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Inflation : finances locales menacées ? 

Publié le 11/03/2022 • Par Auteur associé • dans : A la Une finances, Actualité Club finances, Billets finances, France

inflation
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Inflation incontournable ? Inflation à deux chiffres ? Inflation conjoncturelle ? Le débat fait rage depuis quelques semaines et la grande divergence des prévisions invite, comme souvent en matière financière, à beaucoup de modestie. Toujours est-il que l’inflation est là et impacte d’ores et déjà les budgets primitifs 2022 incitant à en anticiper tous les contours. 

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S’il y a bien une règle en matière économique, c’est que le passé n’est pas l’avenir. C’est d’ailleurs ce que nous rappelle la période, assurément marquée au fer-blanc par une crise sanitaire que le monde contemporain n’avait jamais connue.

C’est bien pour cela que notre propos s’exonérera de conjectures sur la poussée inflationniste…

Entre Jacques Attali, vigie de la période, qui l’anticipe à deux chiffres, et Christine Lagarde, patronne de la Banque centrale européenne, qui la relativise, la vérité est sûrement entre les deux. Il reste que l’inflation s’inscrit à un niveau de 2,9 % en  janvier.

Peur de la hausse des taux

Il faut dire que les pouvoirs publics au sens large ne peuvent que s’inquiéter de la hausse des taux d’intérêt.

Les dettes publiques n’ont eu de cesse de progresser depuis les années 1970 et ce de manière plutôt exponentielle.

Inflation-ON-1

La crise sanitaire en a rajouté une belle couche et la dette française (APU au sens de Maastricht) a grimpé de près de 400 milliards d’euros en deux ans, matérialisant in concreto le fameux « quoi qu’il en coûte »

Ce niveau historique de la dette et sa flambée récente se sont révélés digestes et politiquement justifiés grâce à des taux d’intérêt eux aussi historiquement modestes et bien souvent négatifs ces dernières années.

C’est pourquoi, malgré la hausse régulière de la dette, les intérêts n’ont cessé de baisser. Ils représentaient 45 milliards d’euros en 2012 pour une dette publique de 1 800 milliards d’euros, soit un taux moyen de 3,6 %. Ils se sont élevés à 25 milliards d’euros en 2021 pour une dette de 2 800 milliards d’euros, soit un taux moyen de 0,9 %.

L’essentiel des émissions obligataires de la France en 2021 ont été réalisées à taux négatifs…

Une flambée longue de l’inflation entraînerait dans son sillage les taux d’intérêt et alourdirait substantiellement la charge des intérêts dans les comptes publics, ce que beaucoup de pays ne peuvent se permettre.

Les gouvernements et les banques centrales vont devoir jouer très fin pour conserver des taux d’intérêt budgétairement acceptables.

Comptes locaux impactés

Le retour de l’inflation se fait déjà clairement sentir dans les comptes administratifs 2021 et les budgets 2022, le principal impact en matière de recettes étant indéniablement, pour l’exercice 2022, la revalorisation forfaitaire des bases de 3,4 % pour les habitations et les industries, soit la plus forte progression depuis 1989 !

Cela est la résultante d’une fixation mécanique de la revalorisation sur la base de l’évolution de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) entre novembre N-2 et novembre N-1 (1518 bis du CGI).

Inflation-ON-2

La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom) va aussi bénéficier de cette dynamique. Elle offre un effet d’aubaine pour les budgets principaux si cette recette n’est pas fléchée vers un budget annexe ou un syndicat dédié.

Les autres recettes des collectivités vont se révéler beaucoup plus inertes : les dotations en premier lieu bien entendu, mais aussi les recettes tarifaires dont le niveau dépend de choix propres des collectivités. Des délibérations tarifaires votées pour l’exercice en cours , il apparaît que les collectivités sont très majoritairement restées sages, soit en stabilisant, soit en indexant plutôt sur un taux de 1 % qui prévalait ces dernières années quand il s’agissait « d’inflater ».

La nouvelle donne inflationniste réinterroge nécessairement ces habitudes car les charges de fonctionnement correspondant à ces tarifs vont grimper.

Un des exemples les plus évidents concerne la restauration scolaire, fortement impactée par la hausse du coût des matières premières notamment agricoles, dont les tarifs ne bougeront pas en très grande majorité ce qui va creuser la « charge nette » de cette politique publique.

Dépenses sous pression

De nombreux secteurs économiques (l’automobile, l’informatique, l’industrie agroalimentaire, le bâtiment, les travaux publics, la métallurgie, la chimie, le mobilier, le papier…) sont particulièrement touchés par des pénuries d’approvisionnement qui engendrent un renchérissement important des coûts. D’autres, comme l’énergie, sont mus par leurs propres déterminants, actuellement très haussiers.

Rares seront les marchés qui ne seront pas impactés par au moins un indice .

Le tableau infra, issu des clauses d’un marché de prestations de services parmi les plus courants des collectivités, montre que si le coût du travail ne retranscrit pas encore les ajustements salariaux stimulés par l’inflation (ce sera nettement plus évident au terme de l’année 2022) , d’autres paramètres sont sous pression.

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À court terme, cette envolée des prix peut parfois être neutralisée par les clauses de révision prévues dans les marchés en place.

Néanmoins, au vu de certaines tensions, d’autres dispositifs peuvent être envisagés (avenant quand c’est possible, protocole indemnitaire en cas de déséquilibre temporaire sur la base de la théorie de l’imprévision, résiliation…).

Au vu de la tendance actuelle de fond, un impact budgétaire sur 2022 est à craindre. Il convient de l’anticiper. Dit autrement, même si les marchés en place permettent de circonscrire la hausse, ils pourraient se révéler insuffisamment protecteurs.

La masse salariale, principal poste de fonctionnement du secteur communal, réagira avec un nécessaire décalage puisque le point d’indice ne bouge toujours pas, ce qui est d’autant plus surprenant dans un contexte pré-électoral national. C’est même une première partiellement compensée par les rebasages des grilles indiciaires des catégories C. Il en sera tout autrement chez les prestataires, fermiers, concessionnaires, services publics industriels et commerciaux, établissements sociaux, etc., qui sont soumis à de logiques revendications. Les actuelles négociations obligatoires (NAO) dans le secteur des transports l’illustrent parfaitement.

Troisième poste de dépenses de fonctionnement, les subventions ne pourront éviter de répercuter la période, surtout pour les associations prestataires de services qui ont très peu de marges de manœuvre gestionnaires.

Enfin, les frais financiers, on l’a vu, vont repartir à la hausse, inéluctablement… la seule question étant dans quelle proportion et à quel rythme.

Cette poussée inflationniste va bouleverser radicalement les années à venir et les directions financières vont devoir très vite ajuster la prospective et peut-être la trajectoire financières sous peine d’aller au-devant de très mauvaises surprises d’ici la fin d’un mandat décidément unique !

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