Fonction publique

Anne-Sophie Gauquelin : impliquer les agents, ces vigies de l’espace public

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Portrait d'Anne-Sophie Gauquelin, cheffe de service propreté et rafraîchissement à Grenoble.

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Grenoble (Isère, 160 000 hab.)

Le management : pour Anne-Sophie Gauquelin, tout là. « À chaque nouveau poste que je prends, il faut tout reconstruire », constate, avec un voile de surprise et de dépit, cette ingénieure de 40 ans. Et d’enchaîner immédiatement : « mais j’adore le management. On ne valorise pas assez cette compétence ! »
Ingénieure agro de formation, elle complète son cursus à l’Engref avec un mastère sur la gestion de déchets à l’Engees de Strasbourg. Dès son premier poste, chez Suez, elle est amenée à manager une équipe. Conclusion : l’aspect économique prédomine, et les compétences en management ne sont pas suffisamment valorisées.
En 2014, elle arrive au Pays voironnais (Isère) en tant que responsable du service prévention des déchets. « J’ai été accueillie par un coach car de nombreux problèmes avaient été identifiés. Il fallait créer des procédures, développer la qualité, la sécurité, etc. » Fin 2016, elle ajoute à son périmètre le service collecte et déchèterie, soit un service de 120 agents au total. 2017 est marquée par deux accidents graves et une grève en lien avec des sujets de sécurité. « Comment laisse-t-on faire ces pratiques tant d’années ? », s’interroge-t-elle encore aujourd’hui, face à des pratiques identifiées de management destructeur. « La progression à l’ancienneté fait monter des profils qui n’ont jamais travaillé dans une autre collectivité, qui ne sont pas formés au management. J’ai passé quatre ans à tout reconstruire, en embauchant des profils plus ouverts. C’était très compliqué car il fallait parallèlement faire avancer les projets. Heureusement, les démarches d’audit sont de plus en plus courantes dans les services techniques, qui étaient un peu les laissés pour compte du management ».
En juin 2021, elle arrive sur la ville de Grenoble, à la tête du service propreté et rafraîchissement et ses 250 agents. Avec là encore, des enjeux sociétaux, techniques et réglementaires. « Il faudrait mettre les cartes sur table après l’embauche. J’ai donc fait un rapport d’étonnement. Cela a été compris, je vais monter un projet de service, avec un accompagnement ». Son credo ? « Dès la prise de poste, il faut impliquer l’agent, qu’il comprenne que son avis compte. Sinon les gens se déresponsabilisent, ils ramassent les corbeilles mais ne signalent pas le dépôt sauvage à côté. Or dans trois ans, il faudra mettre en place le tri sur l’espace public. Les agents sont les vigies de l’espace public, ils doivent remonter les informations. »
Plus de mixité serait une piste. « La mixité change tout. On se parle normalement, sans violence ». Actuellement, son service ne compte que cinq femmes sur 250 agents. « Pourquoi les femmes sont majoritaires dans les services propreté des locaux, quand dans l’espace public ce sont des hommes ? ». The question.

2007-2014 : Suez environnement.
2014-2021 : directrice du service gestion des déchets au Pays voironnais (Isère).
2016 : concours d’ingénieur territorial.
2021 : cheffe de service propreté et rafraîchissement, Grenoble.

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