Fermer

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Menu

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Urgence climatique

Urgence climatique : les collectivités misent sur l’Europe

Publié le 01/04/2022 • Par Hélène Huteau • dans : A la une, actus experts technique, France

changement climatique
Jozsitoeroe/Adobestock
Alors que la campagne présidentielle aborde peu la question, et face à l’accélération des effets du changement climatique, les collectivités interpellent les institutions européennes sur les solutions et les freins rencontrés, dans le pro­lon­gement du sommet Climate Chance Europe.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

Après le Covid-19, la nouvelle crise que provoque la guerre en Ukraine sera-t-elle un accélérateur de transitions ? Les débats nationaux de la présidentielle ne le laissent guère entrevoir, tant la transition écologique et énergétique est peu traitée.

Elle est même combattue par les représentants majoritaires de la profession agricole, qui ont obtenu du président actuel du conseil de l’UE, ­Emmanuel Macron, qu’il tente d’infléchir la stratégie européenne « de la ferme à la fourchette », censée rendre plus écologique le système agricole (discours du 17 mars du candidat à la présidentielle).

La baisse des intrants agricoles ne serait plus une priorité dès lors que la guerre provoque des pénuries alimentaires. Mais ajourner de telles mesures revient à occulter la menace certaine et durable sur la production alimentaire qu’est le réchauffement du climat, comme le rappellent les experts du Giec.

Ambitions rehaussées

En dehors de ces tractations conjoncturelles, les ambitions climatiques de l’Europe pour 2030 ont été rehaussées et valent plus que jamais pour les 27 Etats membres, dans un contexte où la dépendance énergétique devient problématique. Avec le paquet « Fit for 55 » – qui vise une réduction de 55 % des gaz à effet de serre en 2030, par rapport à 1990 –, la France doit renforcer ses efforts, elle qui a déjà du retard sur sa trajectoire de réduction à -40 % au même horizon…

Cela nécessite de « clarifier les enjeux pour tous les secteurs, dès 2022 », cadre Corinne Le Quéré, présidente du HCC. La ­Stratégie nationale bas carbone est en effet dépassée et la prochaine ne devrait pas sortir avant 2023, voire 2024.
Le HCC enjoint à une « adaptation transformationnelle ». Soit une transition vers des systèmes sobres en carbone qui s’adaptent aux risques et aux contraintes imposés par les changements climatiques. Tout en assurant une justice sociale, sans laquelle l’atteinte des objectifs climatiques serait compromise.

Lors du premier sommet ­Climate Chance Europe, les 7 et 8 mars à Nantes, les collectivités et les acteurs non étatiques ont discuté de solutions concrètes. Une trentaine de réseaux nationaux et internationaux impliqués dans l’action climat  ont participé à une quarantaine d’ateliers et de sessions sur l’alimentation, le bâtiment, la mobilité, l’énergie, l’urbanisme… En sont sorties des propositions pour la mise en œuvre locale du Pacte vert pour l’­Europe. Elles seront envoyées mi-mai aux institutions européennes et aux Etats membres (lire ci-dessous).

« Quatre cinquièmes des actions en faveur du climat sont réalisées au niveau local par les collectivités, qui sont les acteurs clés de l’atténuation et de l’adaptation », a fait remarquer Olivier David, chef du service « climat et efficacité énergétique » au ministère de la Transition écologique, lors de la conférence climat de la présidence française de l’UE, le 8 mars. « Nous devons faire davantage le lien entre la politique climatique nationale et les politiques climatiques locales », a-t-il entériné lors de la session de clôture, commune avec le sommet Climate Chance Europe.

Chiffres clés

– 26 % d’émissions de gaz à effet de serre dans l’Europe des Vingt-Sept ont été enregistrés entre 1990 et 2019. (Source : Agence européenne de l’environnement, 2021.)
70 % des mesures d’atténuation et 90 % des mesures d’adaptation ne peuvent être mises en œuvre sans les gouvernements locaux et régionaux. (Source : étude du Comité européen des régions pour le Pacte vert, 2021.)
- 3,4 tonnes équivalent CO2 par Européen ont été enregistrées entre 1990 et 2019 (7,8 t eqCO2 en 2019, contre 11,2 en 1990). L’objectif mondial d’émission par personne et par an est de 2 t eqCO2 pour la neutralité carbone en 2050, qui contiendrait le réchauffement à +2 °C. (Source : Agence européenne de l’environnement, 2021.)
+ 40 °C, c
’est l’écart avec les moyennes de températures observé le 18 mars en Antarctique. Du jamais vu. (Source : Centre météorologique russe de Vostok, cité par « The Washington Post ».)

Problèmes d’ingénierie

L’association Intercommunalités de France ne dit pas autre chose dans son manifeste aux candidats à la présidentielle quand elle demande, par exemple, « d’affecter une part croissante de la fiscalité énergétique et environnementale aux politiques de transition écologique ».

« Les investissements faits [dans les quelque 200 plans climat-air-énergie territoriaux, ndlr] ne sont pas en rapport avec ce qui était envisagé. Or on était déjà en dessous de la barre à atteindre », évalue Jean Revereault, vice-président de la communauté d’agglomération du Grand Angoulême (38 communes, 141 800 hab.).

Entre-temps, le décret sur les bâtiments tertiaires a fait tomber la contrainte de baisser de 40 % la facture énergétique des bâtiments publics d’ici à 2030. Mais les intercos ont perdu en autonomie fiscale. « Nous n’avons même pas de quoi organiser le service France rénov’ pour informer les gens », souligne Jean ­Revereault, illustrant le fossé entre les intentions étatiques et la réalité locale.

Toujours lors de ce sommet, Tristan Riom, élu ­chargé du bâti, de l’énergie et du climat à Nantes métropole (24 communes, 656 300 hab.), a posé ­l’équation, actuellement insoluble, sur ­l’accompagnement de la rénovation du parc privé au rythme fixé : « Il nous faudrait rénover trois fois plus de logements qu’actuellement, soit doubler notre investissement en un mandat – 315 millions d’euros. Sachant que pour 1 million investi, un agent supplémentaire à temps plein est nécessaire. Or nous sommes encadrés dans la création de postes. Pour les externaliser, nous sommes confrontés au frein de l’endet­tement limité­. »

Décrocher des subventions via les fonds européens ou le plan de relance pose des problèmes d’ingénierie aux petites et moyennes villes, mais aussi aux métropoles. Le réseau Energy Cities (1) a fait le lien entre l’Europe et les élus locaux, lors d’un projet pilote, EU City Facility, pour aider les villes à étudier les financements européens : 200 communes ont reçu 60 000 euros, ainsi que la venue d’un expert, pour l’étape de la réflexion.

Mais « ce sont les grandes villes qui ont postulé, alors que la démarche était dimensionnée pour les petites et les moyennes, rapporte Claire Roumet, directrice d’Energy Cities. Il faudrait ce type de support au niveau régional ».

L’un des défis des collectivités est structurel : apprendre à travailler transversalement dans tous les services, tandis que les ressources physiques (foncier, énergie…), les compétences, l’argent et le temps sont limités. Pour ce faire, la formation est primordiale­. « Moins de 3 % des élus locaux font valoir leur droit à la formation. C’est catastrophique », estime Anne Terlez­, vice-présidente de la commission « transitions durables » de Seine Eure agglomération (60 communes, 103 300 hab.) et d’Intercommunalités de France.

Proposition de loi

Olivier Henno, sénateur (LR-UC) du Nord, a d’ailleurs déposé une proposition de loi instituant la remise du résumé du rapport du Giec à tout nouvel élu. L’inspirateur de ce texte, Aurélien Sebton, cofondateur de l’agence de formation Koncilio et ancien conseiller régional de Nouvelle Aquitaine, propose aux élus de recevoir un scientifique en conférence afin de leur présenter le rapport du Giec en une à deux heures. Objectif avoué : « Remettre du réel dans le débat, en dehors des clivages politiques. » Angoulême, Saintes et Agen lui ont dit oui… pour commencer.

Autre outil particulièrement efficace : la Fresque du climat, un « jeu » pour appréhender collectivement, en trois heures, les enjeux et les conséquences du réchauffement, à partir des fondements scientifiques du Giec. « On est peu conscient des ordres de grandeur immenses du changement climatique », confirme Léonore Moncond’huy, maire (EELV) de ­Poitiers, qui représentait les collectivités à la COP 26 à Glasgow (Ecosse), en novembre dernier.

« Les collectivités progressent sur l’énergie mais se heurtent aux financements »

Ronan Dantec, sénateur (EELV) de la Loire-Atlan­tique, président de l’association Climate Chance

Qu’attendez-vous des propositions envoyées à la Commission européenne à la suite du sommet Climate Chance Europe ?

Le paquet législatif européen « Fit for 55 » lance le défi d’accélérer la transition. Mais on ne peut pas nous demander de l’appliquer sans écouter nos difficultés.

Ce ne peut pas être non plus qu’un dialogue entre Etats. Les autorités étatiques et européennes ont besoin d’instaurer un dialogue avec ceux qui assurent la mise en œuvre sur le terrain. Il faut en outre croiser les priorités des uns et des autres pour sortir des logiques de silos.

Où en sont les collectivités locales dans leur prise de conscience et leurs actions pour la transition ?

Elles sont volontaires. Les intercommunalités ont une nouvelle compétence avec les plans ­climat-air-énergie territoriaux, mais la dotation financière pour l’accompagner n’est jamais passée… Les collectivités progressent sur l’énergie mais se heurtent aux financements, pour les mobilités par exemple. Je plaide pour que ces investissements sortent des plafonds normés sur l’endettement. Les plus petites butent sur l’ingénierie. Il y a là un enjeu de solidarité.

 

10 mesures pour réduire la consommation des énergies fossiles

Selon un calcul de l’Agence internationale de l’énergie publié le 18 mars, 2,7 millions de barils de pétrole par jour pourraient être économisés rapidement. Dix mesures, appliquées de façon pérenne, permettraient de lutter contre la crise climatique et la pollution atmosphérique. A court terme, elles pourraient éviter un manque d’approvisionnement et la flambée des prix.

  1. Réduire la vitesse sur autoroute de 10 km/h.
  2. Travailler à domicile jusqu’à 3 jours/semaine.
  3. Interdire les voitures en ville le dimanche.
  4. Diminuer le prix des transports en commun. et encourager la marche et le vélo.
  5. Alterner l’accès des voitures privées aux grandes villes 2 jours/semaine.
  6. Augmenter l’autopartage et l’écoconduite.
  7. Promouvoir l’écoconduite pour les camions.
  8. Utiliser les trains à grande vitesse et de nuit au lieu des avions, quand c’est possible.
  9. Eviter les voyages d’affaires en avion quand des alternatives existent.
  10. Renforcer l’adoption de véhicules électriques plus performants.

Cet article est en relation avec les dossiers

Notes

Note 01 Association européenne de villes en transition énergétique Retour au texte

2 Réagir à cet article
Prochain Webinaire

Data visualisation, les agents véritables acteurs de la transformation

de Salesforce

--
jours
--
heures
--
minutes
marche online

Aujourd'hui sur les clubs experts gazette

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Urgence climatique : les collectivités misent sur l’Europe

Votre e-mail ne sera pas publié

Kim

04/04/2022 07h57

Article très intéressant mais la France préside le « Conseil de l’UE » et non le « Conseil européen » qui est, lui, dirigé par Charles Michel.

Romain Mazon

04/04/2022 10h41

Bonjour
Nous avons corrigé cette grossière erreur.
Merci de votre vigilance.

Commenter

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement