Bâtiment

Cet été, escale à Suresnes pour l’exposition « Matière Grise »

Par • Club : Club Techni.Cités

Consommer plus de matière grise pour moins de matière première, c’est le message de cette exposition sur le réemploi dans la construction, présentée du 13 juillet au 18 septembre au Musée d’Histoire Urbaine et Sociale de Suresnes. Sonia Vu, architecte associée d’Encore Heureux et co-commissaire scientifique, revient sur la genèse de "Matière Grise".

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Grâce à cette exposition sur le réemploi conçue en 2014 par Encore Heureux avec le Pavillon de l’Arsenal, vous avez participé à la prise de conscience écologique dans la construction ?

A l’époque, certains enjeux écologiques comme l’impact de la construction sur l’épuisement des ressources n’étaient pas encore autant mis en avant. En tant qu’architecte, prescripteur de matière première et producteur de déchets en phase de démolition, nous avons pourtant une responsabilité. Nous avons donc souhaité valoriser des pratiques plus durables tel que le réemploi. « Matière Grise » a été conçue avec le Pavillon de l’Arsenal via un parcours en deux temps. Tout d’abord, il dresse un constat accablant des impacts des activités humaines sur la planète. Les visiteurs sont confrontés à des notions écologiques à la symbolique forte comme le jour du dépassement et l’ère de l’anthropocène. Nous les guidons ensuite sur un versant plus optimiste en présentant le réemploi comme l’une des alternatives pour faire évoluer la situation dans le secteur du BTP. L’histoire de la pratique est revisitée au travers de 75 projets venus du monde entier.

exposition "Matière grise"

Vous avez proposé une découverte du réemploi dans la construction, technique et culturelle ?

Pour coller à la définition du réemploi qui consiste à donner une seconde vie à des éléments constructifs dans un projet de construction sans passer par la case déchets, nous avons exposé des projets en les classant par lot réemployés (fenêtres, bardages métal et bois, maçonnerie, charpentes et cloisons). Il est alors intéressant de voir que le réemploi fait partie des pratiques culturelles de nombreux pays et qu’ils en conservent la trace dans leurs projets récents. Par exemple, aux Pays-Bas, le musée maritime d’Amsterdam possède un bardage en bois issu des pilotis utilisés pour la remise en l’état des canaux. Et traditionnellement, le pays récupérait le bois flotté des vieux navires pour construire ses granges. Le musée d’Histoire de Ningbo en Chine est construit avec les briques de maisons traditionnelles démolies. Mais le réemploi est également entré dans les pratiques architecturales conventionnelles, comme le montre le nouveau siège du conseil européen à Bruxelles dont la façade est composée de quelques trois mille fenêtres récupérées. Ce qui permet aussi de déconstruire l’image d’une pratique trop souvent associée à des constructions temporaires en palettes. La grande surprise, c’est que l’exposition a conquis le grand public. Mise en itinérance par le Pavillon de l’Arsenal après 4 mois entre les murs, elle a attiré plus de 100 millions de visiteurs à travers le monde depuis 5 ans.

exposition "Matière grise"

Avez-vous également inscrit le réemploi dans vos projets architecturaux ?

Dès 2015 à l’occasion de la Cop 21, nous avons installé sur le parvis de l’hôtel de ville un bâtiment démonstrateur du réemploi. Ce pavillon circulaire, construit à 80% en réemploi, utilisait en façade les anciennes portes en chêne d’un immeuble de logements HBM (habitations à bon marché) parisien. Depuis, l’agence a réalisé plusieurs projets mettant en oeuvre du réemploi. Je pense notamment à la réhabilitation d’une ancienne halle industrielle reconvertie en tiers lieu à Caen et celle, à Rennes, d’une ancienne faculté dentaire transformée en école maternelle et hôtel à projets. En parallèle, nous avons conçu, suite à Matière Grise, deux expositions (Lieux Infinis présenté à la Biennale d’architecture de Venise en 2018 et Energies Désespoirs au Centquatre à Paris en 2021). Elles représentent les trois volets d’un cycle de réflexion sur un monde plus juste et plus écologique.

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