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Election présidentielle

« Mon village vote RN » : paroles de maires

Publié le 04/05/2022 • Par Mathilde Elie • dans : A la une, France

Michel Fournier, maire des Voivres (Vosges) et président de l'Association des maires ruraux de France
Michel Fournier, maire des Voivres (Vosges) et président de l'Association des maires ruraux de France Twitter AMRF
Après la stupéfaction des résultats parfois très hauts pour le Rassemblement national dans leur village, les élus ruraux tentent de trouver des explications. Témoignages de maires dont les habitants ont fait le choix du vote extrême.

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70,52 % aux Voivres (Vosges), 51,83 % à Saint-Rome-de-Cernon (Aveyron), 54,31 % au Favril (Eure-et-Loire), 59,32 % à Fercé-sur-Sarthe (Sarthe), 64,28 % à La Roquebrussanne (Var)… Dans de nombreuses communes rurales, les habitants ont voté, en majorité, pour le Rassemblement national. Au niveau national, 45 % des voix de Marine Le Pen viennent de communes rurales, contre 32 % pour Emmanuel Macron.

« Il y a un effet de composition socioprofessionnelle, explique Violaine Girard, maître de conférences en sociologie à l’université de Rouen-Normandie et auteure du livre “Le vote FN au village : trajectoires de ménages populaires du périurbain” (1). C’est-à-dire que, dans les zones rurales, il y a une proportion de catégories populaires plus élevée. Or on sait qu’il y a, chez cette partie de la population, une forme de lassitude à voir que les mesures prises ne changent pas leur quotidien. Cette déconnexion entre ce qu’ils espèrent et ce qui est mis en place engendre un important sentiment de défiance qui peut expliquer le vote extrême. »

Pour autant, nombre de spécialistes s’accordent sur le fait qu’il n’existe pas un vote des villes et un vote des champs. Celui-ci est bien plus complexe, avec des spécificités régionales marquées. Un comportement qui interpelle les élus interrogés par « La Gazette », tous sans étiquette.

Rejet d’une personnalité, en l’occurrence Emmanuel Macron, disparition de l’intérêt pour la politique et méconnaissance du fonctionnement de la démocratie, ou tout simplement vote de contestation face à la baisse du pouvoir d’achat, chacun y va de son analyse. Tous semblent inquiets pour la suite : ils dénoncent un abandon des électeurs par les partis politiques traditionnels, mais aussi un manque de culture démocratique au sein de la population.

« Je me suis demandé ce que j’avais mal fait », Michel Gros, maire de La Roquebrussanne (Var), président des maires ruraux du Var

Dans ce village de 2540 habitants, Marine Le Pen a récolté 64,28 % des voix au second tour. Il y a 423 voix d’écart avec Emmanuel Macron et 131 bulletins blancs ou nuls.

« Ma première réaction a été un fort découragement. J’ai ressenti de l’incompréhension et de la lassitude, de l’abattement, même. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit ! Je me suis demandé ce que j’avais mal fait, et à quoi cela servait de passer tant de temps dans les mairies, les instances, les organismes pour faire progresser la commune, améliorer la vie des habitants qui, ensuite, votent pour des partis politiques ou des personnes qui remettent en cause le modèle républicain. Puis j’ai compris que ce n’était sans doute pas lié à l’équipe municipale, mais plutôt à un climat national. Il y a une telle déconnexion des élites et de la haute administration qui ne nous écoute pas… Nos administrés, eux, ne prennent plus le temps de s’informer correctement et mettent tous les politiques dans le même panier. Cela les dédouane ensuite dans leurs choix. Ce manque de culture démocratique fait que les gens n’ont pas conscience de l’impact de ce genre de vote. »

« Je n’ai jamais vu un président suscitant autant de haine », Michel Fournier, maire des Voivres (Vosges), président de l’AMRF

Dans ce village de 320 habitants, Marine Le Pen a récolté 70,52 % des voix au second tour. Il y a 71 voix d’écart avec Emmanuel Macron et 26 bulletins blancs ou nuls.

« Quand on parle de la météo, on dit qu’il va faire 10° avec un ressenti de 15°. Là, c’est exactement pareil : on sait qu’il y a des problématiques liées à la ruralité, mais le ressenti est plus important que la réalité. Ici, le vote RN est assumé. Les habitants votent contre l’immigration, qu’ils n’ont pas, mais qu’ils voient ailleurs, contre la délinquance qu’ils n’ont pas non plus chez eux… Ils s’approprient ce qu’ils voient dans les médias et sur les réseaux sociaux et cela renforce le vote extrême. Lors de cette élection, le vote a aussi été contre la personne d’Emmanuel Macron. En trente ans, je n’ai jamais vu un Président suscitant autant de haine. Je pense que cela vient du fait que les gens n’arrivent pas à s’identifier à lui. Marine Le Pen, elle, a modifié son image avec laquelle les gens ont plus de facilité à s’identifier. Le climat est très dégradé dans la commune. On ne peut plus discuter de politique. Il devient difficile de faire société. Cela va être compliqué de recomposer les choses. C’était plus facile quand il y avait deux blocs : un à gauche et un à droite. »

« Il ne faut pas prendre ce résultat contre nous », John Billard, maire du Favril (Eure-et-Loire), secrétaire général de l’AMRF

Dans ce village de 352 habitants, Marine Le Pen a récolté 54,31 % des voix au second tour. Il y a 17 voix d’écart avec Emmanuel Macron et 15 bulletins blancs ou nuls.

« Je rejette l’amalgame qui pourrait être fait entre une ruralité qui vote extrême droite et les villes qui sont macronistes. J’entends des collègues dire qu’ils sont honteux de ce résultat. Mais nous n’avons pas à culpabiliser. On fait le maximum pour nos habitants. Ce vote est le résultat d’une conjoncture politique nationale, européenne, voire internationale qui fait que, peu importe le Président, il ne pourra pas contenter tout le monde. »

« Aujourd’hui, voter RN n’est plus un tabou », Dominique Dhumeaux, maire de Fercé-sur-Sarthe (Sarthe), 1er vice-président de l’AMRF

Dans ce village de 583 habitants, Marine Le Pen a récolté 59,32 % des voix au second tour. Il y a 60 voix d’écart avec Emmanuel Macron et 35 bulletins blancs ou nuls.

« Cela fait vingt ans que je participe au dépouillement et chaque année je vois toujours plus de bulletins Front national, et maintenant RN, dans les urnes. Mais ce qui a changé, c’est que dans notre village de 600 habitants, plutôt apaisé, voter RN est aujourd’hui devenu un marqueur. Ce n’est plus un tabou. Et cela ne présage rien de bon pour l’avenir. Pendant les quinze jours d’entre-deux tours, les discours encourageant à voter contre Marine Le Pen ont été contreproductifs. Les gens n’entendent plus quand on leur explique que le vote RN n’est pas la solution. J’ai longtemps cru qu’il était de mes prérogatives de me mobiliser contre ce vote. Désormais, je ne me sens plus du tout la capacité ni le droit de reprocher à un citoyen d’exprimer son mécontentement à travers un bulletin de vote. Il faut mettre la responsabilité sur les bonnes personnes, c’est-à-dire les politiques qui ont laissé les territoires ruraux à l’écart. Moi, je vais continuer de faire ce que je sais faire : m’occuper du village en proximité. »

« Un abandon politique des électeurs », Pierre Pantanella, maire de Saint-Rome-de-Cernon (Aveyron), président de l’Association des maires ruraux de l’Aveyron

Dans ce village de 866 habitants, Marine Le Pen a récolté 51,83 % des voix au second tour. Il y a 18 voix d’écart avec Emmanuel Macron et 70 bulletins blancs ou nuls.

« Ce vote est plus un rejet d’Emmanuel Macron qu’une adhésion au Rassemblement national. Je ne pense pas que les gens partagent les thèses d’exclusion. Ici, la problématique c’est plutôt la fin du mois, le prix de l’essence et de la nourriture qui flambent. Pour autant, cela m’attriste. Nous sommes un certain nombre d’élus à nous poser la question de comment expliquer aux gens que le RN n’est pas la solution. Aujourd’hui, il y a un abandon politique des électeurs. On voit les partis politiques uniquement lors des élections. Cela s’ajoute à une baisse de la représentation syndicale qui effectuait un travail de formation, d’éducation, et qui permettait de mieux comprendre le sens politique et la démarche démocratique. Tout ça n’y est plus. Je ne sais pas si cette responsabilité revient aux maires, mais les citoyens qui sont pour la démocratie, la laïcité, la fraternité, doivent se sentir responsables. »

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