[Série de l'été] Eau - Climat

Adour-Garonne : un partenariat inédit pour répondre à la crise de l’eau

Par • Club : Club Techni.Cités

JackF

Pour économiser l’eau et accompagner la transition écologique, un partenariat institutionnel unique commence à produire ses fruits en Adour-Garonne. Un bras armé efficace pour mobiliser des cofinancements. Bilan des actions menées, à venir pour 2022 et aussi des pistes d’amélioration.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

Face à une surconsommation générale et des besoins toujours plus forts en énergie, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler à la sobriété. Maître-mot des défenseurs de l’environnement depuis quelques années, il infuse aussi dans les territoires et les services techniques, comme on a pu le constater lors des dernières Assises de la transition énergétique. Comment réduire le superflu et optimiser les ressources disponibles ? C’est ce que nous voyons cet été via une websérie pour montrer comment la sobriété s’applique aussi dans la gestion des déchets, des services d’eau et d’assainissement, dans l’énergie et dans la mobilité. Le thème de cette semaine est eau et assainissement.

Pour faciliter le dialogue entre les acteurs, dans un bassin très marqué par les tensions autour des retenues d’eau (Sivens, Caussade) pour l’agriculture, les deux régions Occitanie et Nouvelle Aquitaine, ainsi que l’agence de l’eau Adour-Garonne et les services de l’Etat ont créé en 2018 un partenariat unique : l’« Entente pour l’eau ». L’objectif est de réduire la consommation de 200 millions de m3, soit 10 % des prélèvements actuels, sur la période du SDAGE 2022-2027. Sur ce bassin versant, les effets de la sécheresse sont en effet particulièrement prégnants et doivent s’accélérer avec le changement climatique : au moins 1 milliard de m3 de déficit en eau en 2050 sont prévus par les études.

7 millions de m3 d’eau annuels économisés

Ce partenariat représente une force de mobilisation financière considérable, qui permet de multiplier les appels à projets : 4 en 2020 et 7 en 2021 pour 63 millions d’euros. « Les projets déjà réalisés permettent d’économiser plus de 7 millions de m3 d’eau annuels. Sur les zones humides par exemple, 3 000 ha seront préservés (15 millions d’euros de travaux sur 4 ans), soit 30 millions de m3 de stockés  », assure Aude Witten, directrice générale adjointe de l’agence de l’eau Adour-Garonne.

Parmi les chantiers engagés, la majorité des financements portent sur la réutilisation des eaux usées : 29 millions d’euros pour 36 projets. Puis arrive la désimperméabilisation des sols (300 000 m2) : 12,6 millions d’euros de travaux aidés à hauteur de 8,4 millions d’euros. Suivent l’optimisation des ouvrages de stockage de l’eau (2,6 millions de m3) pour 5,4 millions d’euros, ainsi que le soutien des filières agricoles à moindre intrants (4,1 millions d’euros).

Enfin, la promotion des pratiques agro-écologiques est soutenue à hauteur de 2,3 millions d’euros, mais représentent de nombreux projets (24) et surtout un résultat attendu de près de 5 millions de m3 d’économies d’eau.

Pacte pour la transition agricole

Toujours côté agriculture, suite au Forum Eau et Agricultures de novembre dernier, l’État signera un pacte en mars prochain avec l’agence de l’eau, les deux régions, les deux chambres régionales d’agriculture et les coopératives agricoles. Objectif : massifier la transition agricole. Ce Pacte est soutenu par un appel à initiative ouvert jusqu’au 11 mars. « Il s’agit notamment de recenser les bonnes pratiques et de les structurer. Ce pacte doit déboucher sur des engagements des acteurs des filières, notamment à l’aval. L’objectif est de sécuriser la bascule financière d’un modèle agricole à l’autre », explique Aude Witten.

Mobiliser la société civile

Un bémol cependant, la participation de la société civile et des associations dans le dispositif semble assez faible. « L’Entente reste très institutionnelle et nous en sommes exclus. Nous ne sommes pas consultés par exemple sur la rédaction des cahiers des charges pour les appels à projets », affirme Marion Fourtune, animatrice FNE du bassin Adour-Garonne.

Si l’Entente est vue plutôt positivement par l’association, elle regrette cependant que l’attribution des financements ne soit pas suffisamment conditionnée aux bénéfices environnementaux, en particulier sur la qualité de l’eau. « Nous souhaiterions notamment que la définition de l’agro-écologie soit plus ambitieuse pour permettre de sortir réellement des pesticides et des engrais de synthèse. Il faut repenser complètement le système de production. Or, pour l’instant, nous restons sur deux logiques opposées ; l’une guidée par les marchés, l’autre par le climat et la ressource en eau. Cela nécessite un vrai débat public qui inclut les citoyens et les consommateurs à une échelle locale. Or, ce n’est pas le cas », regrette Marion Fourtune.

Ce type de débat avec la société civile devrait être mené systématiquement à l’échelle du bassin versant lors de l’élaboration des projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE), ou à l’échelle d’un département, comme cela a été fait avec le projet de territoire Garon’Amont. Mais ce type d’opération reste encore beaucoup trop rare.

Commentaires

0  |  réagir

Ajouter un commentaire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - Antony Parc 2, 10 place du Général de Gaulle, La Croix de Berny – BP 20156, 92 186 Antony Cedex ou en cliquant ici.

L'actu Technique

Offre découverte 30 jours gratuits !

Formations

Evènements

services

Thèmes abordés

menu menu

Club Techni.Cités : l'information pour les techniciens de la FP