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Pratique sportive

Sport : plus vite, plus haut, plus féminin !

Publié le 24/03/2022 • Par David Picot • dans : Actu expert acteurs du sport, France

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skeeze / Pixabay Public domain
De nombreux freins persistent à la pratique physique et sportive des femmes et des jeunes filles. Les collectivités ont un rôle majeur à jouer pour favoriser le dévelop­pement du sport au féminin. Outre l’événementiel, la subvention est le levier le plus employé, avec l’enjeu de gommer, peu à peu, le caractère inégalitaire des politiques publiques sportives.

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« Le système sportif est historiquement dirigé par des hommes, pour des hommes », explique ­Dominique ­Charrier, sociologue à la faculté des sciences du sport de l’université Paris-Saclay (lire ci-dessous). « Nous sommes donc confrontés à une difficulté ancienne, même si nous constatons quelques progrès. » La preuve par les chiffres : en 2020, seize femmes ont été élues à la présidence de l’une des 113 fédérations sportives, contre douze lors du mandat précédent. Fait notable : l’élection de ­Brigitte ­Henriques à la tête du Comité national olympique et sportif français. Sur les terrains, la pratique licenciée féminine progresse également, elle est passée de 30 %, en 2000, à 38 %, en 2020. 

Du côté des délégations des collectivités territoriales, premiers financeurs publics du sport en France, la parité est encore loin d’être à portée de main. Première adjointe à la mairie de La Rochelle (77 200 hab., Charente-Maritime) et représentante de l’Andes, ­Catherine ­Léonidas évalue à « un peu plus de 25 %, la part de femmes chargées des sports dans les communes et intercommunalités. Nous sommes largement minoritaires, mais la proportion augmente petit à petit », assure-t-elle. Cette disparité exerce-t-elle un impact sur la politique sportive locale ? D’après une étude de l’Andes, réalisée en 2018, dans près de deux cas sur trois, la place du sport correspondait à un « axe implicite ou non formalisé », voire « pas abordé du tout ». Le constat d’alors : « Il n’y a pas encore une totale prise en compte de la problématique liée au développement de la pratique sportive féminine. » 

Appel à projets « sports solidaires »

Aujourd’hui, « que ce soit sur ou en dehors du terrain, oui, nous constatons du mieux », consent ­Béatrice ­Barbusse (1), sociologue à l’université Paris est – Créteil­, vice-présidente déléguée de la FFH. Mais cette ancienne élue d’Ivry (Val-de-Marne) « déplore toujours le caractère inégalitaire des politiques publiques ­sportives locales. Les collecti­vités ont un rôle fondamental à jouer. Mais n’ayons pas peur de dire que tout reste à faire ». 

« Les communes multiplient les initiatives pour développer la pratique sportive féminine et combler les disparités avec les hommes », enchaîne ­Catherine ­Léonidas. Le levier d’intervention privilégié reste la subvention. « Depuis deux ans, nous avons fait évoluer nos appels à subventions en intégrant la pratique féminine dans les clubs », souligne ­Yves ­Benitah, vice-président délégué chargé de la politique sportive au sein du Grand Lyon (59 communes, 1,41 million d’hab.). En mars 2021, la collectivité a lancé l’appel à projets « sports solidaires » doté de 222 000 euros. Deux axes prioritaires émergent : les jeunes et la pratique sportive féminine, « avec l’objectif que les projets soient portés par un tissu d’acteurs. Par exemple, des clubs sportifs en partenariat avec un centre d’action sociale ». L’élu souhaite aussi s’appuyer demain sur des indicateurs plus fins. Des budgets genrés sont évoqués. « Nous y travaillons », lâche-t-il à demi-mot. 

Des écarts de un à quatre entre un club masculin et un club féminin

­Béatrice ­Barbusse milite pour ce type d’initiatives. « C’est la seule solution pour distinguer les collectivités opportunistes ou qui communiquent bien des autres qui traduisent leurs discours dans les actes. Il est anormal de constater des écarts de un à quatre entre un club masculin et un féminin qui évoluent à un même niveau, dans une ville », déplore-t-elle. 

Vice-président de la métropole Rouen ­Normandie (71 communes, 492 700 hab.) chargé des sports, ­David ­Lamiray nuance : « C’est une vraie question, mais tout cela est également lié au modèle économique du club et à la médiatisation de la discipline. Dans certaines, au haut niveau amateur ou en professionnel, ça voudrait dire que telle ou telle équipe féminine ne vivrait qu’avec de l’argent public… Ce que verse la collectivité doit surtout être proportionné aux dépenses de l’équipe » (lire ci-dessous). 

A ­Bourges (64 500 hab., Cher), les critères de subventions reposent actuellement sur deux piliers : « Le nombre de licenciés et le haut niveau », décrit ­Renaud ­Mettre, adjoint au maire, chargé des sports. Mais sous l’impulsion des assises du sport installées en mars 2021, « nous souhaitons qu’une part du budget soit dévolue à la pratique féminine, car celle-ci ne représente que 30 % de l’acti­vité licenciée. Mais aussi que davantage de femmes s’impliquent dans la gouvernance des associations. Il s’agit de mettre en valeur les structures qui effectuent déjà des démarches en ce sens et de favoriser les bonnes pratiques ». 

Cela commence par montrer l’exemple à l’échelle du dispositif municipal des écoles de sport : « Eviter de privilégier les uns ou les autres, notamment parmi les plus jeunes », complète ­Elise ­Gousseau-Brisset, directrice des sports. Parmi les 771 enfants, « nous recensons 54 % de filles et 46 % de garçons. L’encadrement ? Sept Etaps, dont quatre filles, avec l’idée de déconstruire les idées reçues de telle discipline pour les garçons et telle autre pour les filles ».

Des freins à lever

Au-delà, ­Catherine ­Léonidas insiste « sur l’aspect événementiel et tout ce qui peut mettre les femmes et jeunes filles à l’honneur. Il s’agit de faire savoir, faire connaître ». En novembre dernier, Nantes métropole (24 communes, 656 300 hab.) a ainsi accueilli les premiers Trophées Alice-­Milliat, référence à cette Nantaise (1884-1957) souvent présentée comme la première dirigeante sportive et qui avait fait de la participation des femmes aux Jeux olympiques le combat de sa vie. Responsable de l’événementiel sportif, ­Valérie ­Marqueton ajoute : « Il s’agit aussi de valoriser la qualité du spectacle sportif féminin à travers l’accueil de grands événements internationaux » et ainsi favoriser leur médiatisation.

L’accès aux équipements constitue aussi une pré­occupation. « Les femmes et jeunes filles demandent des points d’eau, des douches et des vestiaires fermés. L’absence de ces éléments constitue clairement un frein à la pratique », poursuit-elle. Un plan « vestiaires » susceptible de concerner les équipements en accès libre est aussi évoqué. L’enjeu est de taille car, « avec des pratiques sportives libres, la demande féminine explose », constate ­Elise ­Gousseau-Brisset.

A Nantes, « nous faisons en sorte que les équipements de “street workout” (2) prennent en compte des aspects de la morphologie féminine, avec par exemple des barres de traction placées moins haut que pour les garçons, renchérit ­Valérie ­Marqueton. Nous installons aussi des agrès demandés par les femmes, comme les vélos de musculation. » Dans ce contexte, le déploiement à venir du Plan des 5 000 équipements par l’Agence nationale du sport sera scruté de près.

« Le syndrome des cases à cocher »

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Dominique Charrier, socioéconomiste, maître de conférences, faculté des sciences du sport à l’université de Paris-Saclay

« La pratique sportive est valorisée et nous pensons, trop vite, qu’elle est facilement accessible aux femmes. C’est nier trois variables sociales qui les concernent en premier lieu : la pauvreté, la flexibilité et la précarité. Autrement dit, trouver le temps pour pratiquer et en avoir les moyens. Il s’agit de véritables impensés des politiques sportives locales. Sans nier les contraintes qui pèsent sur les collectivités, elles ne vont pas assez loin sur le sujet. Mettre en place des projets en direction des personnes en situation de handicap, des seniors ou des femmes fait partie d’une sorte de passage obligé. Ce que j’appelle “le syndrome des cases à cocher“. Mais les leviers utilisés n’ont pas suffisamment d’impact. »

« Des aides versées en fonction des coûts de fonctionnement de l’équipe »

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David Lamiray, vice-président de la métropole Rouen Normandie, chargé des sports

« Nous avons souhaité rééquilibrer l’engagement de la collectivité dans le sport féminin. Avant juin 2019, nous déterminions des équipes d’intérêt métropolitain, en lien avec un haut niveau de pratique, pour lesquelles l’accompagnement financier sortait des critères du règlement d’aide. Il se trouvait qu’elles étaient toutes masculines… Nous sommes donc passés des équipes aux disciplines d’intérêt métropolitain. Sept au total, avec un régime dérogatoire pour les formations masculines et féminines qui jouent au plus haut niveau de leur discipline, au sein de la métropole.

Si elle est dans ce cas, une équipe régionale féminine peut ainsi s’ouvrir à des fléchages à hauteur, pour cette saison et les deux suivantes, de 35 %, 40 % et 50 % de son budget de fonctionnement. Nous comblons ainsi la différence hommes-femmes. »

Cet article est en relation avec le dossier

Notes

Note 01 Auteure de « Du sexisme dans le sport », éd. Anamosa, nouvelle édition 2022. Retour au texte

Note 02 Le street workout est une discipline sportive qui consiste à se muscler principalement au poids du corps à l’aide du mobilier urbain. Retour au texte

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