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Biodiversité

Des prairies fleuries de plantes sauvages s’invitent dans les villes

Publié le 29/03/2022 • Par Isabelle Verbaere • dans : Actualité Club Techni.Cités, France, Innovations et Territoires

Wildblumenwiese
Finn Kuepper/7177DESIGN
Les mélanges de prairies fleuries sont souvent composés de graines de plantes exotiques ou de variétés hybrides de plantes sauvages, qui menacent la biodiversité. Or les communes ont tendance à en semer un peu partout, dans le cadre d’une gestion différenciée des espaces verts : talus, bassins de rétention, ronds-points. Les producteurs de semences proposent des mélanges de graines de plantes sauvages qui sont collectées dans la nature avant d’être multipliées.

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Si bucoliques en apparence, les prairies fleuries qui embellissent nos villes représentent une menace pour la biodiversité ! En effet, les mélanges de graines qui sont largement utilisés par les communes – de type « jachères fleuries » – sont composés de plantes exotiques, comme les cosmos, mais aussi de variétés horticoles des fleurs des champs. Le bleuet sauvage est bleu et n’a qu’une rangée de pétales, alors que sa version horticole présente des fleurs doubles, parfois roses ou blanches. La composition de ces mélanges n’a donc rien à voir avec la flore indigène. Ce qui pose plusieurs problèmes.

Pollution génétique

« Ces cultivars [variété de plante obtenue par sélection], s’ils produisent du pollen, peuvent polluer génétiquement les populations sauvages qui poussent aux alentours en leur apportant des gènes inadaptés, prévient Guillaume Lemoine référent “biodiversité et ingénierie écologique” à l’établissement public foncier [EPF] des Hauts-de-France. On prend ainsi le risque de perdre le fruit de 10 000 ans d’évolution, au cours desquelles les écotypes locaux se sont adaptés à notre ­territoire, à son climat, à son sol, avec les autres plantes et animaux avec lesquels ils ont ­coévolué. » Cette diversité génétique doit être d’autant plus préservée qu’elle est un atout lorsqu’il s’agit de résister aux changements du milieu, notamment à la sécheresse, aux maladies et aux ravageurs.

Autre problème : les cultivars ont été hybridés par l’homme pour leurs qualités esthétiques, au détriment de la production de nectar et de pollen.

Malheureusement, ces plantes tape-à-l’œil vont attirer les insectes pollinisateurs. Elles « agissent comme un piège écologique car elles leur offrent peu de ressources, observe ­Jérémie Goulnik, chargé de programme “pollinisateurs sauvages” au sein de l’association Noé. En outre ces mélanges participent à une banalisation de la végétation. Or les pollinisateurs sont dépendants de la diversité de la ressource végétale qui leur permet de se nourrir tout au long de l’année ».

L’alternative consiste à semer des mélanges de plantes sauvages issus de prélèvements dans le milieu naturel et dans la région concernée. Cette pratique est encadrée par la marque Végétal local, créée en 2015, propriété de ­l’Office français pour la biodiversité (OFB). Elle garantit la traçabilité des végétaux issus de onze grandes régions écologiques, distinctes des régions administratives.

Soixante-dix structures sont titulaires de la marque (en 2021) dont des semenciers comme Ecosem (Wallonie et Hauts-de-France) ou Nungesser semences (Grand Est). « Nous travaillons avec des botanistes qui collectent les graines d’herbacées sur des zones Natura 2000 où nous sommes ­certains qu’il n’y a pas eu de semis, détaille Lucie Heitz, ingénieure dans cette entreprise. Ces premières graines sont multipliées sous serres, puis plantées en plein champ chez un agriculteur qui en récolte les semences. Il faut compter trois à quatre ans, entre la collecte et la vente, selon les espèces. »

Pollinisateurs nourris

Les chantiers se multiplient. L’EPF des Hauts-de-France a décidé d’ensemencer systématiquement les espaces déconstruits, les ex-friches, en attente d’un nouvel usage pour éviter l’apparition d’une flore indésirable, limiter les coûts de gestion, nourrir les pollinisateurs et améliorer le cadre de vie. « Lorsque les terrains sont voués à rester des cœurs de nature ou à n’être pas reconstruits avant plusieurs années, l’installation de pelouses sèches et de prairies fleuries d’origine régionale certifiée (Ecosem) est privilégiée », expose Guillaume Lemoine.

« Le prix au kilo du mélange labellisé Végétal local est plus élevé de 20 centimes au mètre carré que celui du mélange basique, mais il y a beaucoup plus de graines au kilo, constate Jean-Marc Gleize, chargé d’opération au service “aménagement, espaces publics et paysages” de la métropole du Grand Nancy [20 communes, 258 000 hab]. Surtout, ce surcoût est amorti car l’entretien de ces prairies de graminées et fleurs sauvages est minime. »

Fauchage deux fois par an

L’interco a profité de l’ouverture d’une voie de contournement et du réaménagement des abords pour semer une prairie de plantes sauvages, il y a deux ans. « Il s’agit d’un mélange de vivaces, ce qui évite d’intervenir tous les ans et le résultat est magnifique », se félicite Jean-Marc Gleize. La métropole a réalisé plusieurs essais de semis de prairies horticoles annuelles, il y a quelques années. « Cela exige un énorme travail de désherbage, car les adventices poussent avant les fleurs, précise Guillaume Stef, gestionnaire des espaces verts. Le désherbage coûte 1,54 euro le mètre carré ! Et puis il fallait arroser. Alors que les plantes sauvages se débrouillent seules, hormis un fauchage deux fois par an avec enlèvement des foins, il n’y a aucun entretien à faire. »

La métropole du Grand Nancy va renouveler l’expérience sur une future voie verte en 2022. « Ces plantes poussant sur des sols maigres, nous avons pu remblayer avec des terres excavées sur un chantier, plutôt qu’avec de la terre végétale qui se raréfie », conclut Jean-Marc Gleize.

Une filière de production de semences locales pour protéger les captages

[Syndicat des eaux et de l’assainissement Alsace-Moselle 737 communes • 1,07 million d’hab.] Le syndicat des eaux et de l’assainissement Alsace-Moselle (SDEA) essaie de mettre en place des filières agricoles à bas niveau d’impact pour la ressource en eau, dégradée par la présence de nitrates et de produits phytosanitaires depuis 2016. « Des cultures qui utilisent peu ou pas d’intrants chimiques, mais qui sont intéressantes économiquement pour les agriculteurs », précise Loïc Boise, chargé de mission « protection des eaux souterraines ». En 2018, le SDEA et Nungesser semences déposent un projet pour développer la production de semences de graminées sauvages dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt de l’agence de l’eau Rhin-Meuse et de la région Grand Est. « Le dossier a obtenu un avis favorable des deux financeurs pour subventionner des études, de l’animation et de l’investissement, ce qui a permis de soutenir le démarrage de la filière », se félicite Loïc Boise. Dix-huit hectares ont été cultivés en 2021, le double de l’année précédente. La filière vise 50 à 80 hectares : 20 à 30 pour implanter des fleurs sauvages, 40 à 50 pour les graminées. « On recherche des producteurs locaux, poursuit Loïc Boise. Cette culture demande une grande technicité, mais est très rémunératrice pour les agriculteurs. » Et elle n’utilise pas de pesticides et très peu d’engrais. « Nous recherchons des surfaces situées sur des zones d’alimentation de captage, conclut-il. Ce sera le cas sur un premier hectare en 2022. »

Contact : Loïc Boise, 03.88.19.29.19.

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