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Strasbourg abandonne le PPP pour ses bains municipaux

Publié le 21/10/2011 • Par Didier Bonnet • dans : Régions

Le projet de rénovation des bains municipaux via un PPP est enterré. Le maire (PS) Roland Ries l’a confié lors de la soirée électorale des primaires socialistes, où Martine Aubry est arrivée en tête à Strasbourg. Sur fond de querelle politicienne au sein du PS local, ce revirement est confirmé par la ville, qui travaille désormais sur la création d’un service public local pour mener à bien le projet.

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En apparence, la question est simple : Strasbourg dispose de bains municipaux datant de la fin du XIXème siècle, édifice classé, dont l’état général est très dégradé, qui affiche un important déficit annuel (1,8 million d’euros) et dispose d’une superficie totale de plus de 10 000 m2.
La simple remise aux normes représente, selon la ville, 8 millions d’euros. Sans cette mise de fonds, la menace est la fermeture du bâtiment, qui accueille 150 000 nageurs par an (chiffre en baisse constante). Déjà, les anciens espaces de bains individuels sont fermés au public.

Surcoût et perte de souveraineté – En mai 2011, la ville avait annoncé le choix d’un partenariat public privé, précisant que la recherche du partenaire potentiel était engagée, suite à plusieurs phases de concertation avec le public, le conseil de quartier, etc.
Des voix se sont élevées localement pour contester ce choix, notamment certains des personnels concernés (par la voix de la CGT), ainsi que l’aile gauche du PS et des associations d’usagers.
En cause, le surcoût d’un PPP, et la perte de souveraineté de la ville qu’il entraînerait.

Lors d’une conférence de presse le 24 septembre, Roland Ries défendait le principe de l’engagement du privé dans le dossier, estimant que le principal risque « reste la fermeture du bâtiment pour motif de sécurité. Dans l’hypothèse du PPP, la piscine demeurerait propriété de la ville, les tarifs y seraient les mêmes que pour les autres piscines de la Communauté urbaine de Strasbourg. Nous cherchons un partenaire privé pour éviter la suppression de cette piscine, comme cela a été fait par exemple à Colmar et Roubaix. Notre volonté est de rouvrir un bâtiment modernisé avec maintien du service public », expliquait-il.

Plus de 30 millions d’euros au total – Le premier adjoint au maire, Robert Hermann, porteur du projet, considérait ce même jour que le coût d’une remise en état globale des bains municipaux, y compris les saunas, hammam, ainsi que la modernisation de l’ensemble prévoyant entre autres un bassin extérieur et un solarium, éventuellement des espaces bien-être santé, ludiques et de la restauration, ne pourraient être obtenus qu’avec un soutien financier extérieur. «La dépense globale dépasse 30 millions d’euros, ce qui est hors de portée de la collectivité. Il faudra inventer une forme nouvelle de financement », estimait-il lors de cette même conférence de presse.

Au-delà de la querelle politicienne locale, c’est le concept même de PPP qui semble avoir joué comme un repoussoir. A tel point que le recours global au privé paraît abandonné pour tout financement, mais pas pour gérer les activités liées à la santé, pour laquelle la ville n’a pas de compétence et qui ne relèvent pas du service public d’une piscine municipale.

C’est donc vers une société d’économie mixte (SEM) que s’oriente la collectivité : elle donnera une délégation de service public local pour gérer l’ensemble des fonctions des bains municipaux.
« C’est cette SEM qui empruntera les fonds, sans que cet endettement ne pèse directement dans celui de la ville », explique un proche du maire, qui indique tout de même que les agences de notation observent la totalité des engagements des collectivités, SEM y compris.
Et Strasbourg tient évidemment à sa note maximale dans ce domaine.

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Commentaires

Strasbourg abandonne le PPP pour ses bains municipaux

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jeune_diplomé_indigné

25/10/2011 04h30

Et voici bien le problème du néolibéralisme, les communes, les états on perdu leur statut de superpuissance face au système économique. Les pensées de Milton Friedman arrivent dans nos communes, et les agences de notations commencent à influencer le choix de nos politiques.

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