[Série de l'été] Biodéchets

Valor’Aisne lance une concertation mobilisatrice

Par • Club : Club Techni.Cités

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Valor’Aisne expérimente avec ses partenaires la méthode ConcerTO pour mieux gérer et valoriser les biodéchets. C’est long, mais les ateliers et les groupes de travail font connaître les gisements et les acteurs. Demain émergeront des projets, une gouvernance.

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Face à une surconsommation générale et des besoins toujours plus forts en énergie, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler à la sobriété. Maître-mot des défenseurs de l’environnement depuis quelques années, il infuse aussi dans les territoires et les services techniques, comme on a pu le constater lors des dernières Assises de la transition énergétique. Comment réduire le superflu et optimiser les ressources disponibles ? C’est ce que nous allons voir cet été via une websérie pour montrer comment la sobriété s’applique aussi dans la gestion des déchets, des services d’eau et d’assainissement, dans l’énergie et dans la mobilité. Le thème de cette semaine est les déchets.

Syndicat de traitement des déchets de l’Aisne, Valor’Aisne a démarré une concertation sur la gestion des biodéchets à l’automne 2020, qui devrait se terminer mi-2022, dans le cadre du contrat d’objectifs déchets économie circulaire 2018-2020 établi avec l’Ademe. Si 38 000 tonnes de biodéchets par an sont déjà valorisés dans le périmètre du syndicat, une caractérisation de la composition des ordures ménagères résiduelles met en avant un gisement de déchets compostables (préparations de repas, épluchures…) de 34 000 tonnes, et de 13 500 tonnes issus du gaspillage alimentaire.

Démarche ConcerTO

Suite au conseil de l’Ademe Hauts-de-France et nationale, Valor’Aisne a décidé d’expérimenter avec quatre autres collectivités (1) la démarche ConcerTO. « Il s’agit de connaître la stratégie de tri à la source de nos adhérents et des autres acteurs de la filière, pour éviter une solution uniforme, inadaptée », précise Jérôme Littière, directeur de Valor’Aisne. ConcerTO réunit les collectivités, les entreprises et les associations œuvrant à la prévention, au tri, à la collecte et au traitement des biodéchets. À plusieurs, il est possible d’envisager des solutions mutualisées : tournées de collecte, campagnes de sensibilisation, équipements partagés…

La méthode ConcerTO de l’Ademe a été développée et mise en œuvre par le bureau d’études État d’esprit pour les cinq territoires pilotes. Valor’Aisne bénéficie aussi de l’assistance à maîtrise d’ouvrage d’Ecogeos (technique) et de Tehop (animation). Six étapes se succèdent dont quatre déjà réalisées : étude de gisement (biodéchets professionnels, ménagers et assimilés, matières agricoles, boues de stations d’épuration, déchets de bois), cartographie des acteurs (producteurs, utilisateurs, gestionnaires, experts…), mobilisation des acteurs, animation et suivi de projet. Côté animation, quatre ateliers ont eu lieu (dynamique de groupe, priorités, approfondissement, solutions) pour chacun des quatre groupes de travail : stratégies de collecte séparée de biodéchets, lutte contre le gaspillage alimentaire et gestion de proximité des biodéchets, méthanisation, autres valorisations. Les deux dernières étapes sont à venir : émergence de projets et recherche de gouvernance.

Concertation

À l’issue des ateliers, « on note que des groupes de travail ont des sujets communs : qualité de l’approvisionnement, contractualisations public-privé à approfondir en matière de traitement. Par exemple, une collectivité peut-elle collecter un établissement privé (agroalimentaire, restauration…) ou l’inverse ? », s’interroge Jérôme Littière. Les gisements mobilisables seront aussi affinés, en prenant en compte leur qualité, les indésirables, etc.

In fine, « cette concertation associe 60 à 70 personnes depuis un an », apprécie Jérôme Littière. Elle permet aux acteurs de monter en compétences et aux retardataires de rentrer dans la boucle. Tout n’a pas été simple : « Les collectivités, moins pressées, travaillent par conseils communautaires et marchés publics… Les acteurs privés, eux, veulent agir avant la fin de la concertation », note Jérôme Littière. « Des agriculteurs participent au groupe de travail méthanisation : nombreux aux premiers ateliers, ils sont plus dans l’attente désormais. Pour accueillir les 20 000 tonnes potentielles de biodéchets issus de collecte sélective, à prix optimum et avec le moins d’indésirables possible, ils investiront dans de coûteux déconditionneurs et hygiéniseurs… s’ils sont sûrs du gisement », complète Guillaume Rautureau, conseiller énergie à la chambre d’agriculture de l’Aisne.

Tri à la source

Aussi, des études démarrent (une par intercommunalité) pour déterminer la nature du tri à la source (compostage individuel ou collectif, collecte en porte-à-porte ou en apport volontaire), les gisements par secteurs et les équipements de traitement à mutualiser. Les collectivités doivent aussi accélérer : la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) va augmenter et il faudra être prêt le 1er janvier 2024. Mais le temps de concertation se regagnera lors des projets, les freins ayant été levés avant.

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