Fermer

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Menu

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Numérique

Les logiciels libres, un choix engagé… et engageant !

Publié le 30/06/2022 • Par Baptiste Cessieux • dans : actus experts technique, France, Régions

Programmer working in a software development and coding technolo
MIND AND I/ADOBESTOCK
Les logiciels libres permettent de bénéficier des avancées faites par d’autres acteurs et d’échanger sur les siennes. Toutes les collectivités peuvent se tourner vers les logiciels libres, et cette démarche est plus simple lorsqu’elle est mutualisée. Pour assurer leur bon fonctionnement, l’abonnement à un logiciel propriétaire est remplacé par un contrat de maintenance, interne ou externe.

Ma Gazette

Sélectionnez ce thème et créez votre newsletter personnalisée

« L’argent public ne doit pas être payé deux fois. » La maxime est un classique des agents et des élus engagés pour plus de logiciels libres dans les collectivités. Le message est clair : si un acteur public de quelque sorte paye pour l’invention ou l’amélioration d’un outil numérique, pourquoi donc un autre, situé à l’autre bout de la France, dépenserait-il de l’argent pour un outil comparable, voire identique ?

Une logique de « commun » qui ne doit pas être confondue avec la gratuité. Pour certains inter­locuteurs du logiciel libre, cette confusion entretient une mauvaise considération du numérique libre par les administrations. Comme si l’on pouvait le maltraiter car son accès est gratuit. La liberté gagnée face aux éditeurs a pourtant un coût. Et il peut être élevé si la démarche n’a pas été rationalisée.

D’utilisateur à producteur

Introduire des logiciels libres dans une collectivité demande en effet de la méthode. « C’est souvent moins confortable qu’une solution achetée sur une étagère à un éditeur », indique Emmanuel Chopot, DSI de La Roche-sur-Yon agglo (13 communes, 97 000 hab., Vendée). Pour chaque cas d’usage, l’interco s’impose de vérifier l’existence d’une solution libre référencée sur le socle interministériel des logiciels libres, un PDF mis à jour par la Dinum et disponible sur « communs.numerique.gouv.fr ».

« Lorsque c’est le cas, nous regardons aussi qui est derrière le projet. Est-ce que cela semble fiable ? Le projet est-il bien ­documenté ? Avons-nous des partenaires qui maîtrisent ces logiciels ? On cherche à se rassurer, car le logiciel libre a ses limites. Avec un éditeur, il y a une feuille de route. Nous pouvons dis­cuter avec lui des évolutions futures. Avec le libre, il faut vérifier qu’une communauté active existe, qu’il ne s’agit pas d’une base gratuite avec de nombreux plug-ins payants, comme ­WordPress. Et s’assurer que la version standard n’a pas besoin d’être adaptée à nos besoins. Quand ces conditions sont réunies, il ne faut pas hésiter à se tourner vers le libre », ajoute ­Emmanuel Chopot.

D’utilisateur, il est possible de devenir producteur. Et cela ne coûte pas forcément plus cher. Il suffit de ne pas faire l’amalgame entre libre et gratuit. En 2016, Nantes métropole (24 communes, 656 300 hab.) a ainsi fait le choix de déployer la suite bureautique ­LibreOffice sur l’ensemble de son parc informatique. Dans ce cadre, l’interco souhaite disposer de la possibilité de faire corriger des bugs ou de faire réaliser des améliorations du logiciel libre. Elle ouvre donc un marché public d’une valeur de 200 000 euros par an, sur quatre ans. Le but est d’avoir un service professionnel équivalent à n’importe quelle suite bureautique et de participer à l’amélioration d’un logiciel utilisé gratuitement dans le monde entier.

Cette philosophie n’est pas limitée aux logiciels de bureautique. L’Adullact recense aussi les logiciels métier spécifiquement développés pour les actions des collectivités. Leur installation est gratuite, mais la maintenance doit se faire en interne ou avec un prestataire. Pour orienter les territoriaux, l’Adullact tient une liste d’entreprises habituées à travailler avec ces solutions : le Comptoir du libre.

Exigence de qualité

D’autres collectivités choisissent le logiciel libre au moment de l’invention d’une nouvelle solution informatique. « Faire de l’open source est un surcoût, mais c’est aussi une exigence de qualité », pense David ­Berthiaud, au sein de la direction de la transformation numérique de La Rochelle agglo (28 communes, 171 800 hab.). Dans son projet phare « La Rochelle 0 carbone », l’agglo a éprouvé le besoin d’une plate-forme de données pour référencer les indicateurs nécessaires à la réalisation d’un bilan carbone global, à l’échelle du territoire. Le développement de cet outil est réalisé par des prestataires qui ont l’obligation de diffuser gratuitement leurs productions.

« Nous avons imposé une licence Apache 2.0 dans notre marché public en tant que motif non négociable, éclaire David Berthiaud. Cela veut dire que tout ou partie des lignes de code développées peut être réutilisé librement, par exemple pour faire du business. Nos prestataires ont l’obligation d’animer une communauté, et la publication du code ouvre à la critique d’acteurs extérieurs à la collectivité. » Pour l’agglo, l’enjeu est ­d’atteindre un projet autonome. En trouvant son modèle et en ­s’appuyant sur la communauté créée durant la période du marché public, ce nouveau « commun numérique » pourrait vivre de lui-même, à travers une autre structure que l’agglomération.

Développer ou aider à développer un logiciel libre nécessite une gouvernance à plusieurs niveaux. D’abord à l’échelle locale, pour entraîner les acteurs du territoire à utiliser l’outil. Il faut également animer une communauté dont les membres peuvent être en dehors du territoire ou même à l’étranger. Enfin, il est nécessaire d’avoir un décideur qui choisit quelles modifications seront commandées ou intégrées lorsqu’elles auront été développées par un membre de la communauté. L’objectif est de pousser au travail commun et d’empêcher que chaque modification mène à un nouveau logiciel. En langage informatique : « ne pas forquer ».

En effet, lorsqu’un logiciel libre est pris et développé en marge de sa communauté, les deux solutions informatiques vont s’éloigner petit à petit et devenir indépendantes, sans réunion possible. Le logiciel libre Démarches simplifiées, édité par la Dinum, a, par exemple, été récupéré par la collectivité de Tahiti qui a choisi de le développer pour ses propres besoins, sans s’inscrire dans la communauté. Comprenant que ce chemin ne permettait pas d’obtenir les améliorations faites au logiciel initial, la collectivité d’outre-mer a, depuis, fait machine arrière.

Gestion de la communauté

Le problème est que la Dinum est un service de développement informatique et qu’il n’a pas vocation à animer une communauté rassemblant des milliers de collectivités ayant chacune leurs propres besoins. Elle a donc contacté l’Adullact pour animer la communauté et faire remonter les besoins. « Ils nous ont dit : je ne veux voir qu’une seule tête, se souvient Pascal Kuczynski, délégué général de l’Adullact. Nous voici animateurs d’un ensemble de collectivités locales alors que le décideur, c’est la Dinum. Chez un éditeur classique, on appelle cela des groupes d’utilisateurs. La différence est que l’Adullact n’a rien à vendre, si ce n’est une adhésion. »

A l’inverse, la ville de Paris a choisi il y a longtemps de garder la main sur la gestion communautaire de sa plateforme Lutèce, un patrimoine logiciel estimé à 65 millions d’euros, dont le code est ouvert depuis 2003. Au fur et à mesure des remplacements de DSI, la communauté s’est développée, puis rétractée, et s’est même effondrée quelques années avant de retrouver des couleurs. « C’est un bon contre-exemple, juge le délégué général de l’Adullact. Et c’est aussi un beau travail, mais il est trop connoté parisien. Il faut accepter de lâcher du lest pour animer une communauté et c’est difficile si le projet est nommé régionalement. »

La capitale semble comprendre le problème et cherche à promouvoir ses logiciels gratuits et ouverts. Le 8 juin, elle dévoilait une suite informatique prête à l’emploi, CitéLibre. Elle ­n’intègre pour l’instant qu’un agenda et un système de prise de rendez-vous, à la manière de Doctolib. L’introspection ne s’arrête pas là, puisque Lutèce s’est récemment doté d’un guichet unique pour le support ou la demande d’information. A Paris comme ailleurs, le logiciel libre continue de se professionnaliser.

Questions à…

PHILIPPE BAREILLE

Philippe Bareille, chef de projet numérique et « open source officer » à la ville de Paris (2,17 millions d’hab.)

Qu’est-ce qu’un « open source officer » ?

On parle déjà de « data officer » ou d’« open data officer ». De la même façon, je me présente comme « open source officer » pour indiquer que j’ai la charge du respect de la culture et de la philosophie « open source » au sein de la collectivité. C’est un poste transverse. En interne, il s’agit de rappeler les bonnes pratiques aux chefs de projet et de trouver des alter­natives libres aux logiciels utilisés. A ­l’extérieur, il faut favoriser les échanges pour montrer que nous ne sommes pas des passagers clandestins, que nous contribuons aux projets communs et que ces derniers acceptent les contributions extérieures.

Quand une collectivité peut-elle avoir besoin d’un « open source officer » ?

Ce n’est pas une histoire de taille critique, mais de volonté de mutualisation. Ce poste participe aux réseaux à l’extérieur de la collectivité, et offre des économies. Les rencontres permettent de voir les besoins communs et les tendances générales sur les logiciels. Un « open source officer » permet d’aller à l’extérieur pour dire « là, on va faire ça ensemble ».

Créer un tel poste, c’est nommer le besoin de mise en commun de code et de logiciels. C’est une mission autant en interne qu’en externe. Il s’agit de maîtriser l’open source de façon professionnelle, avec des règles à suivre. Cette tendance est en cours. Par exemple, au niveau européen, il y a l’EC Ospo (European Commission Open Source Programme Office, ndlr), et en France, Etalab.

Cet article est en relation avec le dossier

Thèmes abordés

Réagir à cet article
marche online

Aujourd'hui sur les clubs experts gazette

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Les logiciels libres, un choix engagé… et engageant !

Votre e-mail ne sera pas publié

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement