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[Opinion] Développement économique

« Réindustrialisation, un problème de méthode »

Publié le 25/03/2022 • Par Auteur associé • dans : France, Opinions

Industrie automobile
Fotolia
Le géographe Georges Roques questionne post-épidémie de Covid-19, dans la Gazette, la stratégie de réindustrialisation de l'exécutif. Pour lui, "il manque aux grands projets d’investissement annoncés par le gouvernement une méthode articulant élus locaux, Etat et entreprises et sans doute avec la participation des populations concernées directement ou indirectement par les projets.".

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Georges Roques

Georges Roques

Géographe

Il manque aux grands projets d’investissement annoncés par le gouvernement une méthode articulant élus locaux, Etat et entreprises et sans doute avec la participation des populations concernées directement ou indirectement par les projets. Les trois acteurs principaux (Etat, collectivités, entreprises) gagneraient à faire en sorte que la population du bassin d’emploi se sente concernée voire impliquée dans la construction et la mise en place du projet. La puissance de la pandémie du Covid a considérablement accentué les limites du système productif français, avec de graves conséquences sociales (1)

Faire converger les politiques publiques et les stratégies industrielles

L’enjeu central, c’est de faire converger les politiques publiques et les stratégies industrielles. Relocaliser, en particulier réindustrialiser implique que les acteurs soient capables de faire système avec un nombre important de facteurs. Et ça n’est pas simple (2)

Il s’agit de l’Etat – notamment par ses politiques d’investissement dans l’industrie et ses réglementations, des élus locaux – qui a une connaissance intime de ce que leur territoire peut accepter en termes de développement industriel, et enfin des entreprises et organismes publics (par exemple de recherche) sur qui reposent ces projets. Il faut orchestrer ces énergies a priori désynchronisées, une coproduction entre les partenaires au sein même du projet.

De nombreux exemples peuvent être cités. Ils montrent la diversité des secteurs, des territoires concernés et la manière dont les projets ont été conduits. Nous y trouvons de très belles réussites, et à l’opposé, des échecs. Voici quelques exemples.

On peut d’identifier les méthodes qui ont été à l’œuvre dans les succès des réindustrialisations, à bas carbone, par exemple avec l’installation de la gigafactorie de batteries de Verkor à Dunkerque (1 200 salariés), et le projet de la vallée de la batterie dans cette même région. Il s’agit d’un vaste plan européen (Alliance européenne des batteries (EBA) : 259 milliards d’investissement prévus. en 2025 Soutenue par des actionnaires de premier plan, EIT InnoEnergy, Groupe IDEC, Schneider Electric, Capgemini, Renault Group, EQT Ventures, Arkema, Tokai COBEX et Demeter FMET. Verkor a pour mandat d’accélérer l’industrialisation à grande échelle de batteries en Europe et de déployer « des processus de production intelligents et durables ». Ce projet initialement prévu à Rodez a échoué  en 2021 à cause du manque d’une bonne infrastructure de transports. On peut citer aussi la production de pompes à refroidissement pour l’avion décarboné par Liebherr Aerospace à Toulouse.

A l’inverse, le choix de Tesla pour implanter à Berlin l’usine prévue sur le site francilien de Melun-Villaroche peut être considéré comme un échec, tout comme l’abandon du projet de l’usine de cycles Mercier à Revin dans les Ardennes (250 emplois).

Les différentes phases doivent prendre en compte le fait  que chacun des participants a un bout de la solution entre leurs mains. Une instance souple de pilotage peut être la solution.  La région Hauts-de-France a mis en place un tel processus de Co expérimentation avec les préfectures et les entreprises pour les projets de relocalisations d’envergure régionale.

Des intercommunalités ont repris à leur niveau ce type de dispositif : celles du Pays-de-l’Or dans l’Hérault, de Riom-Limagne et Volcans en Auvergne, ou encore de Chateaubriand-Derval (Loire-Atlantique) pour des projets d’industrie légère de niveau intercommunal. On peut ainsi allier verticalité (les politiques publiques) et horizontalité (les stratégies de proximité des entreprises et le leadership politique des élus locaux), la décentralisation et la synchronisation.

On sait que ces principes et cette méthode sont à la source de l’irrigation en petites et moyennes entreprises industrielles des Lander allemands et des districts d’Italie du Nord. Une telle méthode implique de la part de l’Etat et des élus locaux des réflexes de coopération avec les entrepreneurs, un déplacement de leur rôle classique de guichet et de banquier vers celui plus innovant de co expérimentateurs de projets.

Travailler en partenariat avec la puissance publique

Pour les entreprises, il faut savoir travailler en partenariat avec la puissance publique, locale comme nationale. Les plans France Relance et France 2030 montrent une volonté politique et prévoient des moyens pour réindustrialiser. Mais on ne dit pas clairement les modalités permettant de  concrétiser cette volonté et de mettre en œuvre les moyens sur le terrain. L’enjeu principal est, pour les représentants de l’Etat, les entreprises et les élus locaux, d’acquérir de nouveaux principes de coopération. Pour le dire très simplement, un mode d’emploi serait bien venu. Il ferait gagner un temps précieux et éviterait les erreurs.

Ces opérations de relance économique présentent un grand intérêt pour l’aménagement du territoire. Il semble bien que les métropoles soient moins attractives, parfais presque thrombosées par de véritables AVC  des axes de transports, la cherté de l’immobilier. Le mouvement de la population et des activités vers les villes petites et moyennes demande à être confirmé, mais il existe. Le Covid est passé par là.

Encore faut-il espérer que ces nouvelles implantations ne se fassent pas exclusivement sur des territoires déjà bien pourvus. On pense à des territoires en crise et à des espaces isolés. Si l’on travaille réellement en termes de projet commun et vraiment partagé, on peut attendre une  simplification de notre millefeuille administratif. Parmi d’autres possibilités, le télétravail dont on peut regretter qu’il soit redevenu facultatif offre des possibilités intéressantes de localisations nouvelles du travail mais aussi d’activités. Et là, les élus des collectivités ont un bon terreau pour innover. Chaque acteur reste sur ses responsabilités, mais les applique sur l’étendue du territoire concerné par le projet. Ce serait reprendre l’idée pourtant ancienne de territoire de projet, voire de progrès.

Enfin, nous sommes dans un temps où l’accumulation des difficultés sociales et économiques dues à la pandémie,  aux crises internationales et à la tension géopolitique planétaire fait qu’il faut un minimum de consensus  dans les populations concernées pour que les projets réussissent. Sans doute la démocratie directe reste lointaine, mais rien n’interdit d’avancer dans cette direction. Ces relocalisations peuvent, voire doivent  en être l’occasion. C’est une question de volonté politique et de gouvernance, et c’est impératif.

Cet article fait partie du Dossier

Entreprises : quels choix d'implantation dans les territoires ?

Notes

Note 01 Georges Roques- Sidérés et manipulés- Quelles leçons retenir de la crise sanitaire ?- Cairn, deuxième trimestre 2021. Retour au texte

Note 02 Laurent Cappelletti- Rapport pour le Haut Commissariat au Plan- Dynamique économique et réindustrialisation durables (DÉRIDE) des territoires. Quelles actions utiles des pouvoirs publics ? 12 février 2022. Retour au texte

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