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Urbanisme

Les collectivités à la recherche du dialogue avec les « dark stores »

Publié le 02/03/2022 • Par Alexandre Léchenet • dans : France

DARK-STORE-CAJOO
Nicolas Marques / IP3
Lancés en France au cours de l’année dernière, les services de « quick commerce », qui proposent des livraisons en moins de dix minutes depuis leurs « dark stores », oscillent entre discrétion et lobbying, sans être transparents sur leurs installations.

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Dans les plus grandes villes, difficile de les rater depuis quelques mois. Les livreurs de « quick commerce » déboulent à vélo ou en scooter, vestes colorées et siglées sur les épaules. Les bus, métros, taxis et réseaux sociaux regorgent de publicités vantant des réductions. Leur promesse : livrer les courses en un quart d’heure environ.

Dans les bureaux des élus, ils se sont faits plus discrets. Un seul opérateur a pris les devants. Dès le mois de juin, ­Gorillas est allé à leur rencontre. Notamment à Paris, où il s’est entretenu avec ­Afaf ­Gabelotaud, adjointe à la maire, chargée des entreprises, ou à ­Bordeaux, avec ­Sandrine ­Jacotot, élue chargée des commerces – qui a également rencontré Cajoo, un autre acteur.

Un lien de manière détournée

En novembre, l’entreprise allemande a aussi rencontré ­Camille ­Augey, adjointe au maire de la ville de Lyon (523 000 hab.), chargée des commerces. « Dès le premier jour où ­Gorillas s’est ­implanté en France, nous avons toujours rencontré les élus où nous nous sommes installés, confirme ­Paul ­Choppin, responsable des affaires publiques de la firme en France. Nous avons ouvert 23 magasins en quelques mois et essayons de contacter le maximum de personnes. » Il assure que de nombreux élus se sont félicités de ce « nouveau mode de commerce ». « Ils présentent la mariée la plus belle possible, tempère ­Sandrine ­Jacotot. Ils sont venus pour mettre en avant leurs atouts, l’embauche des livreurs en CDI ou leurs liens avec le commerce de proximité. Mais ils ne nous ont pas prévenus qu’ils allaient créer sept ou huit sites dans la ville. On le découvre après. »

« Nous sommes informés du déploiement de ces activités comme tout citoyen, en croisant une publicité ou en voyant les livreurs dans la rue. Le lien avec la collectivité se fait de manière détournée, au hasard d’une autorisation d’urbanisme, s’il y en a besoin », indique ­Agnès ­Thouvenot, élue chargée de l’urbanisme à ­Villeurbanne (152 200 hab.). Certains acteurs s’établissent avant de ­rencontrer les pouvoirs publics. Flink a commencé des formalités d’installation à ­Villeurbanne, dès novembre. « L’opérateur est en lien avec la direction de l’urbanisme depuis plusieurs mois, détaille ­Agnès ­Thouvenot. Mais jusqu’à présent, ils n’avaient pas pris contact avec les élus. »

C’est chose faite depuis février, dans un email qui propose également à l’élue 10 euros offerts dès 20 euros d’achat sur sa prochaine commande ! « Notre bonne intégration au sein de notre écosystème et notre contribution à l’avenir des villes est une priorité pour nous », garantit dans son courriel la responsable régionale de Flink. « Nous souhaitons engager cette démarche partout où nous nous implantons pour favoriser un dialogue constructif. Il est primordial pour notre modèle, basé sur la proximité et le service, avec des livreurs uniquement à vélo électrique, d’être implantés au cœur des villes. Nous travaillons pour que nos magasins s’insèrent au mieux dans le paysage urbain », confirme ­Quentin ­Chaleard, directeur général de la marque en France.

Respecter l’équilibre

Il n’y a pas d’opposition de principe ; les différentes élues contactées assurent ne pas refuser le dialogue, voire le rechercher. « La ville de ­Bordeaux souhaite être un partenaire des acteurs économiques, mais, pour que cela puisse se faire, il faut une totale transparence et le désir du respect de l’équilibre économique présent », plaide ­Sandrine ­Jacotot. Elles s’inquiètent néanmoins que les promesses d’un jour ne soient pas forcément tenues et s’interrogent plus largement sur le choix de société proposé par ces entreprises. « On veut la ville du quart d’heure mais pas la ville de la livraison en un quart d’heure », résume ­Camille ­Augey, à Lyon, qui a interpellé l’association France Urbaine au sujet des « dark stores » mi-février. « Nous faisons tous face à ce problème ou y serons confrontés, l’objectif de s’organiser est de permettre à certaines villes d’être plus proactives », poursuit-elle.

Gorillas semble ne pas comprendre la défiance. « Il y a une tension sur quelque chose qui semble nouveau, qui fait peur, mais il faut revenir à la réalité : la création d’emploi, avec 1 300 salariés en France et la reprise de commerces ou magasins non exploités depuis longtemps. Quant à la livraison, elle se fait depuis des années pour les pizzas », avance ­Paul ­Choppin. Un argumentaire déjà déployé dans la présentation transmise à l’élue parisienne en juin(1). L’opérateur s’y décrit comme un acteur « de proximité », « qui crée de la valeur en France », « partenaire de la ville apaisée et durable ».

Pour ces entreprises, les premiers mois d’installation sont une course de fond, à la recherche de clients, d’inscrits sur l’application et de financement, en attendant une contraction du marché. « Sur quinze acteurs surfinancés, on sait, dès aujourd’hui, que plus de trois ou quatre vont en faire un vrai marché et que, pour les autres, ce sont des investissements – afin de prendre des parts de marché – en pure perte », analysait devant les sénateurs ­Alban Galland, sous-directeur du commerce à la direction générale des entreprises.

Les villes commencent à réagir

Le développement rapide d’une dizaine d’acteurs du « quick commerce » en même temps ne facilite pas les choses pour les collectivités. Dans une étude publiée le 16 février, l’Apur comptabilise 80 « dark stores » à Paris et en proche banlieue, pour une dizaine d’acteurs. Le partage de l’espace public, les questions de sécurité que cela pose et la concurrence aux commerces locaux figurent parmi les défis à relever, selon Camille Augey, élue chargée des commerces de la ville de Lyon.

Les réponses à apporter ne sont pas facilement identifiables et duplicables, mais, face aux plaintes et désagréments, les élus s’organisent. France Urbaine a annoncé, le 9 février, s’emparer du sujet, plaidant que ces établissements « participent d’une “ubérisation” de la ville qui peut, si elle n’est pas concertée et encadrée, provoquer sa dévitalisation, voire sa déshumanisation ». Face à ce développement rapide, il est difficile pour les élus de distinguer les plus vertueux. Si certains assurent rentrer l’ensemble de leurs deux-roues à l’intérieur de leur établissement, d’autres occupent une place de parking ou le trottoir pour déployer leur flotte, créant des désagréments avec le voisinage, qui peuvent être réglés avec les compétences en matière de police administrative.

Concernant les implantations, certaines villes se sont penchées sur leur plan local d’urbanisme. Alors que les « dark stores » sont considérés par les opérateurs comme des commerces, certaines mairies les voient tels des entrepôts, moins souvent autorisés dans les immeubles d’habitation. Une requalification qui inquiète Gorillas : « Si Paris nous demande de requalifier nos établissements en entrepôt, techniquement, notre entreprise ferme », avance ­le directeur des affaires publiques. Il plaide pour une solution intermédiaire : « Il faut être à l’écoute des questions que nous posons et des avantages qu’on peut apporter aux clients. » Dans son étude, l’Apur relève aussi l’obligation, dans certains quartiers, d’avoir des façades les plus ouvertes possibles, quand les « dark stores » couvrent les leurs de larges bandeaux opacifiants.

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Notes

Note 01 ­Afaf ­Gabelotaud a également reçu une note de position de la part de Gorillas après que des élus écologistes ont déposé un vœu contre les acteurs de "quick commerce" Retour au texte

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