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Aménagement

La reconversion des friches industrielles, quel chantier !

Publié le 24/05/2022 • Par Sophie Le Renard • dans : France, Innovations et Territoires

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C. Herbaux
Les collectivités doivent gérer des friches industrielles, aux sols pollués et bâtiments dégradés. Elles constituent ainsi du foncier disponible pour réaliser des projets. La transformation de ces friches s’inscrit dans la volonté de sobriété foncière des collectivités. Ce sont des opportunités pour sortir des opérations sans extension urbaine. Les collectivités, l’Ademe, l’Agence nationale de la cohésion des territoires et la Banque des territoires sont autant d’acteurs accompagnant ces reconversions.

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En matière de friches industrielles, les contraintes en vue de leur reconversion sont nombreuses. C’est peu de le dire… Abandonnés parfois depuis des années, ces sites abritent « des sols pollués, de la présence d’amiante, de peinture au plomb dans les bâtiments anciens. N’étant plus adaptés aux usages, ils sont parfois dans un état de délabrement avancé, nécessitant des mises en conformité importantes, notamment par rapport à la performance énergétique », détaille ­Laurent ­Chateau de l’Agence de la transition écologique (­Ademe). Ces caractéristiques jouent sur les équilibres financiers ainsi que sur les délais de sortie des projets.

Des travaux de dépollution importants

Bien avant les moyens fournis dans le cadre du fonds « friches » gouvernemental, initié dans celui de ­France Relance et qui est aujourd’hui pérennisé, des collectivités se sont emparées de la question de la transformation des friches industrielles. Les opérations s’inscrivent dans les schémas de cohérence territoriale (Scot) ainsi que dans les plans locaux d’urbanisme intercommunaux, comme c’est le cas à la communauté d’­agglomération du Grand ­Angoulême (38 communes, 142 000 hab.). Pour lutter contre l’artificialisation des sols, vingt fois plus rapide que l’accroissement démographique entre 2012 et 2017, elle a prévu de recenser l’ensemble des friches de son territoire.

« Nous avons mobilisé, en 2019, une personne pendant une année pour réaliser ce travail. Grâce à des données en open data, des vues aériennes mais aussi une confirmation des communes en cas de doute, nous avons pu repérer différents types de vacances, résidentielles, commerciales, agricoles ou d’activités industrielles », rapporte ­Pascal ­Monier, conseiller communautaire délégué chargé du développement durable du territoire. Ainsi, 1 200 friches ont été identifiées par typologie. L’­objectif est d’en recycler une sur cinq, soit 450 hectares. Pour les projets les plus ­complexes, l’Agence nationale de la cohésion des territoires et la Banque des territoires ont été sollicitées afin de financer un assistant à maîtrise d’ouvrage. Cette démarche est en cours.

A ­Anet, (2 800 hab., ­Eure-et-Loir), l’enjeu est la ­reconversion d’une ancienne usine de fabrication de boîtes métalliques et d’impression de feuilles de métal, située en centre-ville. Depuis 1890, l’­entreprise ­Boudeville-et-­Fontaine fait partie de l’histoire de la commune. Elle est aujourd’hui déplacée dans la zone d’activités en périphérie. Pollution des sols, avec présence d’hydrocarbures, de plomb et d’amiante, ce site de 4 000 mètres carrés, dont 1 500 de bâtiment, a nécessité d’importants travaux de dépollution. Lauréate de l’appel à projets de l’­Ademe sur la ­reconversion des friches en 2020, la ville d’­Anet a aussi bénéficié de subventions dans le cadre du programme ­Petites villes de demain.

Cette ­reconversion répond à plusieurs enjeux : redynamiser le centre-ville avec la construction d’une vingtaine de logements, de commerces dans une halle dédiée ; créer une nouvelle centralité ; aménager les espaces publics et offrir plus de stationnements. Afin d’équilibrer cette opération ­complexe, la ville a cédé une partie des terrains à un aménageur privé local.

Un parc plutôt qu’un palais des congrès

Pour la ­reconversion de l’ancienne cimenterie ­Lafarge, ­composée d’une carrière d’extraction au bord de l’étang de ­Thau et de bâtiments industriels, ­Sète agglopôle ­Méditerranée est le seul opérateur. « L’idée de départ était de ­construire un grand équipement de type “palais des congrès”, relate Jean-­Jacques ­Taillade, directeur général délégué de l’agglomération. Nous souhaitions que la population locale puisse s’approprier de cette façon cette grande aire urbaine qui compte 80 000 habitants. »

Mais, après une ­concertation et les élections municipales, le projet a changé : « Nous allons aménager un grand parc à vocation de nature avec des circuits vélo, course à pied, balade… Nous sommes en train de travailler pour conserver certains bâtiments qui devaient être démolis lors du premier projet. » Jean-­Jacques ­Taillade table sur ces orientations ­revisitées pour engager un nouveau dialogue avec la région ­Occitanie, en vue d’une contractualisation. « Le Scot est en cours de révision, avec des objectifs très restrictifs en matière d’utilisation du foncier », précise-t-il.

Les collectivités locales concernées sollicitent souvent les sociétés d’économie mixte de leur territoire dans le cadre de traités de ­concession d’aménagement. Ainsi, la métropole européenne de ­Lille (95 communes, 1,17 million d’hab.) a confié l’aménagement de la friche Fives Cail, d’une superficie de 25 hectares et située dans un quartier populaire, à la ­Soreli. Avec de grands enjeux de dépollution, près de 10 hectares ont déjà été aménagés. Au programme : des logements, la création d’un cheminement traversant le quartier et des équipements autour de l’alimentation avec food court, lycée hôtelier… Fort de ces réalisations, des investisseurs privés sont attendus (et espérés) pour la ­reconversion des 15 hectares encore en friche.

La vocation d’un site peut être conservée

Mais les sites industriels doivent-ils toujours changer de destination ? La majorité écologiste actuelle de la métropole de Lyon (59 communes, 1,41 million d’hab.), comme la précédente, ont voulu que, sur le site des anciennes usines ­Bosch, liquidées en 2017, s’installent des entreprises ayant la même vocation. Le projet « usin » est donc né, son montage­ a été acté fin 2020. Un délai assez court qui s’explique par le peu de ­contraintes liées à la dépollution. « Nous sommes sur la commune de ­Vénissieux, qui est une terre d’­industrie. Le lieu est bien des­servi par le tram, le métro, avec un accès poids lourds, à proximité d’un lycée professionnel et de logements sociaux. Dix industries sont déjà installées, dont un producteur de chaudières bas carbone. Quinze autres sont attendues, avec la construction de 30 000 mètres carrés d’activités, d’ici à 2025 », explique ­Emeline ­Baume, vice-présidente de la métropole.

La politique du zéro artificialisation nette, qui doit s’appliquer à l’échéance 2050, va renforcer la prise en ­compte des friches, en ­particulier industrielles. Mais toutes les entreprises ne sont pas prêtes à céder leur foncier aux collectivités. « Elles ont souvent une autre logique, ce n’est pas un réflexe naturel, prévient ­Anne ­Vigne, chargée de mission au sein du Plan urbanisme construction architecture. Il faut vraiment considérer que les entreprises ont un ­attachement à leur territoire, qui ne va pas dans le sens de ­possibles ­reconversions de friches. Et surtout, pour quels projets ? » Utiliser les friches nécessite de trouver de nouveaux programmes à réaliser. « Les projets mixtes, avec des logements et du tertiaire, vont être difficiles à sortir, car le bureau, c’est fini ! » ajoute-t-elle. ­Pascal ­Monier, du Grand Angoulême, s’interroge aussi sur un modèle économique spécifique qui resterait à inventer. « Il faut un regard nouveau, assure-t-il. Mais il faut aussi se ­constituer des réserves foncières pour avoir des marges de manœuvre en cas d’un emballement du prix du foncier. »

« Le plan de relance est venu renforcer les aides financières »

Laurent ChateauLaurent Chateau, direction « villes et territoires durables » de l’Ademe

« L’Ademe intervient en soutien préalable, en prenant en compte les risques de pollution dans les projets de ­reconversion de friches industrielles. Ces éléments peuvent être intégrés aux ­documents d’urbanisme. Le plan de relance est venu renforcer les aides financières dans le cadre d’appels à projets. Les financements portent sur la réalisation d’études pour les porteurs de projets, collectivités, EPF [établissements publics fonciers], acteurs privés industriels ou aménageurs. Pour que les projets sortent, il faut de la visibilité et de la constance dans les dispositifs d’aides. Les collectivités doivent prendre en ­compte leurs impacts positifs, comme la limitation de l’extension urbaine. »

 

« Nous devons trouver les bons leviers pour que les propriétaires finissent par vendre »

Jean-Jacques TailladeJean-Jacques Taillade, directeur général délégué à Sète agglopôle Méditerranée (14 communes, 128 000 hab.)

« La transformation des friches industrielles est le sujet le plus important de notre territoire, qui en possède un grand nombre : portuaires, site SNCF, ­Lafarge… Toutes abandonnées. La ­reconquête des friches, qui se manage au niveau de l’agglomération, nécessite des calendriers réalistes. Pour réussir cette planification, nous avons mis en place un comité de pilotage sur ce sujet avec l’établissement public foncier, la région et le préfet. Nous aurons une vision claire fin 2022.

Les propriétaires de friches polluées, surtout ceux qui disposent d’un foncier important, ne sont pas toujours enclins à les céder. Nous devons trouver les bons leviers pour que ces industriels finissent par les vendre. Comme avec la SNCF, où une discussion est en cours pour l’acqui­sition ou non d’un site dans le secteur nord. Elle peut aussi le garder et faire intervenir son propre opérateur immobilier. »

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