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Mobilités

Dans les Cévennes, la fin du tout voiture reste un combat

Publié le 14/04/2022 • Par Arnaud Garrigues • dans : Actu ingénierie publique, actus experts technique, Régions

Le matin (et le soir), aux abords de la métropole de Montpellier, les bouchons sont nombreux. Et dans chaque voiture, il n'y a bien souvent qu'une seule personne.
Le matin (et le soir), aux abords de la métropole de Montpellier, les bouchons sont nombreux. Et dans chaque voiture, il n'y a bien souvent qu'une seule personne. Audrey Viste
Pour les ruraux qui habitent au nord de Montpellier, le travail se trouve bien souvent dans la métropole. Et la voiture reste encore trop majoritaire pour s’y rendre. Reportage dans cette vallée qui relie les Cévennes à la métropole montpelliéraine.

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Le vendredi, c’est jour de marché à Ganges (4027 hab., Hérault). La terrasse du café du siècle est bondée. On y croise Katherine, venue s’installer dans cette commune aux portes des Cévennes à la recherche « d’un esprit village et d’un logement pas cher, car les prix ont explosé à Montpellier et même dans sa proche banlieue ». Le revers de la médaille, ce sont les 50 km qui la séparent de son emploi dans la métropole. « C’est la situation de 45% des habitants de notre territoire (1) », nous explique Matthieu Bartosik, chargé de mission mobilités de la Communauté de communes des Cévennes gangeoises et suménoises (CCCGS). Avec à la clé une facture d’essence en pleine explosion : comptez 300 euros mensuels pour un temps plein avec un prix désormais à plus de 2 €/l. Un gouffre. Et une bombe sociale : « Ça va finir par péter, et ça sera violent », nous promet Katherine, qui était dans les rangs des gilets jaunes il y a 4 ans.

Changer les comportements : un vrai défi

Cette situation, les collectivités en ont bien conscience. Toutes les strates du millefeuille territorial sont mobilisées pour chercher des alternatives à la voiture en solo : la région, le département, la métropole et les communautés de communes. Mais elles savent aussi que  changer les comportements prendra du temps. « Pour laisser leur voiture au garage, les gens aimeraient avoir une ligne de transport en commun régulière qui s’arrête au pas de leur porte », ironise Marie-France Sicard, chargée de mission mobilité à la Communauté de communes du Grand Pic-Saint-loup (CCGPSL), qui se situe entre la CCCGS et la métropole. C’est ce qui ressort des enquêtes réalisées auprès des habitants de ce territoire.

reportage-cevennes

(Photo Audrey Viste)

Il existe bien la ligne LiO N°608 de la région Occitanie, qui passe à Ganges et relie le terminus de tram de la ligne 1 de la métropole (station Occitanie) en une heure. Mais il ne faut pas rêver. La fréquentation de cette ligne ne permet pas un cadencement rendant cette offre suffisamment attirante. On compte quelques départs le matin, et autant de retours le soir, le dernier partant à 18h45. « Ca fait trop juste », regrette Katherine. « Une réflexion est en cours pour aménager les horaires et l’offre », explique Matthieu Bartosik, mais il n’y aura pas de miracle.

Le covoiturage : une offre qui se développe

L’autre alternative qui peut se développer sans nécessiter trop de moyens financiers, c’est le covoiturage. Un réseau d’aire de covoiturage a été créé par le département de l’Hérault, qui continue à l’étendre, en concertation avec les « comcoms ». Certaines aires sont équipées de bornes de recharge électrique ou de caissons sécurisés pour les vélos, comme celle de Saint Martin-de-Londres (qui compte 30 places de stationnement pour véhicules). Elles peuvent aussi être connectées avec les arrêts des cars LiO. « On travaille avec le département pour positionner les aires de covoiturage par rapport au bourg centre, afin de dynamiser le centre ville, avec des cheminements doux et un lien avec les transports en commun », explique Marie-France Sicard, chargé de mission mobilités à la CCGPSL.

Aire covoiturage-St Martin de Londres-cevennes

Aire de covoiturage de Saint Martin de Londres (34), avec un caisson sécurisé pour le stationnement des vélos. (Photo Audrey Viste)

Au final, ce dispositif est-il utilisé ? Oui, estime Valérie Andrieu, directrice Pôle routes et mobilités du département de conseil départemental de l’Hérault : « Nos équipes observent l’utilisation de ces aires. C’est un dispositif qui va progressivement se développer », veut-elle croire. Certes, « la crise sanitaire n’a pas aidé à partager sa voiture », ajoute Mathieu Bartosik, mais la crise énergétique peut à l’inverse pousser les gens à changer leurs habitudes.

Partager le trajet domicile-travail

Une des principales difficultés du covoiturage consiste à trouver des personnes avec qui les trajets et les horaires coïncident, et à accepter une certaine flexibilité vis-à-vis de l’autre. Le plus efficace, dans ce cas, c’est de s’organiser entre salariés. Montpellier Méditerranée Métropole (MPM) y travaille avec la start up Klaxit, en subventionnant les trajets (2). « On croit beaucoup au covoiturage (3) », explique Olivier Merliaud, directeur général délégué aménagement et développement équilibrés du territoire de MPM, qui espère tripler la part du covoiturage dans les trajets quotidiens dans les cinq ans. L’outil a tout d’abord été testé sur les 31 communes métropolitaines avec 27 grands employeurs. L’objectif était de créer une première communauté d’usagers. Le test a été concluant et le covoiturage est depuis le 1er janvier 2022 ouvert à tous (4), « y compris aux non-métropolitains si leur point d’arrivée ou de départ est dans la métropole », confirme Oliver Merliaud.

La question se pose aussi pour les fonctionnaires territoriaux, comme ceux de la CC du Grand-Pic-Saint-Loup, qui sont invités, ce jeudi 24 mars, à participer à un atelier covoiturage. « Certains se sont déjà organisés, l’idée est d’essayer d’intégrer de nouvelles personnes », explique Nathalie Mas-Raval, DGS de la communauté qui a choisi de s‘appuyer sur la plateforme de Klaxoon.

L’autostop revisité

L’autostop est aussi mis en avant par les deux communautés de communes, grâce à la plateforme Rézo pouce (qui va se transformer en Mobicoop) et la signalétique que le conseil départemental installe. 43 arrêts sont référencés sur le territoire de la CCCGS, mais pour l’instant, seuls 65 personnes se sont inscrites sur la plateforme (un chiffre à comparer aux 13 000 habitants de ce territoire). « C’est tellement inscrit dans les mœurs de se déplacer seul dans sa voiture, ou alors en bus. Et la crise sanitaire n’a pas arrangé les choses. Dès qu’on touche au changement d’habitude, ça prend du temps, 5 ou 10 ans sans doute », analyse Matthieu Bartosik.

En parallèle de ce système 2.0, la forme traditionnelle de l’autostop se pratique beaucoup dans la vallée, « et même de plus en plus », nous glisse Katherine, qui prend souvent des autostoppeurs.

Le vélo : un outil puissant mais qui nécessité des infrastructures

Pour les zones les plus proches de la métropole, le vélo, surtout à assistance électrique, est promis à un bel avenir. Des pistes cyclables sont en cours de création pour sécuriser ces trajets, car emprunter les routes départementales reste encore périlleux. Une piste doit notamment relier la métropole à Saint Gély du Fesc en 2025 (au sud du territoire de la CCGPSL). « Cela prend du temps à cause des acquisitions foncières », explique Oliver Merliaud.

Le vélo est aussi un moyen de transport en développement pour se déplacer localement. La métropole, le département ou la CCGPSL proposent de tester des vélos électriques sur un temps donné (une semaine, un mois, etc.). « 10% de ces testeurs ont acheté un vélo », confirme Matthieu Bartosik. Des aides à l’achat sont aussi proposés par les collectivités (23 000 dossiers ont par exemple été traités par la métropole).

 

La ZFE  entre bientôt en vigueur

Le sujet le plus explosif, c’est finalement la mise en place de la zone à faibles émissions (ZFE) de Montpellier, qui va progressivement exclure les véhicules les plus polluants de la métropole, en partant du périmètre de 9 communes desservies par le tramway, puis en l’étendant à toutes les communes, avec une entrée en vigueur au 1er janvier 2025. Les citoyens sont encore peu conscients de ce qui les attend, mais les élus, eux, l’ont bien en tête. Notamment des différences de traitement qu’il va y avoir entre les habitants métropolitains et les ruraux qui résident dans ce bassin de vie. Ces derniers ne pourront pas bénéficier de la gratuité des transports collectifs de MPM (qui sera totale en 2023), qui est la principale mesure mise en avant pour compenser les contraintes nouvelles de la ZFE.

« Il y a là un problème de gouvernance territoriale, pointe Julie Frêche, vice-présidente de MPM déléguée aux transports et mobilités actives. L’usager se retrouve sur un territoire dont la gestion dépend de plusieurs autorités différentes, avec des périmètres administratifs qui ne correspondent pas aux habitudes de déplacements ». Sur ce territoire où les relations ont longtemps été orageuses entre intercos voisines, l’heure est à l’apaisement avec l’arrivée d’une nouvelle équipe municipale de Montpellier. La métropole est en train d’élaborer avec ses EPCI voisins des contrats de réciprocité où la question de la mobilité est centrale (une prise en charge de l’abonnement transport est évoquée). Une agence d’urbanisme dépassant le périmètre de la métropole doit également être créée pour réfléchir à ces questions.

Du côté de la CCGPSL, un travail spécifique est fait « sur la mise en place de plateformes logistiques (une à l’est et l’autre à l’ouest)  pour aider les agriculteurs qui livrent sur la métropole, sachant qu’il existe déjà un schéma de logistique de la métropole, qui intègre notamment la question des circuits courts », explique sa DGS Nathalie Mas-Raval. La communauté essaie aussi d’œuvrer à « tirer les lignes de transport à la demande (TAD) de la TAM (l’opérateur des transports sur la métropole de Montpellier) pour faire du rabattement vers les transports en communs de la TAM. « Cela passera par des conventions avec la TAM et la négociation de participations de toutes les parties prenantes (région, communautés, métropole) », ajoute Nathalie Mas-Raval. De con côté, Julie Frêche précise que c’est dans cette logique d’élargissement des missions de la TAM que « cette société d’économie mixte (SEM) va être transformée en une société publique locale (SPL), avec un actionnariat 100% public, dont pourront faire partie les communautés de communes. Le temps n’est plus à étendre le périmètre de la métropole mais à développer les coopérations avec les intercommunalités voisines », résume-t-elle.

ZFE : « l’État doit proposer des mesures d’accompagnements »

A la région, devenue chef de file de mobilité en 2017, on a cette problématique clairement en tête.  « Il a d’abord fallu travailler à la cohérence des 13 systèmes départementaux de déplacements, suite au transfert de cette compétence en 2017. Ça fait court. Notre méthode a été de partir de ce qui existait, puis de construire et de faire région », explique Jean-Luc Gibelin, vice-président (PCF) aux mobilités de la région Occitanie. Cette dernière a installé en 2018 des comités départementaux des mobilités qui réunissent les trois collèges d’élus (région, département, EPCI et communes) ainsi que des acteurs économiques, opérateurs de transports et représentants de la société civile. Avec trois  objectifs : faire exprimer les besoins, faire des propositions, évaluer l’action. « Il va falloir qu’il y ait un travail dynamique des collectivités sur la ZFE, et surtout de l’Etat qui doit proposer des mesures d’accompagnement », souligne Jean-Luc Gibelin. Et l’arrivée, chaque année, de 15 000 nouveaux habitants sur l’aire urbaine (5) n’arrange pas les choses.

Thèmes abordés

Notes

Note 01 Concernant les déplacements domicile-travail, 48% des actifs de ce territoire vivent et travaillent dans la CCCGS. Sur les 52% d'actifs travaillant en dehors de la CCCGS, 45% travaillent dans l'agglomération montpelliéraine. Retour au texte

Note 02 Ils sont gratuits pour les covoitureurs et rémunérées pour le conducteur entre 2€ et 4€ par trajet et par passager, jusqu’à 160€/mois. Retour au texte

Note 03 La métropole de Montpellier compte 1,8 million de déplacements chaque jour. 50% d'entre eux s'effectuent en voiture, et seulement 1% en covoiturage. Retour au texte

Note 04 Entre le 1er janvier et le 15 mars 2022, il y a eu 2 300 inscrits supplémentaires (pour un total de 7 100 inscrits au 15 mars 2022), 32 300 covoiturages effectués, 84 664 euros d'économies réalisées par les covoitureurs Retour au texte

Note 05 L’aire urbaine compte 800 000 habitants, alors que la métropole compte 440 000 habitants Retour au texte

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