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Réseaux

50 milliards d’euros pour doper l’investissement dans les réseaux de transports, d’énergie et de télécoms

Publié le 19/10/2011 • Par Nathalie Vandystadt • dans : Europe

C’est ce mercredi 19 octobre 2011 que la Commission européenne doit mettre sur la table des eurodéputés et des Etats membres de l’UE son projet législatif créant un fonds de 50 milliards d’euros pour financer des projets paneuropéens de transport, d’énergie et de télécoms. Les transports se taillent la part du lion.

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La Commission européenne va devoir convaincre qu’elle peut gérer seule une enveloppe de 40 milliards d’euros et doper les investissements privés et publics pour financer des projets transeuropéens souvent délaissés par les gouvernements et les acteurs économiques nationaux. Sur les 50 milliards du futur « Fonds infrastructures », 10 milliards proviendront en effet du Fonds régional de cohésion géré au niveau national. Ils seront réservés aux transports.

31,7 milliards pour les transports transfrontaliers – Les transports transfrontaliers sont, de fait, la grande priorité, avec une dotation de 31,7 milliards d’euros, contre 9,2 milliards d’euros pour les infrastructures numériques (haut débit, surtout, et services en ligne) et 9,1 pour l’énergie.

Selon les projets de la Commission vus par La Gazette des communes, le Fonds infrastructures viendra compléter les aides directes européennes via divers instruments financiers, comme des prêts, des garanties, des fonds d’investissement ou encore des emprunts obligataires européens.
Bruxelles espère ainsi susciter des « effets de levier » pour attirer les capitaux privés et susciter des partenariats public-privé.

« Cela ne fait aucun doute, l’Europe a un grand besoin d’infrastructures rapides, d’interconnexions, pour les passagers et les marchandises dans les transports, par exemple », souligne la présidente du Comité des régions de l’UE, Mercedes Bresso, dans une interview accordée à La Gazette des communes, citant notamment le « très coûteux » fret transalpin, transPyrénées, mais aussi les interconnexions entre les ports européens et les réseaux électriques intelligents.

Projets prioritaires – Les trois commissaires européens concernés par ces fonds – Günther Oettinger (Energie), Siim Kallas (Transports) et Neelie Kroes (Télécommunications) – ont à plusieurs reprises évoqué leurs projets prioritaires.

Neelie Kroes a mis l’accent sur les réseaux internet à haut débit, dotés d’au moins 7 milliards d’euros, et qui, selon ses prévisions, devraient permettre de lever de 50 à 100 milliards d’euros en investissements privés et publics sur les marchés, sachant que couvrir toute l’UE de réseaux internet à grande vitesse coûterait jusqu’à 270 milliards d’euros d’ici à 2020.

Günther Oettinger mise, lui, sur les interconnections dans les secteurs du gaz et de l’électricité. Il a identifié une douzaine de projets qui concernent au minimum une dizaine d’Etats, comme le projet d’interconnexions électriques Nord-Sud entre la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, Malte, le Portugal, l’Espagne et le Royaume-Uni.
Ce sont environ 200 milliards d’investissement qui devront être effectués dans les gazoducs et les réseaux électriques.

Siim Kallas a la même démarche pour les transports terrestres, mais également maritimes et aériens. Selon les études de la Commission, répondre à la demande en matière de transport en Europe coûterait plus de 1 500 milliards d’euros pour 2010-2030.
A lui seul, l’achèvement du réseau transeuropéen de transport exigera environ 500 milliards d’euros d’ici 2020.

Réticences – En pilotant elle-même ces fonds, la Commission espère donc mieux connecter les infrastructures européennes alors que les fonds régionaux sont trop souvent utilisés à des fins de politique locale interne.
Ce qui pourrait poser des problèmes à certains Etats membres, comme la Pologne qui a déjà exprimé ses réticences à l’égard d’un pilotage bruxellois.

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