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[Entretien] Société numérique

Prospective numérique : « Les collectivités ont été les meilleures complices » – J.-F. Marchandise, Fing

Publié le 13/05/2022 • Par Laura Fernandez Rodriguez • dans : France

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Fotolia Sashkin
L’Association pour la fondation d'un internet nouvelle génération (Fing), née en 2000, a annoncé « la fin de son aventure » en avril 2022. L’occasion de revenir sur le parcours prolifique de l'association, notamment avec les collectivités, avec Jacques-François Marchandise, cofondateur de la structure.

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Vous avez annoncé la fin de l’aventure « Fing ». Comment résumer votre ambition initiale ?

Nous avions vraiment une focale d’anticipation collective, nous débutions tous sur l’internet et l’essor du numérique, un sujet sur lequel, bien souvent, les consultants faisaient les questions et les réponses ! Nous avons senti le besoin d’un espace collectif où se poser des questions ensemble, mûrir les réflexions sur la montée de la société de l’information, les technologies…

Il y avait déjà une dimension éthique ?

Initialement, on n’en parlait pas vraiment comme ça. A cette époque, le secteur était vraiment gouverné par une vision industrielle, il y avait du numérique à vendre, sans se poser la question de l’usage. C’était d’ailleurs l’un de nos axes : dire qu’il fallait aller vers une logique d’usage, et non une logique de l’offre.

Pour décloisonner, vous avez mis des gens d’horizons très divers autour de la table…

En effet, on trouvait que les collectivités étaient entre elles, les industriels entre eux, les start-up, les lobbys, etc. Dès le départ, il nous a semblé important que des gens qui ne se ressemblent pas puissent se rencontrer, s’apporter, pour faire de la fertilisation croisée ; par exemple que le monde de l’éducation puisse apporter aux urbanistes, le monde du commerce aux acteurs de la mobilité, etc.  Notre principe était simplement l’adhésion à des standards ouverts de l’internet : toutes nos productions sont en licence libre.

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Quelle a été la trajectoire des collectivités dans la vie de votre association ?

Au départ, nos adhérents étaient aussi bien des entreprises que des laboratoires de recherche ou des ministères… puis, des collectivités. C’est au moment où l’Etat s’est franchement désengagé du numérique que les collectivités ont pris le relai : le Limousin et le Nord-Pas-de-Calais ont été nos deux premiers adhérents territoriaux.

Globalement, les territoires ont montré plus d’appétit pour des visions d’avenir et de long terme que n’en ont montré la plupart des acteurs de l’Etat. Pour nous, elles étaient les meilleures complices à l’échelle des territoires avec une aire de jeux aussi plus appliquée. Il était important d’avoir du terrain sous les pieds et de ne pas être hors sol. Dès lors qu’on parle d’usages, il vaut mieux partir du terrain que du concept.

Vous avez donc eu rapidement une fibre territoriale ?

Je dirais au bout d’un an ou deux. Au départ, ce qui nous a le plus occupés, c’était les questions criantes du début des années 2000 : la couverture territoriale, les usages ruraux. On coécrivait des appels à projets avec la Datar, on réfléchissait aux usages en zones enclavées. On a vite amené le sujet des usages et de l’appropriation.

En 2001, on n’appelait pas encore ça « inclusion numérique », mais on critiquait déjà la notion de « fracture numérique » qui nous semblait trop simpliste.

Après ça, les collectivités ont commencé à s’intéresser à nous et nous à elles, car on s’est rendu compte que ça pouvait être le bon endroit. On disait : « l’usager est toujours local ». On a progressivement réalisé aussi que les collectivités avaient des stratégies numériques beaucoup plus construites et offensives que l’Etat sur nombre de sujets.

Vous avez eu des collectivités compagnons de route dès le début ?

Dès 2003 et pendant quinze ans nous avons par exemple eu en compagnon de route la région Paca. Nous avions des échanges très bilatéraux, ils se sont nourris de nos travaux pour leur conception du développement économique, de l’aménagement du territoire, de l’inclusion, leur stratégie d’innovation, et cela nous a aidé d’avoir un tel complice au long cours.

Un autre soutien constant a été celui de la Caisse des dépôts, qui nous a permis d’avoir, plusieurs années durant, une activité prospective dense. L’approche n’était pas d’être rentables et de devoir fournir des livrables, mais de faire notre travail. Et ils en ont retiré une valeur d’usage pour leurs propres travaux.

Nous sommes aussi passés d’une focale très rurale à une focale territoriale au sens large, et des régions aux villes : c’est à partir de 2005-2006 qu’on a commencé à se pencher sur les villes et ce qui allait être les « smart cities », avec un premier programme Villes 2.0. C’est de là qu’est sortie une grande partie de notre travail sur les données.

Dans la foulée, la métropole de Rennes, un acteur très fidèle, s’est appuyée sur nos travaux pour être le premier acteur urbain à ouvrir ses données publiques. C’était le début de l’open data… Ce qui nous a amené à nous pencher sur la culture de la donnée, et sur la data litteracy, le développement des fablabs, dont certains ont essaimé dans les territoires, comme la Turbine à Grenoble.

Ce qui a aussi amené à un autre gros chantier : le self data territorial…

Oui, toute la montée en charge de la problématique des données personnelles, et du rôle de l’acteur public territorial pour poser un cadre de confiance et de gouvernance. Nous avons travaillé avec les métropoles de Nantes, Lyon, La Rochelle… Ce qui produit encore des ramifications aujourd’hui, comme le projet Rudi à Rennes, un projet avec les données de mobilité à La Rochelle, ou le projet de coffre-fort numérique « Mes papiers » à Lyon…

Il y a aussi eu le volet démocratique…

On ne parlait pas encore de « civic tech » à l’époque, mais nous avons énormément défriché ce champ, par exemple avec le programme Innovations démocraTIC, monté avec l’aide de la région Ile-de-France, la ville de Paris, l’Essonne, le Val-de-Marne, la Seine-Saint-Denis, qui était un banc d’essai de ce qui pouvait se faire en matière d’usages démocratiques par les collectivités.

La région Nord-Pas-de-Calais a aussi beaucoup travaillé sur ces questions. Nous sommes nous-mêmes revenus sur ces sujets avec le programme Reset qui comportait une coalition pour un numérique au service de la qualité démocratique, un sujet qui a intéressé Nantes métropole, la région Centre – Val de Loire…

Le Covid est passé par là… Quelle incidence cela a eu pour vous ?

Nous avions construit en 2019 une édition autour du numérique confronté aux risques et aux catastrophes… Nous étions partis sur un risque climatique, puis la pandémie mondiale est arrivée… Et nous avons élargi le champ. Rouen, qui se posait des questions post-Lubrizol, a été un partenaire très actif. L’Inet et le CNFPT nous ont aussi sollicités sur des Retex territoriaux interprétés à chaud par des chercheurs issus de différentes disciplines, dans le cadre de la « riposte créative territoriale ».

Et il y a bien sûr aussi la question environnementale ?

Oui, ça rejoint le programme Transition au carré qu’on a mené de 2015 à 2020, et dont l’Ademe a été un partenaire fidèle. Nous avons conçu un kit « agir local » dont je me sers encore aujourd’hui, et un guide méthodologique pour aider les acteurs du numérique et de l’environnement dans les territoires à travailler ensemble –  nous nous en sommes servi dans le cadre de Reset pour rendre actionnables les données environnementales par les acteurs des territoires.

La région Centre – Val de Loire, la métropole de Lyon, Lille, étaient très intéressées, et j’espère que cela continuera car on a identifié énormément de cas d’usages autour des données environnementales. Il n’y a plus qu’à !

Dans le fond, vous avez un rapport décentralisé à l’innovation ?

On pourrait dire acentré, multipolaire, assez fidèle à la géographie d’internet à ses débuts ! Et nous avons une conception des territoires plus large qu’une forme institutionnelle, mais aussi avec l’ensemble des acteurs porteurs de dynamiques : les réseaux de fablabs, la Turbine que j’ai citée, Ping à Nantes, etc.

A l’heure du bilan, avez-vous constaté des changement dans les postures, dans les imaginaires, dans notre rapport au numérique ?

Dans la période récente, nous sommes vraiment très contents de voir que des sujets que nous avions poussé en 2018-2019 ont été adoptés par les collectivités. On perçoit bien aujourd’hui qu’il faut choisir quel numérique on veut, ce qui est souhaitable, tous les enjeux éthiques, sociaux, environnementaux… C’est une posture politique devenue nécessaire.

Il y a eu une bascule : on est passé de l’offre et ce qui devait se vendre aux usagers à une politisation et une prise en compte plus forte de l’intérêt général. La doxa n’est plus : allons au tout numérique. Le tout numérique n’est plus synonyme de modernité. On comprend qu’il y a des choix à faire et que l’acteur public pèse lourd. Côté numérique responsable, il y a eu des prises de position fortes de la part de la Bretagne et La Rochelle, par exemple.

Pourquoi est-ce « la fin » ? Dans votre communiqué, vous évoquez les difficultés financières. Est-ce la seule raison ?

Il y a, je pense, une question de cycle de vie de l’organisation, dont on n’aurait jamais pensé qu’elle vive si longtemps ! On a créé la Fing dans un monde où le numérique n’était pas du tout ce qu’il est aujourd’hui. Il y a quelque chose d’une logique d’usure, une érosion de la coquille juridique de l’association.

Par ailleurs, plus personne ne sait financer du long termisme. Dont acte ! Aujourd’hui, nous sommes dans une logique de livrables à très court terme, dans laquelle il est compliqué de faire entendre des approches plus longues. Il faut avoir une capacité à répondre à mille appels à projets. On n’a peut-être pas su être des « chasseurs de prime », mais on finissait pas consacrer plus de temps à chercher de l’argent qu’à produire et c’est malsain.

Le Covid est aussi arrivé pile après le lancement de Reset, ce qui nous a mis un an dans la vue qu’il a bien fallu financer. Aujourd’hui, on voyait qu’une partie des financements qu’on pouvait réussir à lever allait servir à payer le passé, c’est une mauvaise façon de faire.

Il y a une incapacité à faire vivre des communs sur le long terme ?

On nous a dit « faites payer vos travaux », mais nous voulions que ce soit librement accessible, réutilisable, améliorable, par des tiers, on a fait travailler des gens ensemble pour décloisonner des mondes… A partir de là, il fallait que ce soit des communs.

Comment voyez-vous la suite pour vous personnellement ?

J’ai l’intention de continuer à creuser la question du numérique capacitant, qui développe le pouvoir d’agir, qui émancipe, qui est choisi, identifier comment aller dans le sens du bien commun. J’essaierai de trouver des formes multiples pour continuer dans cette voie-là.

Quid de la conservation de toute cette production, ce patrimoine ?

Nous avons deux enjeux pour l’avenir : les communs et la communauté. Comment arriver à maintenir un collectif capable de prendre soin de ce qu’on a produit ensemble ? Et prendre des précautions en termes d’hébergements pour avoir des ressources bien archivées, pérennes.

La force du libre c’est de rendre ces contenus enseignables et de continuer à fabriquer les épisodes suivants. La bonne nouvelle, c’est que la Fing a fait pas mal de bébés : associations, structures, collectifs, qui pourraient construire une forme de pérennité. Cela ne doit pas être un musée : il n’y aura de valeur que dans une valeur d’usage !

Certaines collectivités ont, je pense, envie de poursuivre ce sur quoi nous avons travaillé. Ce qui nous aidera, c’est qu’elles le fassent dans les règles proposées, en mettant au pot commun, dans l’esprit d’une communauté ouverte qui prône la mutualisation et les communs.

En tout cas, nous avons senti un élan incroyable de soutien, y compris de la part de la territoriale, et nous en sommes très reconnaissants, surtout de voir que les gens célèbrent ce qu’ils ont appris, ce qu’ils vont conserver en eux et dans leurs organisations.

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