Fermer

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Menu

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Politique de la ville

Banlieues : le retour en grâce des acteurs de terrain

Publié le 30/03/2022 • Par Véronique Vigne-Lepage • dans : A la Une prévention-sécurité, A la Une santé social, Actu expert santé social, France

bataillons
FC
Depuis la crise sanitaire, Etat et collectivités ont déployé des renforts humains dans les quartiers les plus fragiles du pays. Ces nouveaux moyens humains, souvent en contrats à durée limités, restent fragiles, laissant planer l’incertitude sur la pérennité de services répondant à des besoins réels.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

« L’accompagnement humain a toujours été nécessaire dans la politique de la ville, mais le soutien aux acteurs qui le portent semble aujourd’hui plus visible. C’était indispensable, par respect pour les habitants ». Comme Catherine Arenou, maire (LR) de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) et vice-présidente de l’association Ville et banlieue, nombre d’élus de communes populaires le constatent et s’en félicitent : la tendance est au renforcement d’une présence « adulte » et professionnelle dans les Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

Les Villes sont d’ailleurs les premières à en prendre l’initiative, même si elles s’appuient souvent sur des contrats aidés d’adultes-relais. Comme Chanteloup-les-Vignes, précisément, qui « emploie dix médiateurs et en embauche encore, assure Catherine Arenou, qui ajoute : « Le contrat d’adulte-relais n’est pas choquant : il permet de cibler certains profils et de les accompagner vers autre chose. De toute façon, les collectivités locales n’ont plus les moyens d’embaucher de façon classique ».

La ville de Thonon-les-Bains (35 800 hab., Haute-Savoie) s’est, elle aussi, emparée de ce dispositif, en juillet 2021, afin de recruter deux médiateurs pour une nouvelle mission dite de « citoyenneté-prévention ». L’un d’eux, Osman Atès, raconte la ­surprise des habitants à les voir tourner, au quotidien, dans des rues où seule la police le faisait jusqu’ici : « Au début, les gens craignaient qu’on soit là pour balancer. Mais on leur explique qu’on est là pour les aider. »

Réappropriation de l’espace public

Même volonté municipale à Nîmes (148 600 hab.), où « la réappropriation de l’espace public est une priorité du contrat de ville », assure Jean-Marc Drioux, directeur de la cohésion territoriale et membre de l’Inter-réseaux des professionnels du développement social urbain (IRDSU). Une volonté accompagnée par le département, mais aussi, souligne-t-il, par « un gros soutien de l’Etat ». Outre le financement déjà ancien d’adultes relais pour des médiations en santé ou numérique, le plan « pauvreté », lancé en 2018, a permis d’ajouter des médiateurs de rue.

« Depuis deux ans, dès les beaux jours, ils occupent l’espace les soirs de week-ends et de vacances, avec des animations de terrasse, explique Jean-Marc Rioux. Tous les acteurs disent que les jeunes ont déjà plus de respect. » De fait, la ville ­étudie la création d’autres postes pour la tranche 20 heures - 2 heures, non couverte actuellement.

Avec la crise sanitaire et ses effets délétères sur les quartiers populaires, le besoin d’accompagnement est devenu plus aigu encore. C’était l’un des points de l’appel lancé, le 14 novembre 2020, par 200 maires, auquel le Comité interministériel à la ville a répondu, le 29 janvier 2021, par des mesures d’ampleur, y compris sur le plan humain : 180 policiers et gendarmes pour sept quartiers de reconquête républicaine (QRR) supplémentaires – portant leur nombre à 62 et leur effectif à 1 200 agents –, 300 médiateurs et autant d’éducateurs spécialisés, dits les « bataillons de la prévention », pour ces mêmes QRR, ou encore 500 nouveaux conseillers Pôle emploi dans 66 agences de QPV. Des renforts moins importants que les 7 000 demandés par les élus, mais salués.

Le plan de relance a ajouté la création de 4 000 postes de conseillers numériques France ­Service, en priorité en QPV. Dans la métropole de Lyon (59 communes, 1,41 million d’hab.), quinze d’entre eux, déployés depuis juillet par le groupement d’intérêt public (GIP) ­Maison métropolitaine d’insertion pour l’emploi (MMIE, 27 membres), « ont permis de couvrir 45 lieux qui ne l’étaient pas », témoigne Hélène Colson, cheffe de projet à la MMIE. Ils sont eux-mêmes habitants de QPV et, par choix de la MMIE, en insertion (lire ci-dessous).

Pour aborder ce métier nouveau, ils ont suivi de 105 à 425 heures de formation auprès de l’organisme spécialisé Simplon et validé une partie du titre de responsable d’espace de médiation numérique. « La complexité est de les amener à grandir dans la posture, commente Hélène Colson. Mais la force du dispositif est qu’il est massif et met en réseau les conseillers. » Elle s’inquiète cependant : « Non seulement nous ne pouvons pas les payer au-delà du Smic, mais nous avons dû faire des contrats de dix-huit mois et non à durée indéterminée, car nous ne connaissons pas le devenir de la subvention. Or on a créé un vrai besoin de pérennisation de ces postes. »

Lent travail de relation

Utiles et pourtant fragiles, c’est ce que semblent être aussi les bataillons de la prévention. « Mettre des humains supplémentaires sur un territoire comptant beaucoup de situations complexes, cela permet forcément de faire plus de choses », confirme Marie-Noëlle Toia, directrice de l’Association pour la promotion de l’action éducative (Apase), qui porte à Echirolles (37 000 hab., Isère) les deux types de postes du dispositif. La lutte contre le décrochage scolaire, le soutien à la parentalité et la santé nécessitaient cette équipe de renfort, qui lance une première action, collective, sur l’entrepreneuriat des jeunes.

De même, à ­Corbeil-Essonnes et à Grigny (51 200 hab. et 28 000 hab., Essonne), grâce à quatre postes d’éducateurs supplémentaires, Oser – autre structure d’éducation spécialisée – va pouvoir « renforcer des ateliers sur l’usage des réseaux sociaux, l’apprentissage du vivre-ensemble… » explique sa directrice, ­Coralie ­Bernard, dans l’espoir de réduire les rixes interquartiers. A Vaulx-en-Velin (52 800 hab., métropole de Lyon), en intervenant le soir et le week-end, les bataillons vont « recréer du lien avec un autre public, celui qui n’est plus en capacité de s’inscrire dans quoi que ce soit, qui est happé par les trafics, etc. » espère leur employeuse, Frédérique De ­Ciantis, directrice de l’association de prévention spécialisée Acolea.

Mais subventionnés uniquement jusqu’à fin 2023, ces postes sont fragiles. « On ne sait pas encore s’il y aura la volonté politique, au niveau métropolitain, de les prolonger », observe Marie-Noëlle Toia. Or, ajoute Nadia Chadi, cheffe du service éducatif de l’Apase, « s’implanter sur un territoire nécessite du temps. Nous avons d’ailleurs souhaité des arrivées progressives. »

En Essonne, Coralie ­Bernard n’a même accepté que quatre postes sur douze proposés : « On n’envoie pas des brigades entières dans un quartier, surtout juste pour dix-huit mois ! C’est mal connaître notre métier. Cela pourrait fragiliser le lent travail de relation. »

La temporalité des bataillons paraît d’autant plus courte que leur mise en place s’est heurtée à des difficultés de recrutement. « La prévention spécialisée est, déjà, un secteur en tension, mais demander, en plus, d’aller travailler dans des quartiers compliqués, ce n’est pas vraiment attractif », juge ­Coralie ­Bernard. Quant à Nadia Chadi, elle assure que les professionnels embauchés doivent être formés au travail de rue, devenu « méconnu ».

Formation certifiante à la médiation

Les postes de médiateurs nécessitent moins de pré-requis, mais leur développement quantitatif met en lumière la nécessité de formation. Histoire d’éviter, comme Jean-Marc Drioux se souvient l’avoir vu, qu’ils « se prennent pour Zorro ou ne sachent pas comment s’y prendre ». « Tous les maires qui ont des médiateurs disent qu’il ne faut pas de “grands frères” », confirme le député (LREM) de ­l’Hérault, Patrick Vignal, qui préconise la création d’un « vrai diplôme universitaire », dans le cadre d’une mission que lui a confiée le ­gouvernement sur les moyens de reconnaître la médiation.

Des employeurs vont au-delà du socle de formation exigé, portant sur les valeurs de la ­République. Nathalie­ Dupont­, responsable du service « cohésion territoriale et citoyen­neté » de Thonon-les-Bains, a convaincu le service RH que les médiateurs devaient être formés à l’environnement territorial et à l’élaboration de leur ­projet professionnel. A Acolea, on leur propose un cursus qualifiant d’animateur socioéducatif ou de moniteur-éducateur.

Quant à l’Agence Lyon tranquillité médiation ­– dirigée par Xavier ­Rochefort, président de France Médiation, et l’une des premières à obtenir, le 1er janvier, la certification Afnor en la matière –, elle agit pour les bataillons comme pour ses médiateurs en CDI : une formation certifiante à la médiation et un accompagnement.

La généralisation de ces bonnes pratiques permettra sans doute de rendre plus solide ce renforcement des équipes. Mais selon Jean-Claude Villemain, maire (PS) de Creil (lire ci-contre), « si les bataillons donnent satisfaction, il faut aussi les pérenniser, donc que les crédits “politique de la ville” augmentent d’autant »… l

« Ce que j’entends, c’est “Ouf ! Vous êtes là” »

Linda Ayadi, conseillère numérique à Rillieux-la-Pape (30 700 hab., métropole de Lyon) pour le GIP Maison métropolitaine de l’insertion et de l’emploi

« En recherche d’emploi après avoir arrêté longtemps de travailler – j’étais agente de service en hôpital gériatrique –, je voulais devenir développeuse web. Mais quand on m’a proposé une formation et un poste de conseillère numérique, j’ai compris que c’était exactement ce dont j’avais envie. En effet, j’accompagne beaucoup mon entourage dans les démarches administratives et je vois bien la fracture que représente le numérique pour les gens âgés. Or moi, cela me fait plaisir de donner du mien pour l’accès aux droits.

Selon les jours, j’interviens dans un centre social, dans une plateforme d’insertion ou à la médiathèque. J’aide les gens car je suis formée à chercher l’information en ligne. J’ai aussi mis en place des ateliers sur les bases de l’informatique et j’en crée d’autres en fonction des demandes : sur les impôts, sur France Connect, sur l’utilisation d’applis, etc. Depuis que je suis en poste, ce que j’entends le plus, c’est “Ouf ! Vous êtes là”. Dès qu’il y a une actualisation sur un site officiel, les gens sont perdus et craignent d’être privés de leurs droits. Quand j’ai été en arrêt de maladie, certains s’inquiétaient que je ne revienne plus. Le besoin est énorme. »

 

Creil fait le choix d’articuler les bataillons de la prévention avec l’existant

Nourddine Bougdaoua, responsable « prévention-jeunesse »Labellisés « Quartier de reconquête républicaine », les Hauts de Creil valent à la commune de bénéficier de bataillons de la prévention. « Nous avons inclus le dispositif au contrat de ­sécurité intégré [CSI] que nous venons de signer, explique Jean-Claude Villemain, le maire [PS] de Creil, car il ne peut pas y avoir de politique de la ville sans tranquillité. » Grâce à ce cadre, la ville a pu articuler avec l’existant les six postes de médiateur : deux ont été confiés au point information médiation multiservice (Pimms) pour renforcer ses équipes affectées aux transports urbains, tandis que les quatre autres interviennent dans les Hauts de Creil de 18 heures à 2 heures, un ­créneau qui n’était pas couvert.

« Cela nous permet d’avoir une présence quasiment en “3 x 8”, se félicite le maire, puisque nos médiateurs de jour commencent à 8 heures 30 pour les entrées de collèges. » Le CSI prévoit une coordination de tous ces médiateurs, ainsi que des éducateurs spécialisés de l’Ifep (*), dont l’effectif est enrichi de six postes dans le cadre des bataillons.

« Je vais avoir des comités techniques avec les responsables d’équipes du Pimms et de l’Ifep, et la déléguée du préfet, confirme ­Nourddine ­Bougdaoua, ancien médiateur en contrat aidé, aujourd’hui responsable “prévention-jeunesse”. Nous sommes tous soumis au secret professionnel, mais il a été décidé de partager l’information : quand les médiateurs de nuit vont à la rencontre des jeunes, ils peuvent repérer une situation nécessitant de passer le relais à un éducateur ou d’orienter vers les médiateurs de jour ceux qui cherchent un emploi. Il y a ainsi une vraie continuité. »

Contact : Nourddine.Bougdaoua@mairie-creil.fr

Réagir à cet article
marche online

Aujourd'hui sur les clubs experts gazette

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Banlieues : le retour en grâce des acteurs de terrain

Votre e-mail ne sera pas publié

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement