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Le changement (climatique) c’est maintenant

Saint-Zacharie à l’épreuve de la sécheresse

Publié le 22/07/2022 • Par Laura Fernandez Rodriguez • dans : A la une, Dossiers d'actualité, France

La commune de Saint-Zacharie est surnommée « le village aux seize fontaines », mais celles-ci ne coulent plus, en application des mesures préfectorales.
La commune de Saint-Zacharie est surnommée « le village aux seize fontaines », mais celles-ci ne coulent plus, en application des mesures préfectorales. L - F.R.
La sécheresse frappe durement la commune de Saint-Zacharie, dans le Var, à tel point que la préfecture a déjà pris des mesures de restriction des usages de l’eau. Face au changement climatique, les acteurs locaux se montrent stoïques mais ne cachent pas leurs inquiétudes.

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Transition écologique : bye-bye vieux monde

«Les fontaines ne coulent plus, on ne peut plus arroser ce qu’on a planté, l’Huveaune est à sec, la faune et la flore sont en train de mourir. » Jean-Jacques Coulomb, maire (SE) de Saint-Zacharie, dans le Var, s’alarme : cette année, la sécheresse qui frappe son territoire est précoce. Face à un « déficit pluviométrique et à des niveaux préoccupants des cours d’eau », la préfecture du Var a déjà pris des mesures de restriction des usages sur les espaces verts, les piscines privées, et même les fontaines publiques…

Sur les bords de l’Huveaune, ici asséchée, les sols mis à disposition par la mairie à l’association Les Jardiniers du Var ne sont plus arrosés. Vingt-cinq parcelles brûlent au soleil. « Quand il y avait de l’eau ici c’était luxuriant, nos adhérents ­faisaient pousser des tomates, des courgettes, des potirons, des melons, des fraisiers et des framboisiers. Ils ramenaient des paniers garnis chez eux toutes les semaines », se désole Lucien Durand, trésorier de l’association.

Urbanisation importante

Non loin de là, le terrain agricole de Lucien Borrelly, 74 ans, exploitant agricole à la retraite, fournissait lui aussi des fruits et légumes en abondance, vendus en direct aux habitants. « C’est une honte, on dirait un désert », s’attriste-t-il.

Face à l’impossibilité d’exploiter sa terre depuis deux ans, il a demandé qu’elle soit reclassée en zone constructible. Tout en s’interrogeant : « Avec toutes les maisons qui poussent ici comme des champignons, comment on va alimenter le système ? » L’équation commence en effet à se compliquer.

Saint-Zacharie est historiquement alimentée par le forage de la Brise, qui puise dans une ressource souterraine. « Mais le forage n’arrive plus à se recharger assez vite. Nous avons dû basculer sur le canal de Provence via l’usine de potabilisation. C’est le premier été où cette équation se pose en ces termes pour nous », explique ­Béatrice Marthos, directrice générale d’Eau des collines, société publique locale du pays d’Aubagne.

Trente-neuf kilomètres de réseau d’eau potable permettent d’amener l’eau à 2 600 points de livraison sur la commune, équipés de compteurs et d’un dispositif de télérelève pour détecter au plus tôt d’éventuelles fuites. « La consommation par usager a tendance à diminuer, ils font attention. Mais les tirages augmentent, par exemple sous le coup d’une urbanisation importante. Et la péréquation n’arrive plus à se faire », poursuit-elle. Une urbanisation marquée par l’arrivée d’une population relativement aisée, qui cherche des maisons avec jardin et piscine.

Le système sera-t-il viable encore longtemps ? « Nous sensibilisons les administrés aux restrictions, mais il est compliqué de les vérifier : il y a 700 piscines privées sur la commune, et la police municipale compte six agents », indique Jean-Jacques Coulomb.

Plan marshall régional

L’élu, dont la commune est intégrée à un plan local d’urbanisme intercommunal qui sera voté début 2023, est par ailleurs confronté à l’émergence d’un aléa ruissellement : « Les services de l’Etat anticipent les dégâts pouvant résulter de gros orages et du ruissellement. En conséquence, certains terrains constructibles deviennent non constructibles », relève-t-il.

« Le changement climatique se caractérise, pour la ressource en eau, par une tendance aux excès de sécheresse et de pluviométrie », confirme ­Christophe ­Barnabot, directeur de l’ingénierie territoriale du département, qui gère, depuis 2016, l’observatoire départemental des ressources pour l’alimentation en eau potable (avec la préfecture, l’agence de l’eau, la région et l’agence régionale de santé). Et qui planche sur l’actualisation du schéma départemental avec une dimension prospective pour se donner une vision à l’horizon 2050. Du côté de la région, « on travaille à la réorganisation sur la desserte en eau en multiusage à travers une sorte de plan Marshall régional », fait savoir Fabienne Joly, conseillère régionale.

Pas de miracle en vue

Néanmoins, pour faire face à la tension, pas de miracle en vue : « Nous prônons les économies d’eau avant toute chose. L’eau va être de moins en moins disponible, la seule façon de se prémunir est d’être le moins dépendant possible. Rechercher des ressources complémentaires avec des forages peut être une piste dans un second temps. Mais on ne doit pas gager des ressources pour pouvoir faire face à des situations qui seront encore plus tendues, quand les rapports du Giec prévoient, pour le pourtour méditerranéen, un climat d’Afrique du Nord d’ici à 2080 », prévient Annick Mièvre, directrice de la délégation Paca Corse de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Agence qui soutient déjà des actions structurelles pour économiser.

« Les difficultés que nous traversons obligent l’ensemble des acteurs à réfléchir à leurs bonnes pratiques. Nous devons changer de système, revoir notre façon de consommer de l’espace », estime pour sa part Didier Réault, vice-président (LR) de la métropole Aix-­Marseille Provence (92 communes, 1,9 million d’habitants), délégué au cycle de l’eau.

Installée à la terrasse d’un café, à la recherche d’un peu d’air, Monique, habitante de la commune qui assure ne plus arroser son jardin, ne cache pas son inquiétude en résumant d’une boutade mâtinée d’angoisse : « Il va falloir aller ­habiter au Nord ! »

Christelle Billet, cheffe de projet « Eau » au département du Var

« Quasiment tous nos bassins versants sont en déficit »

« L’année 2022 pourrait connaître une crise équivalente à celles vécues dans les années 90, qui avaient mené à de nombreux forages d’eau potable. Ainsi qu’à celle de 2006, puisqu’elle a démarré dès le mois de juin.
Concernant le territoire du Var, qui fonctionne beaucoup sur les nappes souterraines ou les retenues, presque tous nos bassins versants sont classés en déficit quantitatif avec des plans de gestion en eau plus ou moins avancés. Le département et la société publique locale ID83, dont il est actionnaire majoritaire, peuvent aider financièrement les collectivités ne disposant pas de moyens suffisants dans leurs projets de forages, comme c’est le cas pour le Plan d’Aups-Sainte-Baume [2 200 hab.], commune voisine de Saint-­Zacharie. Mais jusqu’où peut-on aller en matière d’exploitation future d’eaux souterraines ? Quelles sont les limites d’une alimentation par le canal de Provence, qui nous alimente déjà pour moitié ? »

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