Energie

Où en est le déploiement de l’hydrogène dans les territoires ?

| Mis à jour le 14/09/2022
Par • Club : Club Techni.Cités

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Alors que l’Ademe prépare un nouveau soutien, les projets hydrogène se multiplient localement. Pour quels usages en priorité ?

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Une bouffée d'oxygène pour l'hydrogène

« Une vraie accélération ! » Au sein de l’association France Hydrogène, Jan-Erik Starlander, responsable des relations avec les territoires, le constate : les initiatives autour de l’hydrogène se multiplient en France. L’Ademe prépare d’ailleurs un nouvel appel à projets pour les soutenir.

En 2019, l’agence avait lancé un premier appel à projets pour des « écosystème territoriaux hydrogène » avec trois phases de candidatures en 2020 et 2021. Un total de 35 projets a été pré-sélectionné. Ils représentent un investissement de 1,2 milliard d’euros et les aides de l’Ademe pourraient atteindre 300 millions d’euros. S’ils sont tous menés à leur terme, ces projets signifient le déploiement de 90 MW d’électrolyse, 60 stations de distribution et 630 véhicules lourds. Ces stations fourniraient 10000 tonnes d’hydrogène par an.

Un nouvel appel à projets pour l’automne

« Certaines régions concentrent un peu plus de projets », observe Luc Bodineau, coordinateur du programme hydrogène à l’Ademe, citant l’Ile-de-France et Sud Paca. Même si l’instruction des dossiers retenus n’est pas encore achevée, les projets « sont en bonne partie contractualisés », indique-t-il. L’Ademe espère terminer leur instruction d’ici fin 2022, sachant que le nombre d’initiatives dépasse les dossiers retenus. Sur la dernière phase de l’appel à projets, l’Ademe avait ainsi reçu une soixantaine de candidatures pour 18 heureux élus.

Sans attendre, l’agence prépare un nouvel appel à projets pour l’automne avec la même cible : des projets associant la production d’hydrogène, surtout par électrolyse, à des usages dans l’industrie et la mobilité. Mais dans un nouveau cadre européen pour les aides d’État : « 70 % de la note sera désormais attribué sur un critère prix », explique Luc Bodineau. « Ce critère sera probablement l’aide financière rapportée à la tonne de CO2 évitée. » L’agence conseille donc aux collectivités d’adopter une approche plus économique. « Il ne s’agit plus de candidater à un dispositif dont les taux d’aides sont fixés. Mais de bien réfléchir en amont au montant nécessaire. »

A l’origine, les projets étaient surtout portés par des collectivités « pour installer une station destinée à faire rouler un ou deux véhicules comme des Kangoo, et quelques vélos », se souvient Jan-Erik Starlander. Dorénavant, des stations avec 1 à 2 MW d’électrolyse se développent, à Auxerre par exemple. « A l’horizon 2025-2026, nous voyons arriver des projets plus gros de 200 MW d’électrolyse, comme à Port-Jérôme-sur-Seine, en Seine-Maritime. L’enjeu est maintenant de développer des projets intermédiaires. »

Une cinquantaine de stations seraient déjà en service en France, l’usage le plus mature étant le bus. « Une trentaine circulent en France. Par rapport aux batteries, l’hydrogène est intéressant sur des lignes assez longues ou avec des dénivelés importants, comme à Pau », situe Jan-Erik Starlander. Les annonces des collectivités font même état de 500 bus supplémentaires d’ici 2025-2026, à l’image de l’Ile-de-France : la région a indiqué cet été vouloir s’équiper de 47 nouveaux bus à hydrogène pour un montant de 48 millions d’euros incluant leur maintenance. Du côté des bennes à ordures, l’offre a tardé à émerger, mais elle arrive. « Nous avons identifié des commandes ou intentions de commandes pour une centaine de bennes », complète le spécialiste de France Hydrogène.

Indispensable impulsion publique

Parmi les tendances émergentes, l’Ademe constate aussi l’essor du rétrofit, des motorisations thermiques classiques converties à l’hydrogène. « Probablement pour pallier le manque de véhicules », juge Luc Bodineau. On voit également de plus en plus d’acteurs privés se positionner pour des camions ou des chariots élévateurs. « Peu à peu, les opérateurs privés vont aussi prendre le relais sur le développement des stations et leur exploitation », ajoute Jan-Erik Starlander.

Pour autant, dans cette filière balbutiante, l’impulsion publique reste indispensable pour donner une cohérence territoriale aux projets. « Un nombre croissant de collectivités – des métropoles mais pas seulement – s’engagent dans des logiques d’écosystèmes. Par exemple, autour d’Auxerre et de Dijon, en couplant les usages locaux de l’hydrogène au ferroviaire », illustre Jan-Erik Starlander. Ou encore, à Lille ou à Créteil, en utilisant pour la production d’hydrogène l’électricité générée par des unités de valorisation énergétique des déchets.

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Commentaires

1  |  réagir

13/09/2022 10h10 - xav

dans vos articles l’hydrogène est la panacé . Je rappel qu’aujourd’hui on ne sait pas produire d’hydrogène. A 95% c’est a partir de gaz naturel qu’il serait plus écologique d’utiliser directement (2 étapes de transformation énergivore ..)

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