[Série de l'été] Eau potable

Eau de Paris investit pour améliorer durablement son rendement

Par • Club : Club Techni.Cités

Wikimedia / François GOGLINS

En sectorisant et en instrumentant son réseau à l’aide de 3000 capteurs acoustiques, la régie Eau de Paris va améliorer la maîtrise des flux sur son réseau de distribution. En ajoutant le déploiement de sa nouvelle télérelève, elle vise un rendement de 92% d’ici à la fin 2022 qu’elle compte alors stabiliser.

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Face à une surconsommation générale et des besoins toujours plus forts en énergie, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler à la sobriété. Maître-mot des défenseurs de l’environnement depuis quelques années, il infuse aussi dans les territoires et les services techniques, comme on a pu le constater lors des dernières Assises de la transition énergétique. Comment réduire le superflu et optimiser les ressources disponibles ? C’est ce que nous voyons cet été via une websérie pour montrer comment la sobriété s’applique aussi dans la gestion des déchets, des services d’eau et d’assainissement, dans l’énergie et dans la mobilité. Le thème de cette semaine est eau et assainissement.

Avec les évolutions techniques en cours sur ses 2000 km de réseau de distribution, Eau de Paris illustre l’orientation durable de sa stratégie d’investissement. « L’objectif est de maximiser la performance de notre réseau tout en privilégiant des choix d’investissement raisonné. Pour cela, nous le digitalisons à bon escient car la technologie doit rester au service de nos métiers », souligne Benjamin Gestin, directeur général de la régie parisienne, créée en 2010 sur la production et la distribution d’eau potable.

Sur les 488 millions d’euros abondant son plan pluriannuel d’investissement sur 2021-2026, plus d’un tiers reste consacré à la gestion patrimoniale et au renouvellement du réseau. Mais une ligne de 14 millions d’euros est dédiée à la traçabilité et la maîtrise des flux. Concrètement, 7 millions d’euros ont ainsi été consacrés à l’amélioration de la sectorisation du réseau et à la mise en œuvre d’une prélocalisation des fuites grâce à 3 000 capteurs acoustiques fixes. Cette méthode remplace la recherche de fuite systématique réalisée par des écoutes en surface depuis 2017 après que les inspections visuelles en milieu confiné aient été limitées. La sectorisation a ainsi permis de découper plus finement le réseau en 23 nouveaux secteurs, portant leur nombre à 67. Sur chaque secteur hydraulique, les débits d’entrée et de sortie sont mesurés pour identifier les fuites les plus impactantes (de plus de 10 m3/h). Les capteurs acoustiques, installés dans les bouches à clé à intervalle régulier de 600 mètres, permettent alors grâce à une écoute fine du bruit nocturne de préciser la localisation des fuites. 1600 capteurs sont déjà posés et 1400 complèteront cette installation d’ici à la fin 2022.

La prélocalisation acoustique, une innovation d’usage

Le groupe allemand Sewerin a remporté ce marché portant sur 2500 capteurs acoustiques aimantés et 330 capteurs hydrophones. Ils communiquent par le réseau Objenious de Bouygues Telecom en LoRa à 868 MHz, technologie radio qui a l’avantage d’être économique en énergie et adaptée au transfert quotidien de ces faibles volumes de données. Eau de Paris a également développé son propre système d’information qui lui permet de superviser et de traiter l’ensemble de ses 1,8 millions de données quotidiennes. Grâce à ces capteurs, les équipes d’exploitation chargées de réparer les fuites vont ainsi pouvoir cibler leurs interventions en réseau et gagner du temps. « Cette méthode de recherche de fuites est classique. En revanche, on nous avait soutenu que la prélocalisation acoustique ne serait pas adaptée à un réseau en fonte visitable comme le nôtre à cause des bruits parasites. Or nous avons eu l’audace de tester la technique et ça marche très bien. C’est donc une innovation d’usage plutôt que technologique », se félicite Benjamin Gestin.

Le déploiement d’une nouvelle télérelève des compteurs abonnés complète cette stratégie. Déjà opérationnel à 85 %, ce dispositif a fait l’objet d’un marché de 31 millions d’euros remporté par Suez en 2017. L’installation des 95 000 nouveaux compteurs sera finalisée d’ici à un an et demi. Elle remplacera les deux technologies propriétaires mises en œuvre par les anciens délégataires (Veolia Homerider et Suez Ondeo). Ainsi, entre la diminution progressive des pertes réelles et la diminution des pertes apparentes grâce au renouvellement du parc de compteurs de télérelève, Eau de Paris espère améliorer son rendement de 88,8 % fin 2021 à 92% fin 2022. Un niveau de performance qu’elle souhaite alors maintenir à ce niveau.

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