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Politique

« Au moment des élections, le foot est récupéré » – Clément Pernia et Jean-Baptiste Guégan

Publié le 03/08/2022 • Par Gabriel Zignani • dans : A la une, A la Une acteurs du sport, Actu expert acteurs du sport, France

Clément Pernia (à droite) et Jean-Baptiste Guégan
Clément Pernia (à droite) et Jean-Baptiste Guégan sophie brandstrom
L’année 2022 est riche en actualités électorales et sportives, notamment avec la Coupe du monde de football qui débutera en novembre, au Qatar. Dans leur livre « La République du foot » (éd. Amphora, mars 2022), Clément Pernia, journaliste à CNews, et Jean-Baptiste Guégan, enseignant en géopolitique du sport, ont ainsi décidé de décrypter les liens unissant le monde du foot et les représentants politiques.

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L’année 2022 est riche en actualités électorales et sportives, notamment avec la Coupe du monde de football qui débutera en novembre, au Qatar. Dans leur livre « La République du foot » (éd. Amphora, mars 2022), Clément Perniaet Jean-Baptiste Guégan ont ainsi décidé de décrypter les liens unissant le monde du foot et les représentants politiques. Quelle relation entretiennent nos dirigeants avec le sport le plus populaire du monde ?

Selon les auteurs, l’intérêt politique pour le foot semble moins présent en France que chez nos voisins occidentaux. Du moins « plus réservé, plus marqué, presque plus secret ». Ils estiment tout de même que la classe politique a bien compris l’importance du sport comme phénomène de civilisation. Pour les politiques, « le football constitue un sujet, un moyen et une opportunité ».

Evidemment, cela se constate au niveau national, notamment au moment des élections. Mais, selon les auteurs, « la vraie politisation du foot, ne nous en cachons pas, vient d’en bas et du plus petit échelon politique, l’échelle municipale ».

Ils notent que « du village à l’Etat-nation, le football est ancré dans les territoires. Il les représente, il les incarne et les donne à voir. Il participe à la construction du sentiment d’appartenance. Les clubs et les sélections en délimitent les géographies, les représentations, les relations, leurs évolutions, mais aussi les appartenances ».

Les supporters sont fiers de leurs couleurs et de l’endroit d’où ils viennent, les Parisiens hurlent : « Ici c’est Paris », au Parc et ailleurs, les Marseillais imposent leur hymne « Aux Armes » à leurs adversaires… Pour eux, pas de doute, le football est le reflet de notre société, de ce que nous sommes et de ce que nous pouvons être. Avec ses bons et ses très mauvais côtés.

Nicolas Sarkozy ou Emmanuel Macron sont connus pour leur amour du foot. Retrouve-t-on cette passion du ballon rond chez les élus locaux ?

Jean-Baptiste Guégan : Globalement, il n’y a pas forcément d’appétence des élites politiques pour le foot. A la rigueur, ils aiment le rugby. Mais ils n’ont pas le choix, étant donné la popularité du foot en France. Prenons l’exemple de Lyon : son maire n’aime pas spécialement le foot, pourtant il se sent obligé de suivre les résultats de l’Olympique lyonnais. Et plus la commune est petite, plus le foot est important. Dans les petites villes, c’est souvent la seule association sportive. Le club de foot y est choyé, notamment financièrement. C’est l’endroit où l’élu peut humaniser sa gouvernance, discuter avec tout le monde. A tel point que cela peut dériver sur des emplois aidés ou de cadres municipaux pour les joueurs.

Clément Pernia : Dans les plus petites communes, au-delà de la dimension politique, le foot participe à la vie de la collectivité, à la cohésion du territoire. Il sert parfois même à resserrer les liens entre différentes villes lorsqu’elles se regroupent autour d’un même club. Dans les petites et moyennes communes, les maires sont peut-être moins politiques et plus près des gens, et souvent plus proches du terrain de foot.

J.-B. G : Le foot a une telle influence sur la politique que l’on en est arrivé à une « footballisation » du politique. Cela se remarque par exemple dans le langage politique, marqué de métaphores footballistiques : on parle de « mercato », de tel politique qui a « marqué contre son camp », on demande aux élus de « jouer collectif »…

Les politiques peuvent-ils être tentés de faire de la récupération ?

C. P. : Le foot et la politique sont deux domaines qui génèrent beaucoup de passion. Et qui dit passion dit récupération. Tous les interlocuteurs avec qui nous avons échangé ont confessé que, au moment des élections, le foot est récupéré. C’est vrai au niveau national et ça l’est aussi à l’échelle locale.

J.-B. G : Même lorsque le club phare de la ville est mal géré, que cela pose problème pour la collectivité, les candidats font attention à ce qu’ils disent. Certains supporters votent en fonction de l’intérêt de leur club. Un supporter est un électeur.

C. P. : C’est aussi visible en dehors des périodes électorales. Même si le maire ou le député n’est pas fan de foot, on le verra toujours à l’inauguration d’un stade, lors de la finale départementale… c’est une manière de récupérer.

J.-B. G : Aujourd’hui, il faut parler foot. La France rattrape en ce sens les pays latins. Tellement, qu’ils en viennent parfois à dire n’importe quoi. On l’a vu dernièrement autour du scandale du Stade de France.

Le stade est-il un lieu de décision ?

J.-B. G : Dans les grandes villes, oui. Tout le tissu régional, politique ou économique se retrouve au stade. Beaucoup d’acteurs, notamment étrangers, investissent dans le foot pour nouer des contacts, pour avoir accès aux acteurs locaux. C’est le lieu qui favorise l’échange et la négociation. C’est pour ça que Pierre Ferracci a investi dans le Paris FC, que la famille Nicollin est arrivée au Montpellier Hérault sport club…

Si le City Football Group, détenu à 77 % par Abu Dhabi United Group et déjà propriétaire de Manchester City, a investi à Troyes, ce n’est pas un hasard. C’est parce qu’au moment où cela a eu lieu, François Baroin était un candidat crédible, voire redoutable, à l’Elysée. D’ailleurs, à Manchester, les propriétaires de ce groupe ont tissé des liens solides avec la mairie. Ce qui leur a permis d’obtenir, dans un premier temps, la rénovation du stade puis, l’année suivante, la rénovation des moyens d’accès du stade. La cinquième année, ils ont même racheté deux quartiers de la ville, avec l’approbation de la municipalité.

Le foot se met aussi au service du et de la politique…

C. P. : Le foot, de par son histoire et son quotidien, est politique. Il permet de fédérer les peuples et les quartiers, de faire le lien entre couches sociales et entre générations. Il est utilisé comme un outil de politiques publiques, notamment pour l’insertion ou pour la santé. Il a une vertu sociale.

J.-B. G : Le club de foot, c’est de la visibilité pour la ville. Il valorise le territoire et son identité, le fait connaître. Il n’y a qu’à voir Guingamp ou Auxerre. Le PSG nourrit l’image de Paris. Partout dans le monde, quand on évoque Paris, on pense à Kylian Mbappé. Dans certains cas, même lorsque les habitants déménagent, ils restent supporters du club de leur ancienne ville.

Et certains clubs portent leur ville. Je pense par exemple à la ville de Saint-Ouen, au nord de Paris, dont l’un des atouts est son club, le Red Star. Dans ce club, tout est politique : le nom même du club, celui du stade (le stade Bauer renvoie au docteur Jean-Claude Bauer, un médecin juif et communiste fusillé en 1942), celui des tribunes (la tribune d’honneur s’appelle Rino Della Negra, lui aussi un résistant communiste fusillé en 1944)… Ils transmettent parfaitement l’image d’une ville populaire de gauche. Sur les noms de stade, il existe beaucoup d’exemples : le stade Pierre-Mauroy à Lille, le stade Gaston-Petit à Châteauroux… Nommer, c’est prendre parti. C’est d’ailleurs l’une des raisons du peu de « naming » en France. Changer le nom d’un stade, c’est remettre en cause l’histoire.

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