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Biodiversité

Vergers des villes, vergers des champs, l’incroyable succès des arbres fruitiers !

Publié le 16/02/2022 • Par Sylvie Luneau • dans : France, Innovations et Territoires

Les pommiers ont du succès
Encierro / Adobestock
Longtemps sélectionnés uniquement pour leur capacité à fleurir sans faire de fruits, les arbres fruitiers sont de nouveau prisés par les collectivités. Ces démarches sont soutenues par de nombreuses associations locales comme La Nature en ville, Les Incroyables bosquets comestibles ou Les Ramaougeries… Les leviers de l’action publique sont multiples : mise à disposition de foncier, de pressoirs pour faire du jus, accès à l’eau, don d’arbres fruitiers aux habitants, etc.

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Planter des arbres, c’est bien, planter des fruitiers, c’est mieux ! Parce qu’en plus de ses multiples services écosystémiques, l’arbre est aussi nourricier. C’est l’idée de départ du navigateur ­Bernard ­Moitessier qui, de retour de ­Polynésie en 1980, a lancé un appel à tous les maires de ­France pour planter des arbres fruitiers sur leur commune. C’est cette initiative qu’a relancée ­Catherine-­Emeline ­Robillard en créant le site internet « communes à croquer » en 2020. « Il est alimenté par les réponses des communes qui plantent des fruitiers. L’idée est de partager les expériences entre collectivités afin d’impliquer davantage les habitants, car ceci est essentiel pour la réussite des projets », assure cette fan du navigateur et « cultivatrice d’écosystèmes paysans », ainsi qu’elle se définit.

180 variétés de pommes

Parmi ces « communes à croquer » figure la communauté de communes (CC) ­Couesnon ­Marches de ­Bretagne, dont l’histoire est aussi originale qu’exemplaire. Tout a commencé dans les années 2000 avec la construction de l’autoroute A 84, qui la traverse. Comme mesure ­compensatoire, l’Etat crée sept vergers le long de l’autoroute. « L’objectif de ces vergers conservatoires d’environ 2 hectares au total est de maintenir une diversité génétique. En effet, la consommation de cidre ayant fortement diminué, les vergers présents sur le territoire ont progressivement disparu. Mais, au fil du temps, l’­entretien de ces vergers conservatoires a été également ­délaissé », relate ­Henri-Pierre ­Rouault, ingénieur agroécologue. La dynamique a été relancée par ce chargé de développement territorial. Un chantier d’insertion a été mis en place afin d’effectuer la taille. En dix ans, les vergers conservatoires, qui abritent 180 variétés de pommes, ont été réhabilités.

Face au risque de disparition des vergers lié au remembrement (suppression des petites parcelles au profit de plus grandes), ­Muttersholtz (2 100 hab., Bas-­Rhin) a choisi très tôt de valoriser les fruits de manière non marchande. La commune a installé, dès 1993, un pressoir municipal. Etant donné le succès rencontré, un nouvel atelier de 200 mètres carrés, comprenant également une miellerie, a été construit en 2014. Chaque année, en moyenne 60 000 litres de jus de pommes sont fabriqués.

Haies d’essences locales

En Savoie, La ­Motte-­Servolex (12 100 hab.), nommée meilleure petite ville pour la biodiversité 2021, plante des haies d’essences locales en partie fruitières, partout en ville et à grande échelle depuis des années. « Elle a aussi installé au moins un nichoir à chouette chevêche, un rapace nocturne inféodé aux vergers », raconte ­Gilles ­Lecuir, chargé d’études à l’agence régionale de la biodiversité d’Ile-de-France. Ce mouvement ne concerne pas que les campagnes, les grandes villes sont au moins aussi actives. Ainsi, ­Montpellier (295 500 hab.) s’est fixé comme objectif de planter 50 000 arbres pendant ce mandat, dont des fruitiers ; environ 300 ont déjà été plantés en 2020 et 2021. La ville travaille avec l’­association Le Réseau des semeurs de jardins sur ses « incroyables bosquets fruitiers ». « Ce relais auprès des habitants est essentiel. Il y a quinze ans, la ville avait déjà planté des fruitiers, mais les fruits étaient cueillis avant maturité et les branches cassées. Aujourd’hui, ces arbres sont davantage respectés », affirme ­Laurent ­Guillaume, directeur « paysage et biodiversité ».

La ville met à disposition des parcelles et un point d’eau, amende le sol et clôture l’­espace. ­L’association gère ensuite l’entretien et la récolte. La ville offre, par ailleurs, des « bons de végétalisation » aux habitants pour planter des fruitiers. Toute une gamme de fruitiers de 1,50 mètre de haut est proposée. L’an dernier, la ville a enregistré 250 demandes. Elle a également un projet de ­verger d’agrumes (oranges et pamplemousses) sur 1 hectare. « Il s’agit aussi de faire un test pour encourager une diversification de l’­agriculture », explique le directeur.

A taille humaine

A ­Rennes (220 500 hab.), grâce à un partenariat avec l’association La Nature en ville, 3 500 arbres fruitiers ont été plantés depuis cinq ans. Il existe à ce jour 17 vergers en libre accès situés sur des sites de la ville. « Pour diminuer les risques liés à la pollution de l’air, nous plantons des fruits à coques et nous limitons la hauteur des arbres à taille humaine. Cela évite aussi de casser les branches pour attraper les fruits. Le fait de travailler avec les habitants instaure une forme de respect des plantations », indique ­Pascal ­Branchu, président de l’association.

Enfin, Besançon (117 900 hab.) entretient des vergers traditionnels sur ses coteaux calcaires afin de garder les milieux ouverts. « C’est important pour préserver la flore et la faune typiques de ces milieux, affirme ­Gilles ­Lecuir. La ville travaille avec une association qui intervient chez les propriétaires privés ne pouvant plus entretenir leurs vergers. D’une manière générale, les villes utilisent souvent les fruitiers comme outil de lien social et pour lutter contre l’­urbanisation. »

 

De la plantation au pressage, les habitants sont tombés dans les pommes

[CC Couesnon Marches de Bretagne, Ille-et-Vilaine, 15 communes, 22 000 hab.]

Henri-Pierre RouaultLa CC Couesnon Marches de Bretagne mène une démarche exemplaire de valorisation des pommes de ses vergers. En 2017, elle a lancé la campagne « Adopte un vieux… verger.pom » pour mettre en relation les citoyens souhaitant s’investir autour des pommes et des vergers délaissés. La même année, elle a créé l’association Les Ramaougeries, dont le but est de relancer la fabrication du pommé, une sorte de pâte à tartiner à base de pommes exclusivement.

Chaque année, elle organise gratuitement des formations à la conduite des vergers. Elle met à disposition du matériel de taille et réalise des achats groupés de pommiers pour les particuliers. Des journées de pressage ont lieu. Chacun peut venir avec ses pommes et repartir avec son jus : l’an dernier, 4 000 litres ont été produits.

« La dynamique est si forte que les pépiniéristes sont dévalisés ! Tout le monde nous appelle pour avoir des conseils, communes comme particuliers. Surtout depuis la crise sanitaire, la population entre en résilience. Au total, 300 fruitiers ont été plantés depuis le début de l’opération et 1 000 autres le seront dans les prochaines années », annonce ­Henri-Pierre ­Rouault, ingénieur agroécologue. L’intérêt est aussi économique : le chargé de mission a calculé qu’un euro investi en rapporte 23. Un travail est en cours pour obtenir une appellation d’origine protégée sur le pommé.

Contact : Henri-Pierre Rouault, hprouault@couesnon-marchesdebretagne.fr

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