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Attractivité

Le Havre et Dunkerque : la revanche des villes en béton armé

Publié le 15/04/2022 • Par Mathilde Elie • dans : France

Le Havre-Dunkerque version 3
DR
Entièrement détruites pendant la Seconde guerre mondiale puis victimes de la désindustrialisation, Le Havre et Dunkerque ont entamé il y a plusieurs années une véritable transformation, jusqu’à rejoindre aujourd’hui le club des villes tendances.

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A 300 kilomètres l’une de l’autre, Le Havre et Dunkerque vivent une histoire parallèle. Quasiment rasées pendant la Seconde guerre mondiale, orphelines de toute trace historique, elles ont dû vaincre le traumatisme de la reconstruction. Quelques années plus tard, celui de la désindustrialisation.

Loin de l’image de villes portuaires maussades, elles semblent aujourd’hui prendre leur revanche. Leur atmosphère particulière, faite de béton armé, leur donnent un certain charme. Mais il y a encore une trentaine d’années, celui-ci n’était pas du tout reconnu. A l’origine de ce changement de perception, des élus locaux, attachés à leurs territoires et déterminés à les faire rayonner au niveau national mais aussi international.

« Vous ne pouvez pas travailler sur l’image d’une ville si ses propres habitants n’en sont pas fiers. Le plus grand mérite d’Antoine Rufenacht, élu maire en 1995, a été de rendre aux Havrais cette fierté », souligne Jean-Baptiste Gastinne, 1er adjoint au maire du Havre, chargé de l’urbanisme et de l’environnement.

Jadis communiste, Le Havre est longtemps traité par les médias sous le prisme des grèves, des fermetures d’usines, et de l’insécurité. « La ville souffre de comparaisons peu flatteuses, qualifiée de modèle urbaniste stalinien, de mausolée français du marxisme, note Benoît Baudu, auteur d’un mémoire sur le traitement médiatique de la ville de 1987 à 2017. Mais lorsqu’Antoine Rufenacht est élu, il reprend la main sur le récit. Son arrivée marque le début d’une nouvelle ère. »

Fierté retrouvée

L’élu est ainsi à l’origine de l’inscription de la ville au patrimoine mondial de l’Unesco en 2005. La presse découvre alors les couleurs du Havre. « On voit des reflets dans le béton, on parle de la lumière. Le changement de regard est radical alors que le sujet est le même, poursuit Benoît Baudu. L’architecture d’Auguste Perret, choisi pour reconstruire la ville, trouve ses lettres de noblesse. Le brésilien Oscar Niemeyer y pose son Volcan qui devient la Scène nationale. Ces nouvelles perceptions amènent de nouvelles comparaisons : l’avenue Foch fait penser aux Champs-Elysées parisiens, l’église Saint-Joseph à l’Empire State building, jusqu’à la formule Manhattan-sur-Mer inspirée par l’écrivain havrais Christophe Ono-dit-Bio ».

Avec son estime retrouvée, la ville continue à prendre du galon et s’installe dans les classements des villes à visiter. En 2017, en plus de la nomination surprise d’Edouard Philippe comme Premier ministre qui place la ville sous les feux de la rampe, l’événement « Un été au Havre » célèbre les 500 ans de la cité portuaire et la fait rayonner à travers l’art contemporain. La direction artistique est confiée à Jean Blaise, habitué à utiliser la culture comme vecteur de développement et d’attractivité des territoires. Plusieurs œuvres, souvent monumentales, y sont installées. L’opération est renouvelée tous les ans.

« Des artistes de renommée nationale et internationale posent leur regard sur la ville et ses espaces restés nus après la reconstruction. C’est un succès artistique et populaire qui contribue à une meilleure appropriation du Havre par les habitants et ses visiteurs », explique Jean-Baptiste Gastinne. Pendant les deux années de crise sanitaire, la ville, devenue destination de « city break » a résisté. Elle est même surnommée LH, en référence à Los Angeles. Le tourisme culturel y est désormais plus important que le tourisme d’affaires.

Le Havre et Dunkerque occupent aujourd’hui le haut de l’affiche, littéralement. La première est le titre d’une comédie dramatique d’Aki Kaurismaki, tandis que la seconde est celui de la superproduction historique de Christopher Nolan.

Plateau de cinéma

Depuis le tournage du film à Dunkerque en 2016, la sous-préfecture du Nord est devenue un véritable plateau de cinéma à ciel ouvert. Pour capitaliser sur les différents univers du territoire (balnéaire, portuaire, urbain et rural), Patrice Vergriete, élu en maire en 2014, a l’idée d’installer une cellule cinéma. Elle est chargée de recenser les décors susceptibles d’intéresser les producteurs et de faciliter l’accueil des productions.

« Lorsque nous avons su que plusieurs villes étaient ciblées pour tourner Dunkerque, de Christopher Nolan, nous avons tout mis en œuvre pour que cela se fasse chez nous. Et cela a donné un gros coup de projecteur sur la ville, se souvient Marjorie Eloi, adjointe à l’animation, à la démocratie locale, au tourisme et au cinéma. »

Films (La brigade, Chœurs de rockers dont la sortie est prévue en fin d’année), séries (Baron noir, HPI, Disparition inquiétante), clips (Nolwenn Leroy, Vianney) ou encore séances photo pour des magazines, Dunkerque est la ville du nord qui accueille le plus de tournages à l’année, selon l’élue.

Ce succès permet aussi selon elle de belles retombées économiques. « Elles sont difficiles à mesurer car les productions restent discrètes sur le sujet. Mais on sait par exemple que Chœur de rockers, tourné exclusivement chez nous, représente un gain de 730 000 euros pour le territoire (hébergement, restauration, location de décors, de véhicules…) »

Révolution industrielle

La force de ces deux villes est de transformer leur passé compliqué en atout. « Longtemps ce territoire industrialo-portuaire a pâti d’une image galvaudée. Puis il y a eu une prise de conscience collective sur la nécessité de travailler sur l’attractivité, explique Rafaël Ponce, directeur général adjoint de la communauté urbaine de Dunkerque. Finalement, on a réussi à vendre la destination Dunkerque aussi bien pour le tourisme que pour les entreprises. » La distinction « Territoire d’innovation » obtenue en 2019 contribue à cette dynamique.

Exit l’industrie bashing, aujourd’hui le territoire affiche son ambition : un port plus vert. « Nous sommes passés d’une industrie traditionnelle à une industrie tournée vers l’avenir et plus respectueuse de l’environnement », note Patrick Petit, directeur de l’agence de développement économique.

Le port met en avant son mix énergétique (nucléaire, gaz de Norvège, éolien off-shore dans quelques années) pour attirer les industriels. A titre d’exemple, l’entreprise française Verkor a choisi Dunkerque pour construire sa première gigafactory de batteries bas carbone. « Le changement ne se fait pas uniquement par la volonté d’un politique ou par celles d’industriels. C’est un choix commun. C’est ce qui se passe à Dunkerque et c’est pour cela que ça fonctionne », estime Patrick Petit.

Érosion démographique

Les deux villes misent aussi beaucoup sur la jeunesse pour achever leur mue. « L’attractivité touristique est un préalable à l’attractivité générale, relève Jean-Baptiste Gastinne. Nous avons un déficit dans une classe d’âge où, normalement les villes de notre rang sont très attractives. Quand vous attirez des étudiants, vous avez plus de chance qu’ils restent ensuite. Nous avons donc un projet de campus très ambitieux tourné vers l’international, le maritime, la logistique, et récemment l’arrivée d’une antenne de Sciences Po Paris. »

A Dunkerque, les nouvelles industries pourraient permettre de créer sur le territoire 15 000 emplois d’ici dix ans. « Nous souhaitons que cela serve à la population dunkerquoise, mais aussi à faire venir des jeunes en leur offrant des opportunités », précise Rafaël Ponce.

Malgré leurs efforts, et comme la plupart des villes du Nord de la France, Dunkerque et Le Havre ont plutôt tendance à perdre des habitants. L’érosion de la population est l’un des défis à relever pour les années à venir.

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