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Agriculture

Du fragile équilibre des abattoirs de proximité dépend la survie des élevages locaux

Publié le 18/03/2022 • Par Clémence Villedieu • dans : France, Innovations et Territoires

abattoir
ocphoto / AdobeStock
Depuis des années, les abattoirs publics subissent des difficultés financières, entraînant parfois leur fermeture, au détriment des filières de viandes locale. La valorisation des producteurs par le développement de la vente en circuit court donne à l’abattage de proximité de nouveaux espoirs de développement. Les investissements sont portés par les différents niveaux de collectivités, par l’Etat, et par les utilisateurs des équipements, qui s’engagent à garantir des tonnages.

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Le 24 janvier, les élus de la ville de Privas (Ardèche) ont voté la fin de l’exploitation de l’abattoir municipal. Fin 2021, c’est l’abattoir de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne) qui a définitivement fermé et, le même jour, celui de Corbigny (Nièvre) a tiré les rideaux… Une hécatombe ? Depuis des années, les abattoirs, entre les sanctions administratives pour non-respect des règles sanitaires, les pressions des associations de protection des animaux et les reprises hypothétiques, ont la vie dure. Au cœur de la tourmente, les petits abattoirs publics de viande de boucherie qui ne détiennent qu’une part réduite du marché. Tonnage d’abattage insuffisant et déficit chronique, équipement vétuste et mises aux normes coûteuses, souvent, la trop petite taille des infrastructures justifie leur disparition annoncée depuis des années.

Précarité financière

Comme une éclaircie, un appel à projets du plan de relance, annoncé en juillet, a injecté 115 millions d’euros pour 180 bénéficiaires afin « de moderniser et améliorer les conditions de travail mais aussi de bien-être animal ». L’enveloppe ouverte jusqu’en décembre 2022 est totalement affectée et 20 % des dossiers concernent des abattoirs publics. Dans le Finistère, l’abattoir public du Faou est l’un des heureux élus. Propriété d’un syndicat intercommunal de six communes, l’abattoir de boucherie géré par une société privée a été amorti. Il revient désormais à la communauté de communes (CC) de la presqu’île de Crozon (10 communes, 22 600 hab.) de porter un nouveau projet de 10 millions d’euros dont 2 millions subventionnés par le plan de relance. Selon son président, ­Mickaël Kernéis, « l’équipement va être agrandi pour améliorer sa rentabilité. La région, le département et les autres intercos apportent leur soutien au projet ».

De son côté, le vice-président chargé de l’agriculture, de la viticulture et de l’agroalimentaire de la région Bourgogne – Franche-­Comté, Christian Morel (lire ci-dessous, constate que le plan de relance a été ouvert à tous. « Ces soutiens aux nouveaux investissements pourraient fragiliser les équipements peu rentables. » En 2020, la Cour des comptes rappelait dans son rapport annuel la précarité financière de la plupart des abattoirs publics d’animaux de boucherie.

Contraintes et surcoûts

A Belle-Ile-en-Mer, cette fragilité est clairement assumée par la communauté de communes (4 communes, 5 400 hab, ­Morbihan), qui finance les déficits annuels de l’abattoir. Annaïck Huchet, élue en 2020 à la présidence de l’interco, constate : « Bien entendu, les recettes ne couvrent pas les dépenses, notre abattoir est soumis aux mêmes contraintes que les grands abattoirs et il subit des surcoûts. Si, sur le continent, le coût de l’équarrissage est de 250 euros la tonne, à Belle-Ile-en-Mer, en 2021, il s’élève à 810 euros. Mais si demain on ferme, il n’y aura plus d’éleveurs et les prairies deviendront des friches. Nous sommes un des derniers territoires bretons à abriter de tels paysages agricoles. Donc, comme nous assumons la collecte du lait, nous portons l’abattoir. » Ouvert hors saison un jour par semaine, et l’été tous les jours, l’équipement produit entre 70 et 90 tonnes de carcasses par an.

Attachement au service public

Pour la CC du haut pays du ­Montreuillois (49 communes, 15 800 hab, Pas-de-Calais), l’abattoir de Fruges n’est pas non plus un acteur industriel. « Notre intervention est multi-espèces et nous sommes en mesure de prendre en charge un éleveur avec cinq cochons comme dix clients différents dans la journée. Nous ne sommes pas en concurrence avec les abattoirs privés, mais complémentaires », détaille Julien ­Lozinguez, directeur général adjoint de l’interco.

« Ouvert depuis début décembre, l’abattoir, jusqu’ici intercommunal, a pris une nouvelle dimension : un bâtiment a été construit pour un budget de 11 millions d’euros subventionnés par la région, le département, l’Etat et dix intercommunalités. Et sa gestion est portée par une coopérative réunissant l’interco, la commune de Fruges et les utilisateurs qui sont détenteurs de capital en fonction de leur volume d’abattage », explique Julien Lozinguez.

Fort d’une augmentation de son activité (de 5 000 à 8 000 tonnes) et du développement de nouvelles filières locales, le nouvel abattoir de Fruges entend optimiser ses coûts de fonctionnement tout en revendiquant sa différence.

­Mickaël ­Kernéis, président de la CC de la presqu’île de ­Crozon confirme : « Les collectivités qui s’engagent revendiquent leur attachement au service public. Le Finistère est une terre d’élevage de porcs et de moutons. Avec l’équipement public, les éleveurs sont à une heure maximum de l’abattoir. » En présentant son plan « abattoirs », le ministre de l’Agriculture et de l’alimentation, Julien­ ­Denormandie, a assuré « qu’il n’y a pas de viande locale sans abattoirs de proximité ». L’annonce des temps meilleurs ?

La contractualisation avec les producteurs et les grandes surfaces est une garantie

Christian Morel, vice-président chargé de l’agriculture, de la viticulture et de l’agroalimentaire

Christian Morel, vice-président chargé de l’agriculture, de la viticulture et de l’agroalimentaire

[Bourgogne - Franche-Comté (2,80 millions d’hab.)] Sur le seul segment de la viande de boucherie, la région ­Bourgogne – Franche-Comté compte quinze abattoirs dont dix locaux. « Si nous voulons avoir une politique favorable aux abattoirs de proximité, nous devons lier notre action aux objectifs du projet alimentaire territorial et à notre stratégie en faveur de la filière économique, indique Christian Morel, vice-président de la région chargé de l’agriculture, de la viticulture et de l’agroalimentaire. Le plan pluriannuel en faveur de l’élevage doit être revu pour ­flécher les aides sur les secteurs les plus en déprise comme la Saône-et-Loire et la Nièvre. Les éleveurs de bovins doivent s’adapter au marché : avec le Covid et la fermeture des restaurants, la demande a porté, ces deux dernières années, pour deux tiers, sur de la viande hachée. Ce qui pour des éleveurs de charolaises est difficile à accepter ! »Lors de la dernière session de l’assemblée, l’élu régional a fait voter une étude globale sur les abattoirs. « On a très peu investi sur les petits abattoirs, notre soutien doit être conditionné à un portage collectif des projets par l’ensemble des acteurs locaux. Du côté des collectivités, ce ne sont pas seulement les départements mais aussi les intercommunalités qui doivent s’investir. Il faut contractualiser avec les éleveurs et avec les grandes surfaces pour garantir des tonnages. Enfin, il faut prévoir une salle de découpe pour consolider la rentabilité de l’équipement », conclut Christian Morel.

Contact : Christian Morel, 09.70.28.90.00.

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