Eclairage public

Lum’acte : mieux connaître le parc et monter en compétence

Par • Club : Club Techni.Cités

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Le ministère de la Transition écologique a retenu le programme Lum’acte pour accompagner les collectivités à rénover leur éclairage public. Comment va-t-il être mis en œuvre ? Quels seront les critères de sélection ? Pour quel type de rénovation ?

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L’éclairage public fait sa transition énergétique

 

Porté par la FNCCR, Lum’acte vise à rénover plus de 2,5 millions de points lumineux en 2 ans (2022-2024). Il dispose d’un budget de 10 millions d’euros, financé par les certificats d’économie d’énergie (CEE).

La France compte à ce jour plus de 10 millions de lampadaires (4,7 TWh), soit 48 % de la consommation d’électricité des collectivités locales. Difficile d’avoir des chiffres précis à jour concernant la typologie de ce parc d’éclairage.

Mieux connaître le parc

Selon les chiffres de l’Ademe de 2012, la majorité du parc (60 %) est composée de lampes à vapeur de sodium. Très énergivores et interdites à la vente depuis 2015, les lampes à vapeur de mercure ne représentent plus que 8 % du parc, les leds entre 15 et 20 % selon la FNCCR. Pour l’Association française de l’éclairage (AFE), ce chiffre serait plutôt de 30 %. « Aujourd’hui, 100 % de la rénovation se fait avec des LEDs. D’ailleurs notre entreprise ne fabrique plus d’autres lampes », précise Gérard Lesage, vice-président de l’AFE et directeur général de Comatelec Schreder.

« Nous savons que le parc d’éclairage est ancien et que 40 % des luminaires a plus de 25 ans. Mais nous manquons vraiment d’éléments chiffrés sur la typologie du parc », reconnaît Yves Raguin, chef du service des EPL d’énergie à la FNCCR. Pour avoir plus de visibilité, la FNCCR a lancé une plateforme de collecte de données le 24 février ; c’est le projet France Data Réseau. Cette plateforme vise également les réseaux d’eau, les poteaux de réseaux de distribution d’électricité et les bornes de recharge électrique.

Pour l’éclairage, sept groupements de collectivités gestionnaires de 771 000 points lumineux vont travailler sur leurs cartographies. Il s’agira de « croiser les données techniques et d’implantation, ainsi que celles relatives aux nuisances environnementales des points lumineux ». Le projet bénéficie du soutien du plan de relance gouvernemental à hauteur de 545 000 euros. Les premiers résultats sont attendus pour 2023.

Pas de financement des lampes

Le programme Lum’acte pour sa part est encore en cours de montage. « Pour l’instant, on ne sait pas quel type de collectivités va participer, ni comment elles seront sélectionnées. Nous réfléchissons à un protocole assez proche d’un programme plus vaste que nous menons sur la rénovation énergétique, Actee. Nous allons créer aussi un comité technique et un comité de pilotage. L’idée, ce n’est pas faire du relamping à tout va, mais d’avoir une réflexion globale », précise le chef de service. Ainsi, la FNCRR ne souhaite pas rééditer l’expérience de l’Ademe. En 2012, lors d’un appel d’offres, l’Ademe avait financé le remplacement des lampes à vapeur de mercure pour les communes de moins de 2 000 habitants : 65 200 points lumineux avaient été traités pour 21 millions d’euros.

L’objectif de Lum’acte est de massifier pour aussi faire baisser les coûts. « Les petites communes pourraient par exemple transférer la compétence éclairage à un syndicat qui ferait un schéma directeur d’aménagement lumière (SDAL) et pourrait développer des systèmes de pilotage à plus grande échelle », explique le chef de service.

Lum’acte financera toute la préparation du relamping, mais pas le changement des lampes. Il financera ainsi des actions de connaissance du patrimoine, comme la réalisation d’audits ou la réalisation de SDAL. Il pourra financer également les déclarations de travaux, les géo-référencements des réseaux, la gestion à la maîtrise d’ouvrage, de la télégestion, ou encore la formation (y compris SIG) des agents et des élus.

Centre de ressources et d’expertises

« Nous allons mettre en place des clubs d’experts sur différentes thématiques, des bibliothèques de cahiers de charges, une animation de réseaux. L’idée est de faire monter en compétence les collectivités pour qu’elles s’approprient le sujet. Ensuite, la FNCCR les aidera à trouver des partenaires pour financer les lampes », détaille Yves Raguin.

Ainsi, au sein de la FNCCR, un centre de ressources et d’expertises va être créé en avril. « Nous allons monter une équipe d’experts dédiée à l’éclairage public pour valider la pertinence des projets avant de décider de les financer. Elle sera composée de 3 à 5 personnes, alors que pour l’instant nous sommes seulement 1,5 ETP », affirme le chef de service.

Pollution lumineuse

L’ANPCEN, qui n’a pas été associée à ce programme, ne comprend pas ce manque de concertation avec les acteurs du secteur. « Il n’y a aucune transparence sur ce programme et nous craignons qu’encore une fois, énergie et lumière soient confondues. Or, performance énergétique ne signifie pas réduction de la pollution lumineuse », prévient Anne-Marie Ducroux, présidente de l’ANPCEN. L’association craint que la démarche aboutisse à un développement non maîtrisé des leds. « Dans le cas des TEPCV, des millions d’euros ont été dépensés pour mettre des leds. Ce qui a conduit au final à une augmentation de la pollution lumineuse. Il faut donc bien définir les critères pour ne pas aller vers du sur-éclairage. La première source d’économie d’énergie est d’éteindre pendant la nuit », préconise la présidente.

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