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Travail social

Aide sociale à l’enfance : à Paris, le manque toujours plus criant de travailleurs sociaux

Publié le 08/07/2022 • Par Malik Habchi • dans : A la Une santé social, Actu Emploi, Actu expert santé social, Métier et carrière santé social, Régions, Toute l'actu RH

educateurs prevention specialisee
France 3
Le turnover important dans une antenne ASE parisienne empêche la structure de fonctionner à plein régime. A la clef, des conséquences sur la charge de travail des référents, leur état psychologique et celui des enfants et adolescents placés.

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Les référents de l’Aide Sociale à l’Enfance à Paris sont débordés. « Il y a un manque cruel de travailleurs sociaux. Nos équipes sont normalement constituées de dix-huit référents. Nous sommes actuellement quinze, dont deux travailleurs volants » déplore Élodie(1), référente ASE.

À l’antenne où travaille Élodie, le turnover ne baisse pas. « Un cadre socio-éducatif et cinq travailleurs sociaux sont partis en 2021. Pendant plusieurs mois, on était huit travailleurs permanents et trois volants » se désole -t-elle. L’ASE fait appel à ceux qu’on appelle les « travailleurs volants » pour apporter un soutien temporaire, entre six et neuf mois, mais peu sécurisant pour les jeunes accompagnés. « Un même enfant peut être suivi par cinq travailleurs sociaux différents sur une durée de trois ans », abonde Estelle, qui travaille à la même antenne qu’Élodie. Estelle travaille à cette antenne depuis trois ans et dit ne jamais avoir vu l’équipe au complet.

Une aide psychologique insuffisante

Ces multiples départs affectent l’accompagnement des jeunes. Les problématiques traversées par ces enfants et adolescents sont souvent complexes. « Le suivi est lourd. Les enfants – et souvent leurs parents – cumulent des problèmes financiers et psychologiques pour lesquels un suivi approfondi est nécessaire », explique Estelle. « Nous avons deux psychologues surchargés et il n’y a pas assez de places en CMP et en Itep« , renchérit Élodie.

« Les foyers sont remplis en permanence, y compris les pouponnières. Il n’y a pas que le problème des places, beaucoup de foyers manquent d’éducateurs spécialisés », observe Estelle. « De plus, beaucoup de jeunes que nous accompagnons sont des délinquants. Les éducateurs en foyer ASE, contrairement à leurs homologues de la PJJ, ne sont pas formés à leur prise en charge. »

Placement hors de l’Ile-de-France

Comment faire pour trouver des places ? Les travailleurs sociaux ont des recours possibles, mais toujours avec des inconvénients. « Si on ne trouve pas, on fait remonter la demande plus haut dans la hiérarchie. On finit toujours par trouver une place. Cependant, la place n’est pas toujours adéquate géographiquement, et peut-être loin de l’école de l’enfant, par exemple » souligne Élodie. « Parfois, ils peuvent même être placés dans d’autres régions. Cela rend plus difficile l’accompagnement, car les travailleurs sociaux doivent donc prendre toute la journée pour aller visiter le jeune » ajoute Estelle.

Même son de cloche pour les familles d’accueil, toutes complètes. Les besoins ont augmenté suite aux confinements et la part relative des jeunes hébergés en famille d’accueil a baissé, représentant 47% des jeunes confiés à l’ASE au niveau national. Pour Élodie, cela s’explique aussi par une exigence croissante de la part des assistants familiaux. « Les familles d’accueil savent qu’elles sont peu nombreuses, avec le prochain départ massif en retraite qui s’annonce. Elles veulent donc prendre en charge des enfants “parfaits”, qui ne sont pas atteints de traumatismes, ce qui n’est pas le cas le plus fréquent à l’ASE, particulièrement à notre antenne. »

Perte de sens global

« Entre les visites aux enfants, aux parents, le travail administratif et la coordination, pour les trente situations que je prends en charge, je n’ai pas le temps de prendre du recul, alors que je travaille bien plus que 35h », dénonce Élodie. « Nous les accompagnons jusqu’à leurs dix-huit ans puis nous ne les voyons plus. Un ancien enfant placé m’a dit qu’il ne faisait rien de ses journées. Quand on sait que beaucoup d’anciens enfants placés deviennent des SDF, je ne suis pas rassurée vis-à-vis de l’avenir des jeunes. J’ai parfois l’impression que nous sommes une structure de soin palliatif pour eux. »

Elodie ressent une forme d’inertie. « Quand j’essaie d’interpeller la hiérarchie au sujet de ces problèmes, je ne me sens pas écoutée. Tout comme le personnel soignant, nous étions en première ligne durant le confinement, mais nous sommes restés invisibles. »

Manque d’attractivité

« Le travail social ne fait plus rêver », estime Estelle. « La pression est énorme, on n’a pas le droit à l’erreur et le salaire est bas. Beaucoup de collègues partent dans le service social scolaire ou en Seine-Saint-Denis pour être mieux payés. »

Pour Fabienne Defendi, syndicaliste Force Ouvrière des personnels de la ville de Paris, l’emploi de travailleur social à Paris a perdu de son attrait. « La loi de la transformation publique d’août 2019 a bouleversé un des acquis sociaux de la ville de Paris, en passant de 33 à 25 jours de congé », constate l’ancienne éducatrice spécialisée.

Avec l’extension du Ségur de la santé à certains métiers sociaux de la fonction publique territoriale, Élodie et les autres personnels de l’ASE toucheront une prime mensuelle de 183€. Il reste à savoir si cela améliorera l’attractivité du travail social.

Notes

Note 01 Les prénoms des agentes ont été modifiés Retour au texte

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