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Démocratie

L’Ile-Saint-Denis, laboratoire citoyen contre l’abstention

Publié le 30/03/2022 • Par Brigitte Menguy • dans : France

Un chantier participatif de réhabi­litation de la cour d’école du groupe scolaire Jean-Lurçat est en cours.
Un chantier participatif de réhabi­litation de la cour d’école du groupe scolaire Jean-Lurçat est en cours. F. Calcavechia/La Gazette
Plus que jamais, le futur locataire de l’Elysée devra renouer le lien avec les citoyens. Dans le « 93 », L’Ile-Saint-Denis semble avoir trouvé la recette magique pour y parvenir.

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Un nouveau record d’abstention semble se profiler pour le scrutin présidentiel des 10 et 24 avril. Sortie du Covid-19, vacances scolaires, guerre en Ukraine… rien ne semble favorable à la mobilisation citoyenne. De fausses raisons pour les observateurs de la vie politique française qui pointent, depuis plusieurs échéances électorales, un mal bien plus profond : une crise démocratique au sein de laquelle les citoyens n’ont plus confiance dans les institutions ni dans leurs représentants. Ce constat est encore plus criant en Seine-Saint-Denis, où les habitants désertent les isoloirs, faute d’avoir été entendus par les élus de la République. Pour preuve, le taux de participation du département avoisinait les 26 % aux dernières municipales.

Elus « nouvelle génération »

Le « 93 » serait donc perdu à tout éveil citoyen. Tout le département ? Non ! Une ville dans le sud de celui-ci – ou plutôt une île – croit toujours dans le collectif, même quand il est institutionnalisé. Car à L’Ile-Saint-Denis, les taux de participation aux élections ne faiblissent pas : 60 % au dernier scrutin municipal et 70 % pour les précédentes élections présidentielles. « Nous sommes fiers de la participation aux urnes de nos concitoyens car elle reflète leur état d’esprit », commente dans un large sourire ­Mohamed Gnabaly, le maire (SE).

Cette réussite serait-elle l’œuvre d’un seul homme ? Il faut reconnaître que Mohamed Gnabaly fait partie de ces élus « nouvelle génération ». Elu à 30 ans, il confesse qu’avant d’enfiler l’écharpe tricolore, il ne connaissait rien aux institutions ni même à la politique. « Je suis issu d’une liste citoyenne, je suis entrepreneur et je ne veux pas faire carrière en politique », précise celui qui attache de l’importance à la non-déconnexion des élus avec le monde professionnel. « Tous les élus de ma majorité ont une activité professionnelle ou sont retraités. » Pas d’affiliation à un parti politique non plus, pour le désormais vice-président de l’­Association des maires de France.

Chantiers participatifs en cours

Cette posture n’est pas nouvelle dans l’histoire politique de L’Ile-Saint-Denis. Avant la victoire, en 2020, de la liste de Mohamed ­Gnabaly, l’équipe municipale était déjà issue d’une liste citoyenne, née elle-même d’une association d’éducation populaire. Une continuité qui a aussi amené à la présence de deux listes citoyennes au dernier scrutin municipal et à un contentieux électoral gagné par l’équipe actuelle. « Cela a ­divisé la population », constate Marie Anquez, adjointe au maire, chargée de la démocratie participative.

Celle-ci veut d’ailleurs faire table rase du passé en matière de participation citoyenne. Fini donc les instances de démocratie participative classiques où « les mêmes personnes monopolisent la parole ». La ville souhaite faire descendre la démocratie d’un cran. « Il y a vingt ans, on était précurseur de ce modèle, maintenant, on veut en sortir car elle ne permet plus ­l’expression du plus grand nombre », détaille l’adjointe.

Pour développer ses démarches participatives d’un nouveau genre, la collectivité a vu arriver dans ses effectifs une chargée de mission, Hakima Khelfa, qui consacre désormais ses journées à traduire cette volonté politique « d’aller vers » la population. Première étape, les tables citoyennes : « A chaque fête organisée par la ville, une table avec les habitants sera ouverte afin de débattre et de coconstruire les politiques communales de demain », relate la chargée de mission.

D’autres chantiers participatifs sont en cours, comme la réhabi­litation de la cour d’école du groupe scolaire Jean-Lurçat. Coincée au sein des quartiers sud de l’île gangrenés par le trafic de drogue et objet d’un important projet de renouvellement urbain, l’école va accueillir dans les prochains mois une nouvelle cour en partie ­végétalisée. Présente lors d’une réunion d’échange sur ce projet à laquelle assistaient également la ville, des habitants et des associations, une enseignante salue la démarche de la commune. « Dans ce quartier, on a besoin de projet comme celui-ci », témoigne-t-elle, encore bouleversée par l’arme trouvée dans cette même cour le mois dernier.

Dans le nord de l’île, l’ambiance est différente. Les tours d’immeuble ont laissé place à de cossus pavillons où règne davantage une ambiance de village. Habitante du quartier, Sylvie ­Dufournaud n’a pas voulu que les dealers prennent possession des rues avoisinantes ni que sa ville devienne une cité-dortoir. Elle a retroussé ses manches avec d’autres résidents pour créer un café associatif devenu aujourd’hui un café-restaurant. « Notre ville est un village, tout le monde se connaît et je voulais garder un lieu pour exprimer cette appétence pour le vivre-ensemble », décrit celle qui a quitté Paris il y a dix ans pour L’Ile-Saint-Denis.

Des associations très actives

L’élan collectif ilodionysien se retrouve aussi dans le milieu associatif. Autre record battu dans cette ville du « 93 », le nombre d’associations. Pas moins de 40 sont actives. « La culture ici est d’être membre d’une association, même le maire vient de l’associatif », explique Carla, qui travaille au Phares. Sous cet acronyme qui signifie « pôle d’hospitalité d’activités à rayonnement écologique et solidaire », sont regroupées des associations et des entreprises autour d’un projet commun d’inser­tion par l’activité professionnelle de publics éloignés.

Le bâtiment, orné d’une fresque réalisée par les habitants du quartier, dispose d’un réfectoire, d’un jardin partagé, de plusieurs salles communes ouvertes à tous. « Nous bénéficions d’un terreau démocratique idéal, reconnaît le maire, mais il faut l’entretenir, le nourrir. Or, la question du “nous” dépend aussi des moyens financiers car si nous n’avons rien à apporter aux habitants, la mobilisation peut très vite s’éteindre. »

La ville mise sur les prochains Jeux olympiques, vecteur de son futur désenclavement, grâce à la nouvelle liaison par pont prévue à l’été 2023 et ses offres de transports collectifs, ainsi que l’accélération de son ­projet d’écoquartier.

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L’Ile-Saint-Denis, laboratoire citoyen contre l’abstention

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Association ICI

07/04/2022 02h41

Bonjour,
L’association ICI porte et mène, avec la mairie et la communauté d’agglomération, le projet de réhabilitation et desartificialisation de la cour de l’école Jean Lurcat. La photo illustrant l’article a d’ailleurs été prise durant un COPIL du projet. Est il possible de mentionner l’association ICI dans l’article?
Bien cordialement,
L’association ICI

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