Fermer

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Menu

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Revitalisation

Le patrimoine, trésor des petites villes de demain

Publié le 11/04/2022 • Par Sophie Le Renard • dans : France, Innovations et Territoires

ouv thema friche remazeillesVam 28 02 2022 cmjn(20)_1521322
C. Herbaux
Le patrimoine est un atout important pour les petites villes rurales. Mais des moyens sont nécessaires pour le rénover et en faire un vecteur d'attractivité. Les communes bénéficiant du dispositif Petites villes de demain vont disposer d’ingénierie et de financements. Il faut recruter un chef de projet, un engagement des acteurs institutionnels, et un accompagnement sur les outils et leur financement.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

« L’enjeu est aujourd’hui de considérer le patrimoine sous toutes ses formes, du point de vue de l’aménagement urbain, mais aussi comme élément capable de mobiliser les habitants qui se réapproprient ainsi leur territoire. Dans le projet de ­Joinville, il s’agit du patrimoine public – église, chapelle, château – et de celui du privé – maisons à pans de bois ou hôtels particuliers du XVIe au XIXsiècle – qui constituent entre 80 et 90 % du bâti », indique ­Anthony ­Koenig, chef de projet « urbanisme » à ­Joinville (3 000 hab., Haute-Marne). Cette commune travaille depuis 2014 à un projet de revitalisation, avec le patrimoine comme fil rouge.

Bâti fortement dégradé

Bâti, non bâti, classé ou pas, historique, industriel, naturel, immatériel… le patrimoine protéiforme permet de construire un récit territorial, notamment pour les petites villes rurales. Si ces collectivités peuvent mettre en avant une richesse patrimoniale de grande ampleur, elles sont aussi confrontées à des bâtiments fortement dégradés, à une désertification du centre-ville au profit de la périphérie, à des nombreuses contraintes et à des coûts ­importants pour inscrire ce patrimoine dans le XXIe siècle. C’est l’un des enjeux identifiés du programme gouvernemental PVD dont bénéficient 1 624 communes, dont 50 % ont moins de 3 500 habitants.

« Cent de ces collectivités ont le label “Petite cité de caractère”. Les élus ont besoin d’un accompagnement tant sur la méthode que sur les outils. Ces savoir-faire sont difficilement accessibles. En ce sens, le dispositif “PVD” est un accélérateur », affirme ­Laurent ­Mazurier, qui dirige l’association Petites cités de caractère de France. Les acteurs engagés dans le programme sont nombreux : directions régionales des affaires culturelles, architectes des bâtiments de France, Fondation du patrimoine, Petites cités de caractère de France…

« Cela apporte des outils que l’on ne pourrait pas s’offrir, des moyens financiers et de l’ingénierie », constate ­Lydie ­Barbaux, maire de Plombières-les-Bains (1 600 hab., Vosges). Cette commune thermale, qui a subi un lent déclin, a choisi de faire du patrimoine, tant bâti que naturel avec le parc naturel régional des ­Ballons des ­Vosges qui ­l’entoure, le pivot de sa stratégie de revitalisation. Des ateliers « hors les murs » ont ainsi été organisés avec des étudiants en urbanisme de Paris et des élèves ingénieurs paysagistes d’Angers qui ont ­planché sur ce sujet. « Ce regard décalé permet de révéler ­l’ampleur des atouts de la commune, par le prisme du patrimoine », note ­Juliette ­Auricoste, directrice du programme « PVD ».

A l’échelle des intercommunalités signataires de la convention « PVD » ou recrutés par les communes qui jouent un rôle central dans le territoire, les chefs de projet sont une pièce maîtresse dans ce dispositif. Aujourd’hui, 620 sont en poste pour 940 attendus. Ayant majoritairement des compétences en urbanisme et en aménagement (61 %), ils doivent se former à la question complexe du patrimoine dans les collectivités.

En plus des webinaires thématiques, ils vont bénéficier, à partir du mois de mai, d’une formation qualifiante dispensée par l’Ecole de Chaillot. « Certains territoires ont encore du mal à recruter ce type de profil. Nous organisons des ateliers, ouverts à toutes les villes “PVD”, sur la place du patrimoine dans le récit commun et aussi comme vecteur au projet de développement », souligne ­Laurent ­Mazurier.

Création de lieux culturels

Valoriser les projets patrimoniaux comme des leviers d’attractivité est l’objet du prix décerné, en octobre 2021, par la Fondation du patrimoine à dix petites villes engagées pour le patrimoine. Des programmes en matière d’aménagements urbains, de patrimoine religieux, de création de lieux culturels ou d’activités économiques et touristiques bénéficieront d’un financement de 100 000 euros.

Ainsi, la cité médiévale de ­Domfront en ­Poiraie (4 200 hab., Orne) a été retenue pour la transformation de son ancien tribunal en halle ­gourmande, un projet en cours de création. « Fermé depuis 2007, ce bâtiment comprend une très belle salle d’audience avec une fresque classée. Nous avons pour ambition de promouvoir les produits du terroir, d’en faire un espace vivant. Nous sommes déjà démarchés, cela crée une certaine émulation dans notre commune », dit avec optimisme le maire, ­Bernard ­Soul, qui considère l’enveloppe allouée « comme confortable », permettant de voir aboutir ce projet soutenu également par la région ­Normandie. C’est aussi particulièrement bienvenu face à l’augmentation conjoncturelle des prix des matériaux de construction qui risque d’impacter ce type de projet, nécessitant une rénovation du bâti.

Volonté de réécrire un récit collectif

Au-delà du patrimoine historique remarquable, les petites villes rurales souhaitent valoriser ce qui a fait leur identité. Cela peut ainsi concerner la reconversion d’une friche, un ancien garage ou magasin de meubles comme à Oloron-Sainte-Marie, mais aussi un passé industriel révolu. C’est le cas de Saint-Eloy-les-Mines (3 600 hab., Puy-de-Dôme), dont l’histoire est liée aux mines de charbon, qui ont fermé en 1978.

Dans l’imaginaire des habitants, le souvenir de ces temps anciens n’est pas toujours positif. « La municipalité a pour volonté de réécrire ce récit collectif. La mise en valeur culturelle du patrimoine industriel passe par différents biais : une Maison de la mine qui existe depuis quelques années, la possibilité de rentrer dans le quotidien des mineurs par un film immersif mais aussi par la création d’une micro-folie et par la valorisation de l’habitat minier dans le cadre d’une Opah-RU », décline ­­Coralie ­Marboeuf, cheffe de projet « PVD ».

Avec l’installation d’un parc photovoltaïque sur son territoire, la commune est engagée dans la transition énergétique, mais n’entend pas oublier ce passé lié au charbon. Elle sollicite aussi les associations locales pour participer à cette nouvelle façon de raconter la ville.

L’implication des habitants est recherchée et ils sont appelés à donner leur avis et à s’impliquer. A ­Joinville, un chantier participatif de restauration du bâti ancien existe depuis quelques années. Des bénévoles se sont attelés à la restauration complète et complexe d’une façade d’une maison à pans de bois, caractéristique de la ville. A Oloron-Sainte-Marie, une concertation a récemment rassemblé plus de 800 personnes, sur l’avenir de la friche en centre-ville.

Les habitants ont pu répondre à un questionnaire et participer à un forum citoyen dans ce lieu abandonné depuis quinze ans, « pour qu’ils puissent se projeter sur ses activités futures. Nous avons fait appel à un cabinet spécialisé en concertation, financé presque à 100 % par la région Nouvelle-Aquitaine et la Banque des territoires.

La préprogrammation architecturale permettant la rédaction d’un cahier des charges a aussi été financé à 80 % par ces acteurs. Le dispositif “PVD” est pour nous positif, il permet à tous les partenaires de se mettre autour de la table. Aujourd’hui, 90 porteurs de projets se sont fait connaître », s’enthousiasme ­Natacha Crampé.

 

« Des diagnostics très fins au niveau local sont nécessaires »

Juliette Auricoste, directrice du programme « PVD »

« Le patrimoine est un réel levier pour les projets de revitalisation des communes, une façon de se projeter dans l’avenir. Il y a une appétence des élus, conscients du potentiel. Mais cela nécessite des diagnostics très fins au niveau local. Nous sommes dans une logique de cousu main. Il faut trouver des modèles économiques pour que les détenteurs du patrimoine puissent engager des réhabilitations à des coûts supportables.

La question centrale est la maîtrise foncière. Si le patrimoine appartient à la collectivité, le programme pourra apporter de l’ingénierie et des capacités financières. Nous savons répondre. C’est plus compliqué en cas de patrimoine dégradé privé. »

 

« Il faut aller au-delà de l’incantation par des actions palpables pour les habitants »

Natacha Crampé, cheffe de projet « PVD » à Oloron-Sainte-Marie (10 600 hab., Pyrénées-Atlantiques)

« Nous sommes une cité médiévale avec un patrimoine important et très détérioré en centre-ville. Le projet politique d’aménagement, qui préexistait au dispositif “PVD“, envisage le patrimoine comme une notion transversale. Il englobe de nombreuses thématiques, telles que la mobilité, la requalification des espaces publics mais aussi l’habitat, tant les façades que la rénovation intérieure des logements.

Il faut aller au-delà de l’incantation par des actions opérationnelles palpables pour les habitants. Grâce à la méthodologie Marq, nous avons délimité le périmètre à quelques rues, où nous sollicitons les propriétaires privés pour une rénovation globale dans des immeubles remarquables. Nous avons créé une identité visuelle, “Vam !“, “Allons !“ en béarnais, dédiée aux projets actuels et futurs de revitalisation, afin de mieux les repérer. »

Références

Réagir à cet article
Prochain Webinaire

Data visualisation, les agents véritables acteurs de la transformation

de Salesforce

--
jours
--
heures
--
minutes
marche online

Aujourd'hui sur les clubs experts gazette

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Le patrimoine, trésor des petites villes de demain

Votre e-mail ne sera pas publié

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement