Fermer

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Menu

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Conditions de travail

Avec le flex office, demain tous sans bureau fixe ?

Publié le 04/04/2022 • Par Julie Krassovsky • dans : France

Une organisation en flex office
Adobestock
Largement poussé par le déploiement progressif du télétravail, le flex office s’invite dans les collectivités sous la forme d’expérimentations diverses. Il questionne aussi bien le collectif de travail que l’attachement à un objectif commun.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

A l’agglomération de Roanne (lire ci-dessous), certains agents ont troqué leur poste attribué contre un casier pour entreposer leurs effets personnels. Et ce, il y a à peine plus d’un mois. Une situation qui ne perturbe pas outre mesure ­Catherine ­Marquez, assistante administrative mutualisée, habituée à évoluer sur trois sites différents. « J’avais un bureau attitré dans l’open space, que j’occupais seulement la moitié de la semaine », raconte-t-elle.

Une concertation avant déploiement

Pour sa collègue, ­Célia ­Lassaigne, auparavant postée dans un bureau avec deux collègues, le nouvel agencement est plus impactant. La chargée de mission explique : « Je ne suis généralement pas dans les premières arrivées, alors, le matin, je me mets là où il reste de la place. Mais comme il y a autant de bureaux que d’agents, cela reste rassurant. » De fait, l’interco a pris des pincettes pour mettre en place ce nomadisme : elle a réalisé une concertation poussée avec les agents et des entretiens ont été organisés avec le médecin du travail et un ergonome. « Nous avons associé les agents à cette démarche, qui est déployée sur un nombre limité d’entre eux », assure ­Sandra ­Creuzet, la vice-présidente déléguée aux ressources humaines.

Une restriction d’échelle qui a sans doute manqué à la région Ile-de-France (11 000 agents). De fait, le déménagement au sein de son nouveau siège à ­Saint-Ouen, en ­Seine-Saint-­Denis, il y a trois ans, s’était assorti de l’instauration d’espaces ouverts et d’un passage au flex office pour 25 % de ses 1 800 agents. Après un examen le 25 novembre 2021, en comité technique, ce dernier est désormais généralisé. Si la région a préservé une organisation par services dans le bâtiment, l’économie n’en reste pas moins substantielle avec la présence de six postes de travail pour dix agents en moyenne. Fabienne Chol, directrice générale adjointe du pôle des ressources humaines, précise : « 54 %, c’est le taux moyen national d’­occupation d’un bureau, et ce, sans télétravail. »

Des économies et des investissements

Cette rationalisation censée accroître la collaboration des équipes et la flexibilité a surtout permis à la région de réaliser une économie de 9 millions d’euros par an. Un objectif principal souvent déguisé par l’argument de la recherche d’amélioration des conditions de travail. Or, pour ­Elisabeth ­Pélegrin-Genel, architecte et psychologue du travail, « c’est très ­contre-productif. S’il y a un argument que les salariés peuvent entendre, c’est celui de l’optimisation du bureau lorsqu’il n’est pas ­occupé. Encore faut-il expliquer comment on va réemployer les économies réalisées ». A ce sujet, ­Fabienne Chol répond que « la somme est utilisée en investissements au bénéfice des ­Franciliens ». Elle rappelle, en outre, que le déménagement a permis d’investir dans des locaux de restauration collective en plein jour, « des lieux de convivialité à chaque étage de bureaux. Un jardin intérieur planté, des terrasses aménagées, une salle de sport, etc. »

Un environnement au design attractif qui laisse les syndicats de marbre. En ­particulier la CGT, dont les adhésions progressent à la région. « L’open space n’était de toute façon pas négociable compte tenu de l’aménagement du nouveau siège, mais le passage à 100 % en flex est dogmatique et ne tient pas compte de l’organisation du travail. Dans mon service, en gros, la moitié de la semaine, les agents sont chez eux et l’autre partie de celle-ci, ils sont quasiment seuls dans des bureaux aseptisés », observe ­Julien ­Feuille, cadre intermédiaire et représentant syndical.

L’accès au télétravail deux jours par semaine, auxquels s’ajoutent vingt jours flottants sur l’année, ne facilite pas, il est vrai, la présence des collectifs de travail de façon synchrone sur le même site. Une ­occupation des open spaces « en gruyère », dont ­Fabienne Chol est bien consciente. Mais, pour elle, « le flex office devrait justement ­contrer cet effet en donnant l’opportunité aux agents de ­circuler et les amener à se regrouper davantage ». Comment, effectivement, maintenir le collectif et l’engagement en associant télétravail et nomadisme interne ?

Attention à la confidentialité

La ville de Suresnes (1 100 agents, 49 300 hab.) tente le pari en limitant, pour l’instant, le télétravail à un jour par semaine. L’adjointe au maire chargée des ressources humaines et du dialogue social, ­Béatrice de ­Lavalette, évite soigneusement le terme « d’open space ». « Nous avons préféré des espaces différenciés accueillant de six à huit personnes », indique-t-elle.

Mais, du côté des deux services qui testent le flex depuis plus d’un an, le ressenti n’est pas le même. « L’étage du centre d’­action sociale a été mieux pensé, tandis que pour les ressources humaines, les espaces permettent peu de confidentialité. Les capsules pour les rendez-vous ont été mal dimensionnées. De plus, ce n’est pas forcément judicieux de mélanger des agents qui n’ont pas les mêmes missions », avance ­Anna ­Ljubic, secrétaire générale CFDT de la collectivité, qui rappelle également qu’un « flex office peut être déployé à condition que le télétravail le soit aussi ! »

Des écueils qu’espère éviter la ville de ­Grenoble (6 000 agents, 158 200 hab.), collectivité où la réunion d’une partie des agents dans un bâtiment flambant neuf d’une superficie de 10 000 mètres carrés s’est accompagnée d’aménagements de « bureaux partagés » répartis par directions. Mais attention, précise Abdelkader ­Berhail, le chargé de mission « maîtrise d’usage et innovation managériale », « nous ne sommes pas en flex, chaque agent a son bureau ­attitré ». Jusqu’à quand ?

 

Le sentiment d’appartenance et l’engagement sont en jeu

Si les collectivités n’associent pas toujours le flex office à l’open space, la pratique montre que le flex complète toujours le télétravail. Sous peine d’être confrontées à des espaces déshumanisés, les collectivités doivent aujourd’hui définir le bon dosage entre le nombre de jours télétravaillés et la délimitation des espaces partagés. Pour Julien Feuille, de la CGT, « le flex pousse aussi à l’individualisation du travail. Avec l’idée de “je me mets à côté de qui je veux” se créent des collectifs par affinités, liés davantage à l’émotionnel et à l’affectif qu’à un objectif de travail commun ». Ce qui se joue pour l’avenir est la question de l’influence du mode de travail sur le sentiment d’appartenance et l’engagement envers la collectivité.

 

« Avec le flex, on est passé du poste de travail à une situation de travail »

Elisabeth Pélegrin-Genel, architecte-urbaniste et psychologue du travail

« Bien que moins confortable pour les salariés, le flex entérine un mode de vie global et apporte l’assurance que l’orga­nisation ne reviendra pas sur l’accès au télétravail. Avec l’open space, les salariés avaient souffert d’être trop exposés, vus et entendus de tout le monde. Le flex, lui, introduit un paradoxe sur lequel on n’a pas trouvé de solution. Les salariés sont présents mais invisibles dans les espaces dès lors qu’ils y sont mobiles. Il n’y a plus de poste de travail mais des situations de travail. Or, si les agents ne peuvent plus laisser leurs affaires, ils ont besoin de se retrouver dans un environnement familier. A ce jeu, on risque de perdre la cohésion et la facilité de l’­entraide professionnelle, comme l’aide sur un logiciel, l’assistance sur une question, notamment, que l’on partage avec ses collègues quand on se trouve dans un même lieu. Au lieu de faire comme si le territoire et le corps n’avaient plus d’importance, de gommer l’appropriation des murs et des portes, on peut inventer autre chose. Il faut sortir de cette pensée magique qui fait croire que modifier les espaces va renouveler le mode d’organisation interne et le management ! »

Une configuration à petite échelle en espaces collaboratifs est testée pendant un an

[Roannais agglomération, Loire, 40 communes, 500 agents, 100 000 hab.]

Commencées en décembre 2020, les concertations sur le déploiement du flex office à la communauté Roannais agglomération ont débouché sur des travaux de modification de l’étage ­occupé par une partie de la direction de la cohésion sociale et de l’habitat. Une expérimentation à petite échelle qui concerne 17 agents sur 40. « Les locaux sont des bureaux de différentes surfaces et ne bénéficient pas tous de la lumière du jour. Ils sont répartis autour d’un open space ancien avec huit postes de travail », décrit ­Alain ­Brugalières, directeur de la cohésion sociale et de l’habitat.

Si l’architecture de l’espace n’a pas été bouleversée, les bureaux ont été rafraîchis, colorés et insonorisés. En revanche, les noms sur les portes ont disparu. Les cinq bureaux de deux, quatre et six places sont désormais des « espaces collaboratifs » aux noms évocateurs : « duo », « canopée », « synergie », que les agents ­occupent selon leur envie.

Tous télétravaillent en moyenne un jour par semaine. Ici, le flex ne rime donc pas avec open space, mais le nouvel aménagement permet néanmoins de passer de 17 places attitrées à 24 postes de travail. « Nous cherchons à insuffler une culture commune et à permettre aux agents de travailler en transversalité », assure le directeur, qui a abandonné son petit bureau individuel. Pour travailler en confidentialité, il est possible de réserver un espace collaboratif au moyen d’un planning partagé. « Nous nous donnons un an pour expérimenter tous les temps professionnels dans cette nouvelle configuration », annonce-t-il.

Contact : Alain Brugalières, 04.77.44.29 .50.

Cet article est en relation avec le dossier

Réagir à cet article
marche online

Aujourd'hui sur les clubs experts gazette

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Avec le flex office, demain tous sans bureau fixe ?

Votre e-mail ne sera pas publié

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement