique ­Norbert Berginiat, médecin-chef du service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de la Manche, vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF). « Ce décret est un compromis qu’il a fallu arracher de dure lutte avec la direction générale de l’offre de soins », précise-t-il.

Ce texte n’implique pourtant pas un bouleversement de l’urgence préhospitalière. « Il ne s’agit pas de créer un nouveau maillon dans la chaîne des secours, mais de faire monter les secouristes en compé­tences dans l’intérêt des patients, explique Christian Poirel, médecin-chef du Sdis des Bouches-du-Rhône. On tient à notre modèle de secouriste polyvalent primo-intervenant. »

Le b.a.-ba du secourisme

La complémentarité entre secours et soins d’urgence existe depuis longtemps. Les sapeurs-pompiers pratiquent la défibrillation semi-automatique en cas d’arrêt cardiaque depuis le début des années 2000 et administrent des médicaments comme l’oxygène tous les jours.

D’ailleurs, des actes listés dans le décret, tels que la mesure de la pression artérielle ou la prise du pouls, sont déjà accomplis en routine par les sapeurs-pompiers. « C’est le b.a.-ba du secourisme », relève Marc de ­Talancé, directeur du Samu des Vosges­.

Le texte mentionne par ailleurs l’évaluation du score de gravité clinique lors des comas ou des accouchements prématurés, ainsi que l’évaluation de la douleur. « On le fait aussi depuis des années », signale ­Didier ­Briemant, médecin-chef du Sdis du Pas-de-Calais. Il régularise également certains gestes qui ne font pas partie du corpus secouriste. « Ils sont déjà mis en œuvre dans certains Sdis et pas dans d’autres afin de ne pas exposer leurs sapeurs-pompiers­ à un ­problème médico­légal », poursuit le docteur Poirel.

C’est le cas de la glycémie capillaire, qui nécessite de piquer le doigt pour recueillir une goutte de sang et mesurer le taux de sucre. « La plupart des diabétiques pratiquent l’autoglycémie, pourquoi les sapeurs-pompiers secouristes ne pourraient-ils pas le faire ? » s’interroge Jean-Louis Salel, médecin-chef du Sdis d’Ille-et-Vilaine et président de l’Association nationale des médecins des services d’incendie et de secours.

Ces Sdis qui n’ont pas attendu la loi « Matras »

Plusieurs Sdis, à l’image de ceux de Corrèze et de Seine-et-Marne, n’ont pas attendu la loi « Matras » afin d’équiper leurs véhicules de secours d’assistance aux victimes (VSAV) d’électrocardiographes. Ce qui n’offusque pas l’urgentiste Marc de Talancé, au contraire. « C’est une vraie plus-value pour nous, indique-t-il. Cela nous fait gagner du temps sur le diagnostic de l’infarctus et nous permet d’éviter de passer à côté lorsque les symptômes sont atypiques. De plus, cela économise du temps médical et l’envoi d’un Smur quand cela n’est pas nécessaire. »

Certes, le décret compte de nouveaux gestes techniques tels que l’injection d’adrénaline lors d’un choc anaphylactique. Mais les surveillants pénitentiaires et les hôtesses de l’air, entre autres, sont déjà habilités à le réaliser.

S’il n’y a pas de révolution dans la chaîne des secours, ces nouveaux actes techniques ouverts aux secouristes sont susceptibles de représenter un réel gain de chances pour les victimes, avec un risque faible, voire nul. D’abord parce que les sapeurs-pompiers, qui se situent à 14 minutes et deux secondes en moyenne du lieu de l’intervention, font gagner un temps précieux.

Prise de constantes automatisée

Marc de Talancé confirme la plus-value de la gradation des soins d’urgence : « On n’a pas toujours besoin d’envoyer une équipe de réanimation sur le terrain en vue de réaliser certains gestes simples qui peuvent sauver des vies. Un sapeur-pompier secouriste formé est capable de “resucrer” une personne diabétique en hypoglycémie avec une seringue auto-injectable de glucagon. » Et pour cause, ces seringues sont conçues afin d’être utilisées par les patients eux-mêmes ou leurs proches ! Christian Poirel, au Sdis des Bouches-du-Rhône, enfonce le clou : « Les évolutions techno­logiques telle la télémédecine ­sécurisent les pratiques­. »

En outre, la prise de constantes comme la pression artérielle et la saturation en oxygène avec un appareil multiparamétrique est automatisée. De plus en plus de Sdis s’équipent. C’est le cas dans le Pas-de-Calais : « Nous en avons installé dans une centaine de VSAV, détaille Didier­ ­Briemant. Nous sommes en phase de développement d’un projet de données embarquées avec transmission du bilan secouriste numérisé au médecin régulateur. Envoyer des photos de l’ordonnance de la victime ou d’une plaie et l’électrocardiogramme sera aussi possible. »

Le coût de cet équipement s’élève pour le Sdis à 1,7 million d’euros, subventionné à 80 % par l’Europe dans le cadre du fonds Feder.

Faut-il former tous les sapeurs-pompiers secouristes ?

« Il appartient à chaque binôme formé par le directeur départemental et le médecin-chef de définir le rythme et les conditions de mise en œuvre de ces actes de soins d’urgence en fonction des besoins et des particularités de leur territoire, précise ­Norbert­ ­Berginiat, à la FNSPF. Nous avons obtenu que la formation soit assurée au sein des services de santé des Sdis » par les infirmiers, pharmaciens et médecins. Mais elle a un coût : 52 000 euros, par exemple, pour le Sdis de Seine-et-Marne, qui a formé ses 1 500 chefs d’agrès à l’électrocardiogramme.

Des Sdis ont d’ores et déjà renoncé à pratiquer certains actes, comme celui du Pas-de-Calais, qui ne compte pas mesurer le taux d’hémoglobine dans le sang. Trop cher. « Cet examen permet de révéler une hémorragie interne après un accident, explique le docteur Briemant. Il sera intéressant dans les départements ruraux ou de montagne où les Smur mettent du temps à arriver, ce qui n’est pas le cas du Pas-de-Calais, qui est bien couvert. »

Enfin, faut-il former tous les sapeurs-pompiers secouristes volontaires et professionnels aux gestes choisis ? Les avis divergent. « Nos 5 000 volontaires et 1 000 professionnels seront tous formés. C’est un gros challenge que nous allons relever », assure le docteur Poirel, dans les Bouches-du-Rhône.

Son confrère en Ille-et-Vilaine, Jean-Louis Salel, penche plutôt pour une spécialisation. « La première compétence des sapeurs-pompiers est d’éteindre les feux, une mission de plus en plus technique. Faut-il qu’ils deviennent aussi techniciens des soins d’urgence ? En sont-ils tous capables ? Je ne pense pas. Je crois qu’il faut créer une filière de spécialistes comme il en existe concernant le risque technologique et chimique », conclut-il. 

 

De précieuses minutes gagnées dans la prise en charge de l’infarctus

Florence Troisvallets, médecin responsable du service de santé et secours médical du Sdis de Seine-et-Marne

Florence Troisvallets, médecin responsable du service de santé et secours médical du Sdis de Seine-et-Marne

[Sdis de Seine-et-Marne • 1,42 million d’hab.] Le département de Seine-et-Marne compte plusieurs zones blanches situées à plus de trente minutes d’un Smur et seulement deux plateaux techniques spécialisés destinés à prendre en charge les urgences cardiaques. « Dans un tel contexte, pouvoir poser le diagnostic ­d’infarctus rapidement peut être déterminant pour la survie du patient, souligne Florence Troisvallets, médecin responsable du service de santé et secours médical. Nous avons équipé nos 105 véhicules de secours d’assistance aux victimes d’appareils afin qu’ils permettent de réaliser un électrocardiogramme, de mesurer la pression artérielle ainsi que la saturation en oxygène et de télétransmettre ce bilan numérisé au Samu, mais aussi à l’hôpital d’admission. On gagne ainsi jusqu’à trois quarts d’heure sur le délai de prise en charge. » Coût d’investissement pour le Sdis : 130 000 euros.

Formés à cet acte diagnostic, 1500 chefs d’agrès ont commencé à le réaliser il y a deux ans. Bien avant que la loi « ­Matras » ne l’autorise. « Nous sommes un peu en porte-à-faux avec ce texte, reconnaît ­Florence ­Troisvallets. Nos sapeurs-pompiers n’attendent pas la prescription du médecin régulateur pour faire l’examen, car il faut parfois une demi-heure avant de le joindre. Ils agissent sous ma responsabilité. Un protocole détaille très précisément les situations qui justifient un électrocardiogramme : douleur thoracique, pouls trop rapide ou trop lent, etc. Cela été un peu compliqué avec le Samu au départ, qui craignait que nos sapeurs-pompiers ne multiplient les actes inutiles, ce qui n’est pas le cas. »

Contact. Florence Troisvallets, Troisvallets@sdis77.fr

 

Références

  • Loi n° 2021-1520 du 25 novembre 2021 visant à consolider notre modèle de sécurité civile et valoriser le volontariat des sapeurs-pompiers et les sapeurs-pompiers professionnels.
  • Décret n° 2022-621 du 22 avril 2022 relatif aux actes de soins d'urgence relevant de la compétence des sapeurs-pompiers
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