[Série de l'été] Economie circulaire

Quand le recyclage des terres excavées finance la renaturation des sites

Par • Club : Club Techni.Cités

Site de Boissy l'Aillerie, vue de la plateforme de tri .

ECT

Dans le Val-d’Oise, entre Boissy et Puiseux, l’entreprise d’aménagement francilienne ECT a lancé début 2022 la réhabilitation d’une ancienne décharge sauvage en espaces agricoles et naturels. Elle finance le projet en valorisant les déblais inertes issus du BTP.

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Face à une surconsommation générale et des besoins toujours plus forts en énergie, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler à la sobriété. Maître-mot des défenseurs de l’environnement depuis quelques années, il infuse aussi dans les territoires et les services techniques, comme on a pu le constater lors des dernières Assises de la transition énergétique. Comment réduire le superflu et optimiser les ressources disponibles ? C’est ce que nous allons voir cet été via une websérie pour montrer comment la sobriété s’applique aussi dans la gestion des déchets, des services d’eau et d’assainissement, dans l’énergie et dans la mobilité. Le thème de cette semaine est les déchets.

Depuis 1997, ECT exploite le concept d’économie circulaire des terres excavées. Les entreprises du BTP la rémunèrent à hauteur de 5 à 10 euros la tonne, en échange d’un exutoire pour leurs terres inertes. Elles sont valorisées sur des sites franciliens (friches, délaissés, terrains agricoles dégradés…) qu’ECT aménage sans bâti avec les collectivités. Une quinzaine de projets sont en cours. Ils utilisent chaque année 13 à 15 millions de tonnes de déblais inertes sur les 20 millions de tonnes générés en Ile-de-France. Leur statut de déchet acquis dès la sortie des chantiers nécessite la mise en œuvre d’une procédure de traçabilité poussée par ECT qui en devient responsable. « Nos projets sont entièrement financés par les recettes obtenues sur l’accueil des terres excavées inertes. Le volume de terre entrant sur nos sites varie entre 10 000 m3 pour les petits projets urbains et plusieurs millions de m3 pour les plus gros. Nous dimensionnons donc les aménagements (renaturation de friches, création de parcs, de fermes urbaines, de golfs, restitution d’espaces agricoles et de nature…) en fonction, pour qu’ils ne provoquent aucun coût d’investissement pour les propriétaires. Les collectivités en sortent gagnantes avec un nouvel atout pour leurs territoires », expose Clara Didier, directrice de projet chez ECT.

Mosaïque de milieux naturels et agriculture

Avec un apport de 500 000 m3 de terres excavées inertes, le projet situé sur un site de 8,1 ha. entre Boissy-l’Aillerie et Puiseux-Pontoise représente ainsi « un projet de taille moyenne ». Mais il enlèvera une grosse épine du pied à ce territoire du Val-d’Oise  (95). Installée fin 2017, une activité illégale avait généré en quelques mois, avant son blocage par la préfecture, 14 000 m3 de déchets de nature disparate (déchets de construction, pneus, baignoires…). Face à ce qui est devenue l’une des plus grosses décharges sauvages franciliennes, ni le propriétaire agriculteur, ni les deux communes et la communauté d’agglomération de Cergy Pontoise qui possédaient moins de 20% du foncier avec l’état, ne pouvaient prendre en charge les coûts d’évacuation. La préfecture du Val-d’Oise a mis en relation les différentes parties prenantes avec l’entreprise ECT. « Entre 2019 et 2020, nous avons commencé par une longue période de concertation avec l’Etat. L’étude écologique nous a conduits à élaborer une mosaïque de milieux naturels propice à la biodiversité et à la trame verte du Parc Naturel Régional du Vexin qui abrite le site  (3,7 ha de boisement, 0,6 ha de milieux arbustifs, 1,3 ha de milieux herbacés), en plus des 2,4 ha de terrains rendus à l’agriculture », précise Clara Didier.

Un apport de terres excavées sur deux ans

Le dossier a notamment nécessité une demande d’autorisation environnementale instruite par les services de l’Etat et un permis d’aménager délivré par les communes. Il a été déposé début 2021 et les dernières autorisations obtenues fin de la même année. Début 2022, ECT a pu engager la première phase de tri et d’évacuation des déchets, nécessitant une enveloppe de 2 millions d’euros. L’entreprise prestataire Reva est ainsi chargée d’exploiter la plateforme de tri construite à côté du site et d’orienter les déchets vers les filières adaptées. Avec 50 % du tonnage de déchets déjà évacué à la mi-mai, cette étape devrait se terminer d’ici à la fin juin. L’accueil des terres sera préparé cet été, notamment sur le contrôle de réception, et lancera la deuxième phase. Les terrains seront renaturés au fur et à mesure de l’apport des déblais, sur deux ans. ECT mise sur une réhabilitation terminée à l’automne 2024 et une remise en culture début 2025. « Sur Boissy et Puiseux, les pentes des terrains sont assez raides et l’apport de terres excavées  permettra de sécuriser le site. Mais sur d’autres projets, lorsque nous créons des parcs urbains, nous nous servons des terres pour créer des vallonnements ou paysager l’espace. L’utilisation de déblais en remblais est très ancienne, c’est comme ça qu’a été construit le parc des Buttes Chaumont au 19ème siècle », souligne encore Clara Didier.

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