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Petite enfance

La méthode « Parler bambin » a enrichi les pratiques des professionnels sur le langage

Publié le 26/04/2022 • Par Michèle Foin • dans : A la Une santé social, Actu expert santé social, Actualités Education et Vie scolaire, Innovations et Territoires

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C. Rincón / Wikimedia Commons
Déployé en 2017 dans 27 villes, évalué par un protocole scientifique durant trois ans, le programme visait à prévenir les inégalités sociales dès le plus jeune âge.Destiné à soutenir les enfants « petits parleurs », grâce à la stimulation langagière, il a finalement profité en premier lieu aux professionnels.Par des modules de formation, « Parler bambin » a fait évoluer les pratiques et rendu les crèches légitimes dans leur rôle pédagogique.

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Initiée à Grenoble par le professeur Michel Zorman de 2006 à 2008, la méthode « Parler bambin » a ­essaimé dans quelques villes de 2009 à 2014. Puis elle a reçu le soutien de la Fondation la France s’engage, qui a rendu possible son déploiement national jusqu’en 2021. « Parler bambin » porte en effet la promesse de lutter contre les inégalités sociales dès le plus jeune âge en stimulant les capacités langagières des tout-petits accueillis en crèche.

Cette méthode repose sur trois piliers : favoriser la conversation avec les enfants au quotidien, organiser des ateliers de langage deux à trois fois par semaine pour les « petits parleurs » et renforcer le dialogue avec les familles sur la question du langage.

Bilan en demi-teinte

Elle a aussi ses détracteurs parmi les professionnels de l’enfance, qui dénoncent les dangers d’une ­surstimulation des bébés et d’une stigmatisation des petits parleurs. Opposition qui a ­motivé l’évaluation rigoureuse des effets de « Parler bambin » sur le développement des enfants et l’évolution des pratiques professionnelles.

En 2015, l’Ansa, structure associative experte dans le déploiement d’innovations sociales, s’associe au J-PAL Europe, qui évalue l’impact de programmes sociaux, et au laboratoire de dynamique du langage de l’université Lyon 2. Ensemble, ils conçoivent un protocole de recherche-action inédit, déployé durant trois ans dans 94 crèches réparties sur 27 communes.

En juin 2021, les chercheurs rendent leurs conclusions. Et les résultats sont décevants : « Parler bambin » ne semble pas avoir ­d’effet sur le développement langagier des enfants. Et s’il produit un léger bénéfice à court terme en matière de confiance en soi et de relations avec les autres, cet effet ne se maintient pas à long terme.

Sur les pratiques professionnelles, en revanche, les effets sont très positifs. « Les ­professionnels de la petite enfance développent les fondations du langage, s’enthousiasme Laure Lelièvre, orthophoniste et formatrice “Parler bambin” pour l’Ansa. Cela fait peu de temps que l’on s’intéresse au développement du langage du tout-petit avant ses premiers mots, et les outils de mesure manquent encore du point de vue clinique ou de la recherche. Mais si les bases sont là, les mots viendront, même avec un décalage. »

Soutien à la parentalité

A Montpellier, l’un des enjeux de la participation au dispositif, outre la lutte contre les inégalités sociales, était de proposer aux 600 agents de la petite enfance « un programme pour réinterroger les pratiques professionnelles et développer une culture commune », témoigne Pauline­ ­Bonnefoy, directrice de la petite enfance. « L’occa­sion, aussi, de réactualiser le corpus des connaissances sur le développement des neurosciences et de questionner l’aménagement de l’espace et l’organisation des équipes pour préserver des temps individualisés avec l’enfant », ajoute-t-elle.

Samy Kefi-Jérôme, adjoint au maire chargé de la petite enfance à Saint-Etienne (173 800 hab., Loire), inscrit « Parler bambin » dans une stratégie de soutien à la parentalité. « Beaucoup de familles manquent de connaissances sur le développement de l’enfant. Dans les foyers, les écrans sont omniprésents. Le cadre national rassure les parents et permet d’entrer dans la sphère familiale sans être perçu comme intrusif. Il s’agit de se mobiliser ensemble sur le développement du langage, et non de juger leur manière d’élever leurs enfants. »

Reste que le protocole de l’évaluation a été jugé exigeant et lourd par les professionnels des crèches. « Tout est arrivé en même temps, la formation, la recherche…, se souvient Sophie Descamps, responsable du multi­accueil municipal L’Ile aux enfants à Tourcoing [98 700 hab., Nord]. Les chercheurs nous posaient régulièrement des questions, filmaient nos pratiques­. »

Aucun regret

Un cadre dont certaines collectivités se sont d’ailleurs affranchies. « Il était demandé d’identifier les enfants à besoins spécifiques pour les ateliers. Nous n’avons pas voulu opérer de sélection. Tous en ont profité », détaille ­Samy ­Kefi-Jérôme­. Quant à l’organisation des ateliers, elle ­constitue souvent un défi dans le quotidien déjà chargé d’une crèche : « Quand on manque de temps ou de ­personnel, on privilégie le ­langage au quotidien, sans organiser les ateliers », admet Sophie Descamps.

Michèle Pasteur, directrice de l’Ansa, en convient : elle ne procéderait plus actuellement de la même manière. L’évaluation est terminée, mais la dynamique se poursuit. « Aucune crèche engagée dans ce dispositif ne le regrette aujourd’hui, même au vu des résultats scientifiques. Le but de ces gestionnaires reste de soutenir le développement langagier des enfants grâce à la formation des professionnels. » Car au-delà des controverses, « Parler bambin » a effectivement le mérite d’avoir porté la question du langage sur la place publique.

Le langage restera un fil conducteur du programme éducatif global

Pauline Bonnefoy

Pauline Bonnefoy, ancienne directrice de la petite enfance

[Montpellier (Hérault) 295 600 hab.] Montpellier adopte « Parler bambin » en 2017, dans une logique de cohésion sociale et de lutte contre la pauvreté. Elle lance un appel à candidatures parmi les 30 crèches municipales. Sur les 18 qui se portent volontaires, 10 sont retenues. Cinq bénéficieront de la formation en 2017 et cinq serviront de groupe témoin. « Quelques agents sont restés réticents au dispositif, craignant une surstimulation de l’enfant. C’est un faux débat. Il s’agit d’individualiser la prise en charge de l’enfant », affirme Pauline Bonnefoy, ancienne directrice de la petite enfance, désormais directrice de l’action sociale au département du Vaucluse.

Les équipes allaient-elles pouvoir mener les ateliers pour les petits parleurs, dans un contexte de tension de l’encadrement ? « Une gageure, admet Pauline ­Bonnefoy. Certains agents avaient l’impression de stigmatiser les enfants. On a dû s’écarter du protocole. On ne pouvait pas être entièrement dans la contrainte. » Compte tenu du turnover, il n’a pas non plus été facile de répondre à l’exigence de stabilité des équipes voulue par l’évaluation. « Nous avons dû mettre en place des formations de rattrapage pour les nouveaux agents », rappelle-t-elle. Aujourd’hui, la ville s’est affranchie du cadre normatif de l’expérimentation, mais entend continuer à faire du langage un fil conducteur de son programme éducatif global, ainsi qu’un élément structurel des établissements municipaux d’accueil du jeune enfant.

Contact : direction de la petite enfance, 04.67.34.70.61.

Références

  • « Le programme “Parler bambin” : enjeux et controverses », Patrick Ben Soussan et Sylvie Rayna, Editions Erès, 2018.
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