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Démocratie participative

« Les initiatives citoyennes partent du désir des gens » – Camille Arnodin

Publié le 01/06/2022 • Par Clément Le Foll • dans : France

Mme Camille Arnaudin.
© Frédéric KLEMCZYNSKI / Divergence
Qu’est-ce qui pousse certains voisins, notamment depuis la pandémie, à prendre des initiatives pour favoriser l’entraide ? C’est à cette question que l’ethnosociologue Camille Arnodin a tenté de répondre, dans une enquête de terrain publiée en avril. Elle explique sa démarche à « La Gazette ».

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Qu’est-ce qui pousse certains voisins, notamment depuis la pandémie, à prendre des initiatives pour favoriser l’entraide ? C’est à cette question que l’ethnosociologue Camille Arnodin a tenté de répondre, dans une enquête de terrain publiée en avril. A l’origine de ce projet, une rencontre, début 2020, avec Stéphane Vincent, le délégué général de La 27Région, et Patrick Bernard, le fondateur de La République des hyper voisins, un laboratoire d’innovation sociale installé dans le 14arrondissement parisien. Les discussions sont centrées sur la volonté de documenter la genèse des initiatives citoyennes, dont on connaît l’intérêt en matière de liens et de bien-être, mais peu les coulisses.

Après cette phase de réflexion, les choses s’accélèrent en mai 2021. Désireuse de lancer une enquête autour de la convivialité et de la solidarité de proximité, la mission « résilience » de la ville de Paris se montre intéressée par les recherches du trio. Grâce à un partenariat signé entre eux, Camille­ ­Arnodin commence cette enquête sur les coulisses des initiatives citoyennes. Pendant plusieurs mois, elle interroge des dizaines de citoyens impliqués ou porteurs de projet au sein des associations parisiennes Quartier de soleil, Saint-Yves nouvelle et La République des hyper voisins. Pour construire ce travail, elle participe également à des réunions et collecte des informations sur leurs conversations sur les réseaux sociaux.

Cette action n’est que la première étape d’une série d’enquêtes menées sur des terrains métropolitains et franciliens autour des mécanismes à l’œuvre dans les initiatives citoyennes, dont les conclusions devraient être publiées en 2023.

Pourquoi vous êtes-vous focalisée sur trois initiatives et quelles différences avez-vous observées entre ces processus qui partent des habitants et ceux lancés par les collectivités ?

Etudier une initiative dans un quartier prioritaire de la politique de la ville et une lancée pendant le confinement était une volonté de la mission « résilience » de la ville de Paris. Outre La République des hyper voisins, j’ai donc travaillé sur l’association Quartier de soleil, dans le 17arrondissement, qui développe du lien social et de la solidarité entre les habitants, et l’Asyn, située dans une résidence du 14e, pour recréer la solidarité et la convivialité d’antan au sein de la Cité du souvenir, créée dans les années 20 par l’abbé Keller.

Ce que j’ai constaté, c’est que les gens ne sont pas forcément motivés pour candidater aux budgets participatifs ou se joindre aux conseils de quartier et citoyens. Emotionnellement, cela ne crée pas grand-chose. Ce sont donc souvent les mêmes individus qui y prennent part. Contrairement aux dispositifs participatifs, les initiatives citoyennes partent du désir des gens : un repas partagé, une fête entre ­voisins… Ils s’impliquent dans un événement qui les motive. Cela favorise le faire-ensemble, la rencontre. Cela se ressent dans les échanges sur les réseaux sociaux.

Les questions, les services demandés sont très larges : « est-ce que vous connaissez une femme de ménage ? », « j’ai besoin d’un médecin, d’un ouvrier »… mais pas que. Dans la discussion de La République des hyper voisins, une professeure de troisième travaillant avec des mineurs isolés sans stage a demandé si des gens ne pourraient pas les prendre dans leur entreprise.

Votre enquête se focalise notamment sur l’aspect logistique, l’importance de l’organisation de ces réseaux citoyens. Pourquoi ?

Il s’agit d’un facteur clé de leur réussite, mais cela fonctionne au cas par cas. Pour faire ensemble, il faut un lieu, ce n’est pas toujours évident, surtout dans une ville comme Paris où les gens ont souvent de petits appartements. Il y a également les cafés et les restaurants, investis, par exemple, par La République des hyper voisins, mais il faut payer et ce n’est pas toujours possible pour des personnes modestes.

L’étude montre par exemple que l’acquisition d’un local Paris Habitat a été ­déterminante pour l’association Quartier de soleil, et la possible utilisation de la salle commune de la Cité du souvenir est un projet important pour l’Asyn. L’occupation de l’espace public ou des espaces communs pour organiser des événements est par ailleurs déterminante, soulignant le rôle « autorisant » ou non des collectivités et des bailleurs. Les mairies du 14e et du 17e se montrent très aidantes envers ces initiatives citoyennes.

Quel rôle les collectivités jouent-elles dans cette organisation ?

Les maires et les services de la municipalité jouent un rôle de facilitateur essentiel dans ces démarches, qu’elles soient en cours de structuration ou lancées. Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, les équipes de développement local peuvent outiller petit à petit les porteurs de projet de ces initiatives et aider à transporter du matériel pour un repas partagé dans l’espace public. Elles apprennent à faire de façon autonome, par exemple organiser une sortie avec des habitants. Elles peuvent aussi aider à l’émancipation des femmes de ces quartiers, qui ont un espace physique et symbolique pour s’exprimer.

Dans le 17arrondissement, l’équipe de développement local travaille avec les gardiens de certains immeubles, qui font remonter les envies des habitants, comme lorsqu’un citoyen veut organiser une galette des rois pour la résidence grâce au fonds de participation des habitants. Ces actions peuvent contribuer à l’enca­pacitation des personnes accompagnées par les institutions.

Pourquoi ces dispositifs d’entraide sont-ils importants pour les citoyens ?

Cela permet aux voisins de se connaître mieux, d’instaurer un climat plus convivial, d’avoir confiance. Selon les quartiers et les types de populations, les gens ont plus ou moins besoin d’aide ou de se connaître davantage. Cette entraide a montré son intérêt durant le Covid-19, notamment chez les personnes âgées isolées, qui n’osent pas toujours aller voir leurs voisins pour demander un service. Mais aussi dans des grandes villes comme Paris, où les gens n’ont pas forcément grandi dans le quartier et ne connaissent personne.

Les services sont plus ou moins grands : donner des cours du soir comme monter un pack d’eau, mais, comme certains me l’ont dit, c’est de l’entraide joyeuse. Je trouve que ce terme résume parfaitement le cœur de ces initiatives. Peu importe l’ampleur du service, cela fait du bien, on se sent moins seul. Les membres de l’association Quartier de soleil ont, par exemple, récolté de l’argent pour une mère dont l’enfant était décédé. Ce sont des initiatives que ne peuvent pas facilement prendre des associations plus instituées ou des centres sociaux, mais qui font la différence dans des périodes difficiles.

L’autre grand enseignement, c’est qu’il faut oser ! Les citoyens à l’origine de ces actions se sont lancés, ils ont imaginé un projet pour créer du lien avec leur voisinage. Ce n’est pas toujours évident quand on a un travail à côté et que l’on ne sait pas comment vont ­réagir les voisins.

 

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