Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
Club Santé Social

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

icon Club Santé Social

Lutte contre la pauvreté

« Les sans-abri ignorent le plan “logement d’abord” »

Publié le 14/03/2022 • Par Rouja Lazarova • dans : Actu expert santé social, France

Gazette 10 : portraits de Julien Levy (barbe) et Gabriel Uribelarrea à Lyon
Rambaud/Alpaca/Andia.fr
Les sociologues Julien Lévy et Gabriel Uribelarrea s’intéressent aux sans-abri dans le cadre de leurs recherches. Notamment au plan quinquennal du « logement d’abord », qui vise à réduire le sans-abrisme. Il en ressort un accompagnement fort des personnes pendant leur présence dans le programme et une transition difficile vers l’autonomie, une fois qu’elles sont logées dans des dispositifs de droit commun.

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

Julien Lévy (à droite sur la photo) et Gabriel Uribelarrea s’intéressent aux sans-abri dans le cadre de leurs recherches, l’un à Grenoble, l’autre à Lyon. Ils travaillent au sein de la chaire « publics des politiques sociales » (1) de l’université Grenoble Alpes. Créée en 2019 par des membres de l’observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), cette chaire récente se penche sur les publics et leurs relations à l’offre sociale, au travers de deux programmes : le premier est centré sur les sans-abri et leurs perceptions des politiques d’hébergement et d’accès au logement ; le deuxième est consacré à leur participation dans la définition et l’évaluation de ces politiques publiques.

La thèse de Julien Lévy, soutenue en 2021, porte sur les grands exclus, les « sans-abri chroniques » et l’évolution des politiques d’hébergement et d’accès au logement depuis 1980. Gabriel Uribelarrea analyse dans la sienne les relations entre les problématiques du soin et celles « d’habiter ». Tous deux sont membres du réseau de recherche international Aux frontières du sans-abrisme. Les sociologues s’intéressent logiquement au plan quinquennal du « logement d’abord », qui vise à réduire le sans-abrisme en s’appuyant sur l’expérience américaine du « Housing First » (Un chez soi d’abord, ndlr). Depuis avril 2019, ils y consacrent une recherche sur les agglomérations grenobloise et lyonnaise, territoires « de mise en œuvre accélérée » du plan. Ils suivent qualitativement un groupe de 83 personnes, en réalisant trois entretiens tout au long de leur parcours. Il en ressort un accompagnement fort des personnes pendant leur présence dans le programme et une transition difficile vers l’autonomie, une fois qu’elles sont logées dans des dispositifs de droit commun.

Quelles sont les différences de forme que prend le « logement d’abord » dans les métropoles de Grenoble et de Lyon ?

Le dispositif « logement d’abord » est mis en œuvre selon des logiques très diverses. Grenoble a essayé de centraliser les actions autour d’une plateforme gérée et animée par la métropole, en lien avec les associations et les services de l’Etat. Une commission de l’accompagnement centralise les demandes et oriente les personnes vers les mesures d’accompagnement assurées par les opérateurs associatifs. L’idée est de leur permettre d’accéder aux droits, et notamment aux ressources, condition préalable d’accès au logement, ce qui exclut les personnes en situation irrégulière.

A Lyon, l’approche est polycentrique, avec une diversité des dispositifs ciblant différents publics. Cinq caté­gories sont visées : les personnes à la rue, les jeunes sortant d’institution (notamment l’aide sociale à l’enfance), les familles proches de l’emploi, les adultes sortant d’institutions (telles que les hôpitaux psychiatriques et les prisons), les ménages menacés d’expulsion. D’autres publics sont venus se joindre à ces cibles initiales, comme les femmes victimes de violences. Cependant, nous travaillons sur la perception des sans-abri sur les politiques publiques qui les concernent. Nous ne faisons pas d’évaluation du dispositif. Nous cherchons à voir comment il permet la mise en œuvre de parcours ou, au contraire, crée des difficultés.

Nous essayons de cerner un « logement d’abord » à la française, avec les réalités des implantations locales, qui peuvent se démarquer du modèle originel.

Comment les sans-abri vivent-ils le « logement d’abord » ?

Pour la plupart, ils ignorent qu’ils sont dans le dispositif. Ils ne connaissent pas le terme, rarement employé par les personnes qui les orientent. C’est intéressant du point de vue de la notoriété du programme. Nous avons identifié quatre axes dans l’orientation des sans-abri. Il y a ceux qui y atterrissent au bout de nombreuses démarches non abouties, ceux qui ont abandonné mais ont été finalement orientés, les personnes ayant engagé des démarches récemment et celles qui n’ont pas fait de démarches, mais ont été orientées. Tous ne perçoivent pas la nouveauté du dispositif par rapport à ce qu’ils ont vécu dans le passé.

Nous avons l’exemple d’une dame qui, avec son mari et son enfant, a accepté la première proposition craignant, si elle refusait, d’être exclue du dispositif. Elle se sentait dans le même cadre d’accompagnement que dans l’hébergement. Or, selon les principes du « logement d’abord », les personnes doivent avoir le choix du logement, bénéficier de visites, pouvoir refuser une offre.

Pourquoi les sans domicile fixe ne perçoivent-ils pas qu’ils sont dans le dispositif ?

Méthodologiquement, nous avons choisi de partager les résultats de la recherche sur la perception des publics avec les professionnels qui les accompagnent. Nous avons constaté qu’ils ne sont pas toujours à l’aise pour dire qu’ils interviennent dans le cadre du « logement d’abord », parce qu’ils ont l’impression de ne pas être tout à fait dans les principes stricts du « Pathway Housing », expérience qui fonde la philosophie du « Housing First » en 1992 aux Etats-Unis. Ils trouvent longs les délais d’accès au logement – trois à quatre mois. Les personnes, elles, perçoivent au contraire ce délai comme court. Mais la véritable préoccupation est l’accompagnement. Selon les principes du « logement d’abord », il doit durer aussi longtemps que nécessaire. A Grenoble, il est limité à un an, avec des possibilités de dérogation à dix-huit mois. A Lyon, rien n’est énoncé de façon explicite, mais la durée est plus ou moins équivalente. Les professionnels ne sont pas à l’aise avec cela.

Pourtant, vous affirmez que l’accompagnement, dans le cadre du « logement d’abord », change de style, devient intense ?

En effet. Les sans-abri envisagent les professionnels comme des alliés, des personnes sur lesquelles compter. Certains connaissent même leurs prénoms. Ce qui ressort dans leur récit, c’est la réactivité des accompagnateurs. Ils sont joignables plus facilement et, s’ils ne répondent pas tout de suite au téléphone, ils le font à court terme. Cela n’était jamais arrivé aux sans-abri. Ni aux professionnels, d’ailleurs, car ils n’avaient jamais été équipés de téléphones portables professionnels. Dans cette évolution, il est difficile de distinguer ce qui relève du « logement d’abord » et de la crise du Covid.

Le problème se pose, en revanche, sur la fin d’accompagnement, lorsque les sans-abri retrouvent les services sociaux classiques. Ils sont accueillis par les standards. S’ils ont reçu un courrier, les personnes ne peuvent pas forcément juger de sa gravité. La sortie d’accompagnement est une marche difficile, un vrai saut. La relation directe avec les bailleurs est compliquée. L’accompagnement se dépersonnalise, les travailleurs sociaux n’ont plus de prénoms. Les personnes ne souhaitent pas les sursolliciter, ne les contactent pas et finissent par revenir au « je vais me débrouiller tout seul ».

Enfin, tous ceux qui sont logés ne le vivent pas forcément bien. Ils peuvent souffrir de l’isolement ou ne pas être satisfaits de leur logement. La question de la qualité se pose donc également.

Références

Notes

Note 01 laboratoire de sciences sociales Pacte Retour au texte

Réagir à cet article
Prochain Webinaire

Data visualisation, les agents véritables acteurs de la transformation

de Salesforce

--
jours
--
heures
--
minutes

Nos offres d'emploi

Plus de 1000 offres d'emploi !

TOUTES LES OFFRES D'EMPLOI
marche online

Aujourd'hui sur le Club Santé Social

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

« Les sans-abri ignorent le plan “logement d’abord” »

Votre e-mail ne sera pas publié

Club Santé Social

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement