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Sécurité

Quelle est l’utilité réelle de la vidéoprotection dans l’élucidation des enquêtes ?

Publié le 18/03/2022 • Par Mathilde Elie • dans : A la Une prévention-sécurité, Actu experts prévention sécurité, France

Guillaume Gormand
Rambaud / Alpaca / Andia
Une nouvelle étude, commandée par le Centre de recherche de l’école des officiers de la gendarmerie nationale, menée par Guillaume Gormand, chercheur associé au Centre d’études et de recherche sur la diplomatie, l’administration publique et le politique, insiste sur le faible apport de la videosurveillance en matière d’élucidation des infractions. Néanmoins, il précise : "Il y a un fort potentiel d’utilité pour aider l’intervention des forces de l’ordre en direct, notamment quand la chaîne d’informations fonctionne bien."

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Entre fin 2013 et début 2020, le nombre de caméras de vidéosurveillance dans les cinquante villes les plus peuplées de ­France a été multiplié par 2,4, passant de près de 4 800 à plus de 11 400. Poussées par l’Etat à s’équiper, au travers du fonds interministériel de prévention de la délinquance, les collectivités y voient un outil indispensable dans la dissuasion et l’élucidation des crimes et des délits. Les scientifiques, eux, ne cessent de démontrer dans leurs enquêtes la faible efficacité de ces caméras très onéreuses. Dans un rapport consacré aux polices municipales publié en octobre 2020, la Cour des comptes enfonce le clou, estimant que l’efficacité n’est pas prouvée, pour des coûts importants.

Une nouvelle étude, commandée par le Centre de recherche de l’école des officiers de la gendarmerie nationale, menée par Guillaume Gormand, chercheur associé au Centre d’études et de recherche sur la diplomatie, l’administration publique et le politique, insiste sur le faible apport de cette technologie en matière d’élucidation des infractions. « Les enregistrements de vidéoprotection contribuent à la résolution d’enquêtes judiciaires, en apportant des indices ou des preuves, mais dans des proportions particulièrement ténues, explique le chercheur. Cela représente une part de 1,13 % sur l’ensemble du corpus d’enquêtes judiciaires observées ou, en ne retenant que les affaires élucidées, une proportion de 5,87 %. »

Malgré un plébiscite dans les discours, les enquêteurs ne semblent pas véritablement consacrer les enregistrements de vidéoprotection comme « une ressource incontournable dans leur travail d’investigation au quotidien ». Pour autant, Guillaume Gormand ne nie pas l’utilité de cette technologie et présente les conditions qui peuvent la rendre plus efficiente.

Pour quelles infractions la vidéo­surveillance est-elle la plus utile ?

D’une manière générale, de nombreuses études scientifiques ont déjà démontré que les effets sont nuls en termes de dissuasion dans l’espace public. A l’inverse, il a été prouvé que, dans certains lieux clos tels que les parkings, la vidéosurveillance pouvait présenter un effet dissuasif. Notre étude porte spécifiquement sur l’utilité a posteriori des caméras, leur contribution à l’élucidation d’enquêtes. Elle s’intéresse à quatre agrégats d’infractions : violences aux personnes, atteintes aux véhicules, cambriolages et infractions à la législation sur les stupéfiants.

Il apparaît que la vidéosurveillance semble plus utile pour les atteintes aux véhicules, même si les niveaux restent très faibles. Nous avons, en effet, trouvé que les enregistrements vidéos avaient fourni des preuves dans 6,7 % des enquêtes élucidées. Cela semble logique puisque ce sont des infractions qui ont lieu dans l’espace public et qui sont donc facilement identifiables. A l’opposé, on note que les caméras servent très peu pour les faits de violences aux personnes. Elles ont apporté des preuves pour seulement 2,8 % des enquêtes élucidées sur cette thématique. Globalement, les enquêteurs élucident 74 % des enquêtes, dont 94,8 % absolument sans vidéo. On peut en conclure que les caméras ne sont pas forcément d’une grande utilité pour l’élucidation d’enquêtes du quotidien.

Pour avoir une vision plus globale et des résultats plus fins, il faudrait répliquer cette étude sur d’autres territoires et sur des infractions plus exceptionnelles, telles que les homicides ou les kidnappings.

Comment tirer profit de ces équipements ?

Il y a un fort potentiel d’utilité pour aider l’intervention des forces de l’ordre en direct, notamment quand la chaîne d’informations fonctionne bien. Un bon relationnel entre les agents qui exploitent en direct les caméras accentue l’intérêt de la vidéosurveillance. Concernant l’utilisation des enregistrements dans le cadre d’enquêtes judiciaires, on observe que plus le lien est fort entre la commune et la brigade de gendarmerie territorialement compétente, plus le « réflexe vidéo » – la propension des enquêteurs à mobiliser cette ressource pour faire avancer leur enquête – peut être élevé et, in fine, l’utilité de la caméra plus significative.

Entrent aussi en compte : le fait que le système de vidéo soit conçu en coordination avec la brigade de gendarmerie et non uniquement les référents « sûreté », le ciblage de points névralgiques pour placer les caméras, un accès direct aux enregistrements depuis la brigade… Mais, même dans ces conditions, on reste sur des réflexes d’utilisation assez bas, dans moins d’une enquête sur quatre.

Comment expliquer le faible « réflexe vidéo » des enquêteurs ?

Souvent, d’autres moyens d’enquête semblent privilégiés. Par exemple, pour des violences, les témoignages suffisent souvent et il est fréquent que la victime connaisse l’auteur. Pour des cambriolages, les preuves techniques et scientifiques sont potentiellement plus utiles que la vidéo. Ainsi, le faible niveau de « réflexe vidéo » n’est pas révélateur d’un dysfonctionnement. La raison principale est que les enquêteurs, consciemment ou non, vont réaliser un ratio entre les efforts et le temps nécessaires pour utiliser la vidéo et le bénéfice probable. Or, mobiliser les images peut être laborieux. Il faut identifier le propriétaire de la caméra, les requérir judiciairement, exploiter leurs heures d’enregistrement… En fonction du type de faits, l’enquêteur mobilise les moyens qui lui semblent les plus pertinents et efficients.

Pour aller plus loin, on peut se demander à quel niveau l’intelligence artificielle pourrait contribuer à une exploitation plus efficiente. Cela mériterait d’être spécifiquement étudié.

Malgré des résultats peu significatifs au niveau de l’élucidation des infractions, pourquoi les collectivités sont-elles toujours plus nombreuses à s’équiper ?

On observe en effet que le niveau d’élucidation n’est pas forcément plus élevé sur les territoires équipés que dans les zones non équipées. De plus, lorsqu’une commune s’équipe, on ne note pas une hausse significative du niveau d’élucidation dans le temps. Ainsi, le déploiement toujours plus massif d’équipements de vidéosurveillance semble moins répondre à une vision rationnelle de l’outil qu’à des priorités politiques. L’Etat en fait une importante promotion d’un point de vue idéologique, économique et juridique depuis les années 2000.

De plus, si de nombreuses com­mu­nes connaissent des problèmes d’insécurité, peu d’entre elles disposent de l’ingénierie nécessaire pour définir clairement leurs besoins. Le fait que l’Etat ou la région puissent financer une partie des investissements en vidéosurveillance, au détriment d’autres mesures, constitue un argument assez décisif.

Récemment s’est ajoutée à ce soutien financier l’incitation faite au déploiement de caméras dans le cadre de la négociation des contrats de sécurité intégrée.

Il ne faut pas non plus négliger la vision culturelle de ces outils, qui paraissent tout-puissants. L’influence des séries policières, par exemple, contribue fortement aux fantasmes autour de cette technologie… Mais cette vision simpliste s’avère bien éloignée de la réalité.

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Commentaires

Quelle est l’utilité réelle de la vidéoprotection dans l’élucidation des enquêtes ?

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JML

15/05/2022 08h56

Le Centre de Recherche de la Gendarmerie semble avoir besoin de réfléchir peut être pour justifier son existence.
Sérieusement mettre en perspective le lien avec le taux d’élucidation est pertinent mais largement insuffisant. Réduire et faire des raccourcis. La réalité est tout autre.
La lutte contre les rodéos ou les trafics de stupéfiants ou la sécurisation des manifestations etc..
Le nombre d’extraction en augmentation, l’identification d’auteurs suivie d’interpellations en lien direct avec les images. Le quotidien.

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