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[ENTRETIEN] Energie

« Nous avons besoin d’une planification nationale en matière d’énergie » – Pierre Veltz

Publié le 03/05/2022 • Par Sophie Le Renard • dans : actus experts technique, France

Portrait de Pierre VELTZ, economiste, sociologue, urbaniste
Corine Brisbois/Alpaca/Andia.fr
Pierre Veltz, économiste et urbaniste, membre de l’Académie des technologies, Grand Prix de l’urbanisme 2017, tire le signal d'alarme quant aux changements profonds et imminents que la France va devoir suivre pour déployer, sur son territoire, la production d’énergies renouvelables. Entretien.

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« On va dans le mur ! » déclare Pierre Veltz quand il évoque les changements profonds et imminents que la France va devoir suivre pour déployer, sur son territoire, la production d’ENR, telles que l’éolien, le solaire et les bioénergies.
Ce chercheur, spécialiste de l’aménagement du territoire, prône une planification nationale concertée réunissant toutes les parties prenantes : l’Etat, les régions, les acteurs industriels de la filière mais aussi les opérateurs, comme EDF. Le rapport « Futurs énergétiques 2050 » de RTE, publié le 16 février, qui indique que l’électricité va devenir une source d’énergie majoritaire, a été un révélateur. La stratégie bas carbone signifie que nos infrastructures énergétiques vont devoir se redéployer, en quasi-totalité, sur le territoire national, alors qu’aujourd’hui nous n’avons que les terminaux pétroliers ou gaziers. Et l’addition des initiatives locales – installations d’éoliennes, de champs photovoltaïques ou la mobilisation d’hectares de forêts ou de végétaux pour la production de biomasse – ne suffira pas.

Fort de cette conviction, Pierre Veltz multiplie les tribunes dans la presse nationale (1) pour tirer le signal d’alarme. Il regrette que cette question n’ait pas été abordée lors des débats de l’élection présidentielle. Mais cette prise de parole commence, semble-t-il, à marquer les esprits.
« Nous avons eu beaucoup de réactions à la suite de ces tribunes parues dans la presse. Un vrai courant de pensées, qui note un déficit majeur d’organisation sur ce sujet, commence à émerger », se réjouit l’urbaniste.

En matière d’énergies renouvelables et leur déploiement dans les territoires, quel est votre constat ?

Je travaille, depuis longtemps maintenant, sur les questions d’aménagement du territoire au regard de la mutation écologique. Ce sujet va dominer les années à venir et il y a urgence à s’intéresser à ces enjeux. Les politiques n’ont pas pris conscience de ce que représente le déploiement à la bonne échelle des énergies renouvelables, l’éolien et le solaire en particulier. Une vision un peu romantique persiste sur ces énergies qui seraient avant tout très locales. Et quand des projets se mettent en place, les motivations sont court-termistes. Car ce secteur n’a jamais vraiment été géré par l’Etat avec une vision prospective.

Des financiers se sont intéressés aux ENR et on a laissé les projets se faire avec des prix incitatifs garantis. Aujourd’hui, des officines spécialisées démarchent les agriculteurs, propriétaires de terres, pour installer des éoliennes ou développer l’agrovoltaïsme. C’est une forme d’assurance retraite pour ces ruraux, mais nous ne pouvons pas continuer comme ça.

Des dispositifs de programmation nationale, comme la Stratégie nationale bas carbone et la Programmation pluriannuelle de l’énergie, mais aussi régionale, avec les schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, existent. Toutefois, la question de la territorialisation n’y est pas posée au niveau national. Le lieu d’implantation des nouvelles infrastructures doit être davantage débattu avec les collectivités, les offreurs de technologies et les utilisateurs.

Comment envisagez-vous cette planification territoriale des énergies renouvelables ?

Il existe nombre d’initiatives locales, souvent très créatives, en matière énergétique. Il ne s’agit pas de les brider. Mais elles ne suffiront pas à atteindre nos objectifs de long terme, encore moins rapidement et au moindre coût. Je ne prône pas le retour d’une planification descendante à l’ancienne, de type délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale.

L’échelon régional a un rôle essentiel à jouer. Je propose une instance politique qui serait pilotée sous l’égide du Premier ministre, ce qui permettrait de régler le problème majeur de dispersion de responsabilité entre les différents ministères. Cette instance dépendante de Matignon devrait impliquer les régions de façon collective, multilatérale, avec une vision nationale d’entrée de jeu. Aujourd’hui, les régions se positionnent en concurrence les unes envers les autres. Et Régions de France, l’association qui les regroupe, ne joue pas ce rôle collectif.

Comment faire adhérer les citoyens au déploiement des énergies renouvelables ?

Les oppositions sont devenues fortes par rapport à l’implan­tation d’éoliennes dans les territoires ruraux, mais aussi en mer. Cependant, il n’y a jamais eu de pédagogie claire sur les ENR. Des candidats à l’élection présidentielle ont prétendu vouloir supprimer les éoliennes. C’est impossible si l’on veut vraiment décarboner l’énergie.

Pour susciter l’adhésion des citoyens, les objectifs présentés nécessitent d’être clairs et fermes, et les processus et calendriers lisibles. Les émissions de gaz à effet de serre évitées doivent être mises en avant et constituer le critère principal de priorisation des actions. Cette politique est aussi utile pour mobiliser les investisseurs et les producteurs de technologies et de services. Il faut un grand deal territorial pour éviter que les habitants des zones rurales aient le sentiment qu’ils subissent les infrastructures des ENR, alors que les consommateurs sont massivement dans les grandes villes.

La planification que vous appelez de vos vœux nécessite-t-elle qu’une diversité d’acteurs puissent travailler ensemble ?

Cette planification doit s’appuyer sur une vision concertée impliquant les divers niveaux de l’organisation territoriale et tous les acteurs concernés, les collectivités, des régions aux intercommunalités, le monde agricole et industriel, ainsi que la société civile. En effet, le pilotage politique et multirégional doit intégrer les grands acteurs industriels de la filière éolienne, du solaire mais aussi les opérateurs de l’énergie, tel EDF. En matière de photovoltaïque, si nous sommes actifs sur la recherche, nous devons développer les filières industrielles.

Créer une culture partagée est important, en s’appuyant sur des forums ouverts dans lesquels les parties prenantes puissent expliciter leurs intérêts, confronter leurs points de vue. Mais inventer une planification démocratique n’est pas un défi simple. Je recommande la lecture du rapport demandé par le Premier ministre au Cese, « Acceptabilité des nouvelles infrastructures de transition énergétique : transition subie, transition choisie ? ». Les deux rapporteurs, ­Claire ­Bordenave (groupe CGT) et ­Nicolas ­Richard (groupe « Environnement et nature »), observent que « l’approche des projets est trop pointilliste », sans vision d’ensemble, au gré d’initiatives des développeurs, qui opèrent dans le cadre d’une vive concurrence. Ce rapport a d’ailleurs fait consensus au Cese.

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Notes

Note 01 « Les Echos » du 16 février 2022, « Le Monde » du 4 avril 2022. Retour au texte

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