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[Entretien] Aménagement urbain

« Nous sommes arrivés à la fin de la ville facile »

Publié le 28/06/2022 • Par Delphine Gerbeau • dans : France

Christine Leconte
F. Calcavechia / La Gazette
Christine Leconte, présidente du conseil national de l’Ordre des architectes, s’alerte du « manque de vision globale de nos décideurs » et de réflexion sur l’aménagement du territoire. Avec l'urbaniste Sylvain Grisot, dans « Réparons la ville ! Propositions pour nos villes et nos territoires », elle invite à regarder ce qui existe déjà pour imaginer le futur.

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Zéro artificialisation nette, Stratégie nationale bas carbone pour le bâti­ment en cours d’élaboration, entrée en vigueur de la RE 2020 (réglementation environnementale) : autant de politiques publiques nationales qui actent la nécessité de changer de modèle pour construire la ville et mettent la pression sur les acteurs de sa chaîne de production, mais les laissent aussi parfois démunis quant à leurs modalités de mise en œuvre.

Christine Leconte, architecte et présidente du conseil national de l’Ordre des architectes depuis juin 2021, dialogue sur ce changement de paradigme avec Sylvain Grisot, urbaniste et fondateur de l’agence dixit.net, dans « Réparons la ville ! Propositions pour nos villes et nos territoires » (éd. Apogée, février 2022).

Christine Leconte  « s’alerte du manque de vision globale de nos décideurs » et de réflexion sur l’aménagement du territoire. « Cela fait quelques années que j’ai le sentiment que l’on a une façon de fabriquer nos villes en contradiction avec les enjeux planétaires, mais que les alternatives peinent à décoller. Je n’arrive pas à me résoudre à la destruction de terres agricoles pour y étaler des lotissements et des zones de tout type, alors que les friches et les bâtiments vacants se multiplient », lui répond-il.

Tous deux invitent à regarder ce qui existe déjà pour imaginer le futur de nos territoires en redonnant sa place à la nature, en réfléchissant sur les matériaux et les filières locales. Ils insistent sur l’importance du récit pour impliquer les citoyens chez qui tout nouveau projet, quelle que soit sa forme, a tendance à provoquer un réflexe pavlovien de refus. Des propositions qui ont largement infusé le plaidoyer de l’Ordre national des architectes, intitulé « Habitats, villes, territoires, l’architecture comme solution », à l’occasion de l’élection présidentielle.

Dans votre ouvrage, vous appelez à réparer la ville, cela signifie-t-il qu’il faut arrêter la construction neuve ?

Ce qui est certain, c’est que l’on ne pensera plus la ville comme on l’a pensée jusqu’ici. Selon nous, c’est la fin de la ville facile, celle qui s’étale, qui démolit et reconstruit, qui ne prend pas en compte l’existant. Il faut désormais penser une ville qui réponde à ces trois crises : celle des ressources de la planète, de l’adaptation au changement climatique et de la biodiversité. Elles doivent être conjuguées avec les défis sociétaux qui nous attendent, comme le vieillissement de la population, mais aussi avec les aspirations légitimes de citoyens. Au moment où l’on s’interroge sur la façon dont va se faire le zéro artificialisation nette, il faut regarder ce dont on dispose déjà et réfléchir à comment faire avec l’existant. Quand nous disons « réparons la ville ! », avec un point d’exclamation, c’est une forme de pensée positive : à partir de cela, on peut formidablement construire.

Les modes de fabrication de la ville et le rôle de chacun vont être questionnés. Les élus devront bâtir une histoire de leur territoire en partant des lieux existants. C’est très différent par rapport au fait d’élever un lotissement sur une zone agricole. Il faut avoir des idées précises et se faire accompagner en amont. S’agissant des architectes, cela signifie avoir une pensée qui parte du patrimoine. Leur formation a déjà évolué, elle est plus axée sur la restauration et la réhabilitation. Pour les promoteurs et les aménageurs, on sera moins dans un urbanisme de ZAC, plus dans un urbanisme de la ponctuation, qui permettra de recoudre les ­territoires ensemble.

Après les élections municipales, de nombreuses villes ont mis leurs projets de construction sur pause. Les élus ont-ils pris conscience de la nécessité de penser autrement l’aménagement urbain ?

J’ai vu effectivement des arrêts de chantier motivés par le refus de l’étalement urbain. Ils étaient surtout stoppés parce que les élus avaient le sentiment que les logements collectifs de promotion ne correspondaient pas aux attentes, ou n’avaient pas l’aval, de la population et ils ne voulaient pas rentrer en conflit avec leurs administrés.

Si l’on doit arrêter l’étalement urbain, il va falloir construire dans l’enveloppe existante, donc densifier un peu. La vraie solution, c’est « pas de densité sans qualité ». Cela va amener à se questionner sur la façon de faire évoluer les zones périurbaines, sur le rôle des dents creuses dans les villes denses qui peuvent servir à autre chose que du remplissage par des logements collectifs. Cela signifie aussi, pour les élus, que les dispositifs telles les orientations d’aménagement et de programmation dans les plans locaux d’urbanisme doivent devenir de vrais outils de projet architectural.

Cela pose la question de l’ingénierie pour accompagner les collectivités…

La prise de conscience des élus est là, mais les solutions ne sont pas forcément faciles à appréhender. Il y a un besoin de compétences, d’objectifs à long terme. ­Plutôt que de subir, il faut être actif. Cela nécessite de réfléchir en amont. Les architectes savent faire, mais on ne leur donne pas toujours les conditions pour intervenir. Les élus peuvent avoir un conseil architectural de plusieurs façons : aller voir un CAUE, l’architecte-conseil du département, ou se faire accompagner d’un architecte-conseil dans sa commune.

Avec le conseil national de l’Ordre des architectes, nous proposons de mettre en place le projet « un maire, un architecte », en partenariat avec l’Association des maires de France, et, avec l’Association des maires ruraux de France, nous réfléchissons à un dispositif pour lutter contre les déserts architecturaux. Il faut plus de matière grise que de matière première et donc remettre la question de l’ingénierie en amont.

Que la ville soit conçue de façon traditionnelle ou plus résiliente, cela sous-tend l’acceptabilité des projets par les citoyens…

Quand on regarde les aspirations des Français, ils sont partagés entre le désir de calme, de confort et de nature, qui correspond au modèle de la maison individuelle, et le souhait de proximité, avec la ville, les commerces, les services, ce qui renvoie plus au logement collectif proposé par les promoteurs. On oublie que, entre les deux, il y a un éventail de typologies architecturales, que l’on ne propose plus car on ne nous les demande plus. Les promoteurs nous réclament des études capacitaires qui nous obligent à bourrer les parcelles, et c’est là que l’on arrive à un refus de construction de la part des habitants.

L’autre problème vient du fait que le plan local d’urbanisme (PLU) n’est pas lisible. C’est un outil totalement réglementaire, très compliqué, pour lequel les élus se donnent beaucoup de mal, mais à partir duquel il est difficile d’imaginer un projet. Aujourd’hui, quand je vois que les instructeurs de permis présentent une zone du PLU aux porteurs de projet, je me demande comment les habitants peuvent se reconnaître dans un tel projet et un récit collectif. Je milite pour des PLU dans lesquels on aurait une partie écrite, voire dessinée, pour être diffusable et diffusée aux habitants. Nous avons besoin qu’un PLU ne produise pas uniquement des règles mais également un récit, qui permette cette réparation de la ville, et amène les citoyens vers un projet. Cela passe aussi par une concertation citoyenne beaucoup plus forte.

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