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[OPINION] Services publics

La gratuité, une imposture ?

Publié le 30/05/2022 • Par Auteur associé • dans : France, Opinions

services publics
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Quelle valeur attribue-t-on au « gratuit » ? Quel respect éprouve-t-on face à un service ou un bien si l’on ne contribue pas, ne serait-ce qu’un peu ? Les deux acceptions de la gratuité, « fait ou donné sans contrepartie » comme « caractère de ce qui ne sert à rien », s’inscrivent déjà dans une ambivalence.

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Stéphanie Karcher

Stéphanie Karcher

professeure agrégée d’économie et première adjointe au maire de Crest (8 700 hab., Drôme)

Quelle valeur attribue-t-on au « gratuit » ? Quel sens donne-t-on à nos actes de consommation quand ils ne sont pas liés à contrepartie ? Quel respect éprouve-t-on face à un service ou un bien si l’on ne contribue pas, ne serait-ce qu’un peu ? La valeur est l’étendue du soi. Le slogan iconique de L’Oréal, « Parce que vous le valez bien » (2004), qui avait comme version originelle « Parce que je le vaux bien » (1972), en est une illustration. Les deux acceptions de la gratuité, « fait ou donné sans contrepartie » comme « caractère de ce qui ne sert à rien », s’inscrivent déjà dans une ambivalence.

La dématérialisation progressive dans laquelle est entrée l’économie de la santé déresponsabilise. L’école, réputée à tort pour être gratuite, est une affirmation fallacieuse qui la dessert. Les politiques incitatives créent des effets d’aubaine. Les transports gratuits, quant à eux, portent leurs lots de controverses, notamment sur le plan écologique. La loi « Egalim » (1), en dehors de ses écueils, a tout simplement interdit d’utiliser le terme « gratuit » dans le cadre de la promotion des ventes des produits alimentaires. Un distributeur ne peut donc plus arguer le funeste « un acheté = un gratuit ».

Entre enthousiasme populaire, électoralisme et démagogie, ces pratiques portant en étendard la gratuité ont un corollaire dont on doit mesurer la portée. De nouvelles attentes et de nouvelles offres apparaissent. La sémantique suit : « gratuivore », « freemium » font leur apparition. Ces comportements individuels et/ou collectifs sont-ils souhaitables, soutenables ? Le gratuit finit par être traité avec de piètres égards, voire avec mépris. La gratuité, dans ses effets pervers, a sa part de responsabilité dans la dette de demain.

Désillusions

L’absence ou le manque de relation entre le prix d’un bien ou service, déconnecté de sa réalité avec celui qui en bénéficie, crée plusieurs biais : celui de l’aléa moral, celui d’une infantilisation, et donc d’une déresponsabilisation ainsi qu’une dépréciation de la perception de la valeur menant à une déflation, à une surconsommation et à la spoliation des ressources.

Par ailleurs, lors des dispositifs incitatifs, la part du prix supportée ou remboursée par un tiers doit être communiquée, expliquée et réintroduite à sa juste valeur pour lutter contre les effets inflationnistes générés et les effets d’aubaine où les lois du marché ne sont plus opérantes.

A défaut d’un prix, les offres ont un coût, et faire croire aux consommateurs ou aux usagers que la gratuité est un modèle économique alternatif est une imposture qui, par définition, tend à tromper. En user, voire en abuser, crée les désillusions de demain. Réhabiliter la valeur (économique, fonctionnelle comme symbolique) et s’inscrire dans une sobriété des moyens et des ressources sont deux axes plus sincères, plus éthiques et moins dommageables que de prôner une pseudo-gratuité.

Avant de se lancer dans la gratuité, les leaders d’opinion, élus comme décideurs économiques, ne devraient-ils pas s’interroger sur le bien-fondé d’une telle décision ? Promouvoir de la valeur plutôt qu’un prix : un autre regard pour notre monde de demain.

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Note 01 Loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018. Retour au texte

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Commentaires

La gratuité, une imposture ?

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baclad

31/05/2022 08h03

La gratuité ne cesse de s’étendre et le financement des services et biens est assuré par une minorité. Tout le monde profite des services publics, des routes, des équipements publics … mais combien sont assujettis à l’impôt sur le revenu ou aux impôts locaux. Et pourtant l’obligation de payer ses impôts a été proclamée par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 : « Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés » (article 13).

GROUCHO

31/05/2022 11h10

Stéphanie Karcher a raison en affirmant que rien n’est gratuit, que tout a un coût. Si quelqu’un ne paye pas un produit, quelqu’un d’autre en assume le prix.

Ces réflexions nous amènent donc à nous interroger sur l’action sociale portée aussi bien par les collectivités que par les associations.
Certaines collectivités ont ainsi décidé de rendre gratuit le repas pris à l’école pour les enfants de parents les plus démunis, voire de donner des tickets (gratuits) pour l’achat de biens de consommation.
Des associations comme les restos du cœur remettent des denrées alimentaires aux plus démunis, sans contrepartie.

Faut-il remettre en cause ces mesures qui par ailleurs ne font l’objet d’aucune évaluation financière?

Catherine

01/06/2022 12h28

Bravo pour ce bel article; je suis d’accord avec vous !
C’est vrai qu’en matière d’école gratuite, j’ai entendu récemment un jeune réclamer à être payé pour aller à l’école; sans parler des écoles privées qui répondent à une vision parfois méprisante des parents envers l’école publique gratuite où leurs bambins vont être en contact avec le peuple (j’ai eu la chance d’étudier en école privée mais j’ai voulu que mes enfants aillent dans le public où se trouvent les vrais gens)
en matière de santé, des gens consomment parfois à outrance en demandant d’autres avis, alors que d’autres n’ont même plus de médecin
en matière de transport, les bus gratuits de Compiègne entraînent un désamour par snobisme des plus riches qui utilisent leur voiture, même lorsqu’ils ont un arrêt de bus devant chez eux: la voiture restant le standard absolu tandis qu’est attaché l’étiquette « pauvreté, misère » aux bus gratuits
je vous renvoie à l’article d’Alexandre Reichart dans le mag alternatives économiques de Mai 2022 : page 76 :
Biens atypiques : pourquoi choisit-on de payer plus cher ?
Le prix élevé d’un bien ne décourage pas de le consommer davantage. Cette étrangeté économique a été mise en évidence par Robert GIFFEN, George AKERLOF et Thorstein Veblen
Mais vous êtes prof agrégée d’économie donc vous connaissez tout ça mieux que moi. Encore bravo. Il faut faire bouger les lignes vers la sobriété, changer de paradigme…

Al

06/06/2022 05h42

A dunkerque le bus gratuit est plébiscité. C’est record sur record de fréquentation depuis son lancement. La mixité sociale c’est un ensemble de politiques imbriquées. La gratuité peut être une brique mais c’est pas suffisant.

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