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Transition écologique

Sans carbone, la fête est plus belle dans les festivals

Publié le 07/06/2022 • Par Olivier Descamps • dans : Actualité Culture, France, Innovations et Territoires

Le festival le Cabaret Vert, Charlevill-Mezières, en 2021
L. Wallendorff/REA
Les organisateurs de festivals attachent de plus en plus d'importance aux questions environnementales, qui sont aussi une attente du public des festivals. Souvent partenaires des événements, les collectivités ont une expertise à apporter aux acteurs culturels. Le grand enjeu des festivals est la mobilité : des participants, des artistes...

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Après deux ans de disette, les festivals repartent de plus belle. Mais, dans un secteur devenu ultraconcurrentiel, la musique, l’amour et l’eau fraîche ne suffisent plus. Même s’il passe loin après la programmation, l’argument environnemental est un plus qui gagne en importance.

L’espace d’un ou deux jours, le festival est un lieu de communion, où l’on veut croire à l’avènement du monde d’après. A l’instar de We love green à ­Paris ou de Notes en vert à ­Périgny (8 700 hab., Charente-Maritime), certains en ont fait une marque de fabrique. Fruit d’une collaboration entre une association qui organisait des concerts dans la commune et la Fondation Léa nature (un fabricant de produits naturels), le second ­combine concerts et présentation de structures engagées. La thématique de cette année : le mystère du végétal.

Recyclage et réemploi à un degré poussé

L’an dernier, les initiatives « zéro déchet » étaient à l’honneur. De fait, recyclage et réemploi s’affirment comme la question environnementale numéro 1 des festivals… Avec un rôle clé à jouer de la part des collectivités qui les ­accueillent. A ­Périgny, ­Notes en vert ­travaille aussi avec ­Biotop, un cluster d’entreprises du territoire qui lui a notamment permis de trouver une solution de valorisation de ses déchets organiques. Une réflexion commune est en cours ­concernant la récupération des cagettes en bois laissées par les camions de vente ambulants qui se déplacent d’une manifestation à l’autre. « Tous les ans, nous essayons de nous améliorer », insiste la co­présidente du festival, Catherine ­Kloboukoff.

Parmi les autres mesures prises au fil du temps : la disparition des bouteilles en plastique au profit de fontaines à eau, une charte des ­contenants signée avec les prestataires de la restauration – tenus d’utiliser une vaisselle réutilisable ou compostable – et la mise en place, cette année ou la suivante, d’un marché solidaire avec des articles de seconde main.

L’énergie, une problématique qui émerge

Cette volonté d’amélioration ­continue infuse dans la plupart des festivals et a poussé les ­Eurockéennes de ­Belfort à s’inscrire, en 2017, dans la démarche de certification, qui couronne les systèmes vertueux de management de responsabilité sociale et environnementale. « Nous n’avons pas redemandé le label depuis, mais nous en avons conservé la méthode », assure Jean-Paul Roland, le directeur.

Pour systématiser la chasse aux mégots ou définir ses enjeux climatiques, le travail est le même : poser le problème, chercher un regard extérieur, trouver des réponses et les évaluer. En matière d’énergie, par exemple, qui « jusqu’alors est un peu un angle mort », concède-t-il, les ­« Eurocks » ont créé un poste pour établir un diagnostic et ne pas partir dans tous les sens. Sauf surprise, l’engagement du territoire belfortain dans l’hydrogène pourrait, entre autres, déboucher sur le remplacement de générateurs au fioul, omniprésents. Autre objectif : la sensibilisation des artistes, dont les scénographies à base de lumières et d’écrans sont toujours plus énergivores.

Préservation du patrimoine naturel

Installé sur la presqu’île du ­Malsaucy, un espace protégé, l’organisation travaille parallèlement avec le conseil départemental sur la préservation du patrimoine naturel du lieu. C’est le Territoire de Belfort lui-même qui l’a choisi lorsqu’il a créé le festival en 1989, avant d’en céder la gestion à une association. Son but était de mettre en avant un site qui lui appartient toujours et sur lequel est installée à l’année la maison départementale de l’environnement. Cette ­configuration est à la fois un avantage et une contrainte. Pendant les concerts, l’intégralité des eaux usées doit être collectée afin qu’elles ne se déversent pas dans les deux étangs qui l’entourent, utilisés par les baigneurs et les pêcheurs… Avec des contrôles très stricts quand le dernier barnum est replié. Pour définir ces enjeux ou des aménagements, « on se voit très régulièrement avec le service environnement du département », ­raconte Jean-Paul ­Roland.

Une situation récurrente car, en dehors de quelques festivals urbains, les organisateurs cherchent la plupart du temps des sites remarquables, jugés plus accueillants. Dans les ­Ardennes, ­Julien ­Sauvage explique qu’il a imaginé le Cabaret vert pour redorer le blason de son département. Un nom en référence à un sonnet d’­Arthur ­Rimbaud, « le premier punk », selon lui. Mais il a aussi l’avantage de souligner l’omniprésence de la nature autour de ­Charleville-Mézières (46 400 hab.), ainsi que la volonté de prendre en compte la problématique environnementale. « Nous avons adopté une charte de développement durable dès notre première édition, en 2005 », indique-t-il.

Haro sur le plastique

Les vendeurs de porte-clés et autres gadgets n’ont qu’à bien se tenir. Lancé en 2020, le collectif Drastic on plastic accompagne les festivals qui veulent se débarrasser du plastique jetable. Avec une méthodologie, des conseils et des échanges d’expériences.

Une alimentation locale favorisée

Parmi les mesures prises : la sensibilisation du public et le tri des déchets, mais surtout le localisme, marque de fabrique du festival. L’association qui porte la manifestation se targue notamment d’avoir refusé les appels du pied des sponsors que l’on retrouve partout ailleurs… S’asseyant sur des dizaines, voire des centaines de milliers d’euros. Aucune boisson non alcoolisée n’est produite à plus de 70 kilomètres. De même, exit les vendeurs ambulants qui n’ont aucun ancrage local.

Ces questions ne sont pas anecdotiques. Des ­circuits courts pour la boisson et le passage à une alimentation locale et végétarienne pourraient contribuer à réduire de 15 % l’empreinte carbone d’un festival, a calculé le The Shift project dans l’étude « Décarbonons la culture ! » publiée fin 2021. Le groupe de réflexion qui s’est donné pour mission d’éclairer et d’influencer le débat sur la transition énergétique a évalué l’ensem­ble des mesures pouvant concourir à l’effort et estime que les grands festivals pourraient diviser leurs émissions de gaz à effet de serre par un facteur de 20 à 30.

Vélos, bus éphémères, covoiturage…

Question numéro 1 : la mobilité des marchandises, donc, et surtout des festivaliers et des artistes, qui représentent ensemble deux tiers des émissions. Même si, de l’aveu de plusieurs organisateurs, « il s’agit du sujet le plus compliqué à traiter », difficile de ne pas s’y frotter. Parmi les solutions, des parkings à vélos surveillés, des accès au site restreints pour les automobilistes ou des lignes de bus urbains éphémères… Des décisions sur lesquelles les intercos ont beaucoup à apporter. Les régions ont, elles, un rôle à jouer pour faciliter la venue des visiteurs n’habitant pas le territoire et peser dans les négociations entre la SNCF et les organisateurs. Cette année, des trains de nuit sur la ligne ­Charleville-Mézières - Reims vont, par exemple, permettre aux spectateurs du ­Cabaret vert de rentrer chez eux à l’issue des concerts.

Pour aller plus loin et imaginer d’autres solutions, comme doper le covoiturage, « on a besoin d’ingénierie et d’expertise », insiste ­Julien ­Sauvage. Toutefois, prévient The Shift project, ces efforts pèseront peu si l’on ne s’attaque pas au transport en avion des artistes et de certains festivaliers. Le hic est la course à l’échalote à laquelle se livrent les festivals. « Plus un événement culturel attire de visiteurs, plus son audience est internationale, plus sa programmation doit déployer des performances ­spectaculaires pour se différencier… Et plus le bilan carbone s’alourdit », pointe le think tank. Décroître. Ralentir. L’enjeu est le même dans le milieu culturel ­qu’ailleurs.

Une charte du développement durable conditionne les aides de l’Etat

A l’issue de la troisième séquence des états généraux des festivals, le 1er décembre 2021, le ministère de la Culture a publié une Charte de développement durable pour les festivals, élaborée avec les collectivités territoriales. Le document détaille les engagements d’éco-responsabilité que les festivals sont invités à mettre en oeuvre. Loin d’être de simples recommandations, ces critères conditionnent les aides de l’Etat prévues pour le développement durable dans le document recensant les « Principes d’engagement de l’Etat en faveur des festivals« (article 5). « Ces aides pourront concerner la phase de diagnostic et l’élaboration du plan d’actions », précise la Rue de Valois. Une fois par an, les signataires auront un temps d’échanges avec le ministère de la Culture sur l’application de la charte et la valorisation des « actions emblématiques ».

 

Une stratégie culturelle de soutien aux organisateurs plutôt que des directives

Cédric Van StyvendaelPour le moment, c’est flou. Si la responsabilité environnementale est l’un des axes de la stratégie culturelle du Grand Lyon actée en juin 2021, il n’est pas simple d’en faire un préalable à l’organisation de festival. « Ce qui doit primer, c’est la liberté de création », insiste Cédric Van ­Styvendael, vice-président de la métropole chargé de la ­culture. Pas question, par conséquent, d’imposer un cahier des charges « vert » aux organisateurs de festivals, de mettre en place des aides bonifiées pour les bons élèves ou de contractualiser les engagements des uns ou des autres.

Dans sa stratégie, le Grand Lyon identifie trois types d’actions : l’­accompagnement, l’expérimentation et l’animation de réseaux. Autrement dit, il accepte de ne pas tenir la baguette et de se mettre au service des organisateurs. En matière de mobilité, par exemple, « on peut installer des stations mobiles de vélos en libre service pendant les festivals », illustre ­Cédric Van ­Styvendael. La métropole veut aussi soutenir financièrement les structures qui décident d’­investir ensemble dans des projets qui ont du sens. « J’ai, sur mon bureau, un dossier de deux acteurs culturels de la scène métropolitaine qui veulent créer une scène mobile autonome en énergie. Nous allons l’étudier avec beaucoup d’intérêt ! » annonce-t-il.

Elle propose enfin des outils aux grands opérateurs, en ­particulier pour les aider à construire leur bilan carbone et à imaginer eux-mêmes les solutions dont ils ont besoin. « On ne leur demande pas des résultats, mais une stratégie », résume l’élu.

Contact : Cédric Van Styvendael, 04.78.63.40.40.

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