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DIALOGUE SOCIAL

Pourquoi les syndicats n’ont plus vraiment la cote

Publié le 08/02/2022 • Par Véronique Vigne-Lepage • dans : A la Une RH, France, Toute l'actu RH

©Ricochet64 - stock.adobe.com
Les agents du public sont appelés à voter en décembre pour élire leurs représentants. Les résultats sont craints, car un taux de participation en baisse traduirait un désintérêt grandissant vis-à-vis des syndicats qui doivent plus que jamais convaincre de leur utilité.

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Si le taux de participation est l’enjeu central des élections professionnelles du 8 décembre 2022 dans la fonction publique, la syndicalisation des agents semble un sujet presque tabou. Le dernier état des lieux dressé par la Dares remonte à 2016 (1), sans projet d’actualisation. Il montrait un taux d’adhésion à des syndicats deux fois plus élevé dans le public (19,1 %, et 16 % pour la FPT) que dans le privé (8,4 %), mais en baisse quasi continue depuis 1975.

Du côté des organisations syndicales, le nombre de territoriaux adhérents et son évolution semblent classés « top secret » ou sont noyés dans un vaste ensemble incluant aussi des salariés d’activités privées (services funéraires ou des eaux, par exemple).

Attitude de « consommateur »

Cependant, tous les représentants interrogés par « La Gazette » assurent que le nombre d’adhérents est globalement à la hausse pour leur syndicat. « Ce qui évolue, commente ­Erwan ­Trezeguet, représentant de la CGT Services publics, c’est qu’il y a désormais autant d’adhésions d’agents de catégories A ou B que de C. » Par ailleurs, remarque ­Barbara ­Issaly, secrétaire adjointe de Sud CT, « le renouvellement de l’exécutif des collectivités a entraîné, comme toujours, une vague d’adhésions ».

Pourtant, tous témoignent d’un climat global de défiance. « Si la participation aux élections professionnelles reste importante, les scores sont faibles en adhésions, déplore ­Louis ­Peretti, président du ­ SNT. C’est un vrai sujet. » Les départs à la retraite de militants, nombreux, « ne sont pas entièrement remplacés », souligne ­Pascal ­Kessler, président de la FA-FPT.

« Depuis deux ou trois ans, note ­Julien ­Fonte, co-secrétaire général à la FSU Terri­toriale, les nouvelles adhésions proviennent surtout d’un jeu de vases communicants entre organisations. » Un « tourisme syndical » observé par tous et qui serait lié à une attitude de plus en plus fréquente de « consommateur ».

« Nombre d’agents font du syndicalisme par procuration, explique ­Jacques ­Lager, secrétaire général de la CFDT Interco. Ils prennent leur carte et attendent un service en retour. » En l’occurrence, une assistance juridique en cas de problème personnel ou la défense des intérêts d’un groupe de collègues. « On sait que les mobilisations locales font adhérer, commente ­Pascal ­Kessler, qui admet être lui-même entré en ­syndicalisme par ce biais. Mais c’est malheureux, car c’est du corporatisme. Tout le monde ne s’engage pas ensuite sur des sujets collectifs. »

Réforme des instances partitaires

Des agents interrogés par « La Gazette » dans et en marge d’une manifestation des bibliothécaires à Lyon, le 10 novembre 2021 (2), témoignent pourtant de leur conviction très forte qu’il « faut des contre-pouvoirs ».

Mais d’autres disent aussi n’adhérer à aucun syndicat ou ne l’avoir fait que ponctuellement après avoir été aidés pour un problème individuel au travail. « C’était un juste retour », explique, par exemple, ­Isabelle, technicienne de bibliothèque à la métropole de Lyon (59 communes, 9 200 agents, 1,41 million d’hab.).

Secrétaire générale de la fédération des territoriaux de la CFTC, ­Véronique ­Dhalluin note que cela arrive parfois après un soutien en CAP. « Mais, dans ce cas-là, on ne fidélise pas, rapporte-t-elle. D’ailleurs, avec la réforme des missions des CAP, certains risquent de ne plus voir aucun intérêt à adhérer. »

Individualisme croissant

En cause, selon Julien Fonte, un individualisme croissant dans la société, « renforcé par un management lui aussi de plus en plus individualisé ». Mais également une plus grande facilité à trouver soi-même des informations, grâce à internet. « Ce n’est pas forcément le signe d’un désamour, mais juste d’un changement », tempère ­Sylvie ­Ménage, secrétaire générale d’Unsa Territoriaux.

Parmi ces changements : l’augmentation du nombre des contractuels, moins enclins que les titulaires à adhérer, par peur d’être « mal vus ». « Travailler à temps partiel, confirme la ­Dares, être employé en CDD ou en intérim constituent des freins à la syndicalisation. »

« Il n’y a qu’à voir la catastrophe qu’a été la création des commissions consultatives paritaires, lance Pascal ­Kessler. Déjà avant, les contractuels ne voulaient pas siéger en comité technique par crainte que leur adhésion à un syndicat ne se sache. » Mais parmi les agents interrogés, Etienne, infographiste titularisé à la métropole de Lyon après dix ans de CDD, affirme n’avoir « jamais senti de soutien de la part des syndicats, où semble prédominer l’idée que les contractuels prennent la place des fonctionnaires ».

Défiance face au « système » syndical

Le sentiment que les organisations ont perdu de leur poids semble largement partagé. ­Véronique Dhalluin évoque ainsi la « lassitude » ressentie face à « un point d’indice gelé, des carrières bloquées… Les agents ont l’impression que les syndicats n’ont plus les moyens de faire bouger les choses ».

Une perte en matière d’image qui vire parfois à la défiance. Dans la manifestation lyonnaise, ­Mireille, technicienne de bibliothèque, assure que « certains sont même très remontés contre les syndicats et signent plus facilement une pétition lancée par des collègues ». ­Julien ­Fonte abonde : « Beaucoup voient les organisations syndicales comme faisant partie d’un gros paquet un peu flou, qualifié de “système”. »

Une impression qui peut être renforcée là où l’encadrement intensifie la formalisation du dialogue social : « Les grandes collectivités ont tendance à intégrer les syndicats dans le fonctionnement des services des RH et à les occuper par des réunions les empêchant d’être sur le terrain », selon ­Johann Laurency, représentant de FO. Pour ­Erwan ­Trezeguet, « cette réunionite permet à la collectivité de dire ensuite qu’elle a consulté les syndicats sur une décision sans préciser que certains d’entre eux ont voté contre ».

Pédagogie indispensable

Une réponse à la perte d’influence des syndicats se trouve, estiment leurs représentants, dans la pédagogie. D’abord sur les sujets des revendications, souvent complexes. « Celui de la loi de transformation de la fonction publique est emblématique, cite ­Julien ­Fonte. Les collègues ne participent pas à la mobilisation intersyndicale, en revanche, lorsque la loi s’applique, ils se plaignent que nous ne les ayons pas prévenus… »

Il regrette aussi que le sujet du statut se soit « dépolitisé » par méconnaissance : « Les agents ne savent pas quel rapport au travail cela induit, que le maire est l’employeur, pas le patron, etc. »

Investir dans la formation

Adjointe au maire chargée du dialogue social à ­Suresnes (1 040 agents, 49 300 hab., ­Hauts-de-Seine), Béatrice de  Lavalette est convaincue, elle aussi, que ce type de formations est « un investissement » au bénéfice de tous. Depuis 2009, elle a fait former des syndicalistes de la ville à Sciences-po, puis d’autres avec des cadres au centre de formation de l’OIT, à ­Turin en ­Italie.

« Cela leur permet d’acquérir des compétences, que nous valorisons par la suite, et de mieux comprendre les enjeux de la collectivité, souligne-t-elle. Et certains, simples sympathisants des syndicats, s’engagent ensuite sur une liste. » Aux élections professionnelles de 2018, le taux de participation des agents de Suresnes a été de plus de 60 %, soit environ dix points ­au-dessus de la moyenne nationale.

Autre piste d’attractivité : le croisement des sujets. « A nous de convaincre les jeunes que les questions de démocratie, de laïcité, de lutte contre les discriminations, qui les intéressent, sont aussi nos valeurs, lance ­Sylvie ­Ménage. Les nouvelles générations sont en quête de sens. »

Nouvelle génération

Mais ­Jacques ­Lager prévient : « Oui, les jeunes ont envie d’un syndicalisme différent, ­présent sur l’environnement et le sociétal, mais il ne suffit pas de leur parler différemment. Il faut que l’action syndicale s’articule plus facilement avec la vie de parents, par exemple. » Ce peut être le cas « en réinventant nos manières de faire des réunions, estime ­Pascal ­Kessler. Avec la crise sanitaire, on voit que le distanciel fait participer un autre public, tout comme les réseaux sociaux ».

Cependant, le syndicalisme dans la territoriale restera affaire de terrain : « Quand on obtient de grandes choses au niveau confédéral, cela démontre l’utilité de se syndiquer, commente ­Johann ­Laurency. Mais sans présence quotidienne auprès des collègues, cela ne suffit pas. D’autant plus à l’avenir, avec la fusion des instances de dialogue social. »

Se déployer dans les « déserts syndicaux »

En vue des scrutins de décembre, plusieurs syndicats mettent en place une organisation renforcée par rapport aux éditions précédentes, avec l’espoir de juguler l’effritement de la participation. Ainsi, la CGT « va accentuer le lien avec l’inter­pro, assure ­Erwan ­Trezeguet. Les collègues vont nous aider à aller tracter dans plus de collectivités et d’établissements, à nous déployer dans les déserts syndicaux ».

La branche « services publics » de FO, de son côté, a mis en place depuis début 2021 un « plan de développement » : « On fait en sorte d’avoir des créations de syndicats, pour être présents là où nous ne l’étions pas », explique ­Johan ­Laurency.

A la CFDT Interco, la préparation des élections professionnelles ne fait pas l’objet de deux réunions dans l’année, comme lors des précédents scrutins, mais d’une par mois depuis janvier 2021. « La visio a du bon, car nous y convions tous les secrétaires de syndicats locaux, ainsi que le responsable des élections que chacun d’eux a nommé, détaille ­Jacques ­Lager. Cela permet davantage d’allers-retours entre nous et les agents autour des revendications. Nous poussons, là encore, un peu plus une organisation que nous avons mise en place depuis huit ans, qui renforce la place des régions. »

C’est globalement ce que fait aussi la ­FA-FPT, qui a instauré, depuis fin 2021, des « référents terrain organisationnels » permettant une préparation des élections plus délocalisée qu’à l’habitude. Quant au SNT, il a lancé un travail de conviction ciblé sur les agents de 200 villes moyennes. « On va frapper un grand coup », assure ­Louis ­Peretti.

Les cadres cherchent le réseau et l’assurance

Comme d’autres organisations, le SNDGCT connaît aujourd’hui une « plus grande volatilité des adhésions, observe son président, ­Stéphane ­Pintre. Certains sont très fidèles, mais le comportement de “consommateur“ devient plus fréquent. Le mouvement d’adhésions, un ou deux ans avant des élections, pour anticiper les décharges de fonction, est ainsi plus marqué ».

Pour autant, note-t-il, « depuis quinze ans que je suis président, le syndicat a gagné 3 000 adhérents (près de 4 500 actuellement), parce qu’être dans un réseau devient indispensable ». Les postes de cadre A étant de plus en plus exposés aux risques juridiques, « le service d’assurance est également un critère d’adhésion, observe-t-il… Plus que des sujets collectifs, comme les retraites ou la loi de transformation de la fonction publique ».

Une baisse mondiale

Le taux de syndicali­sation varie de 90 à 65 % pour les pays d’Europe du Nord jusqu’à 0,2 % au Venezuela, en passant par 7,9 % en France. Selon les premiers éléments d’une actualisation par le Bureau des activités pour les travailleurs de l’OIT, « il baisse depuis plusieurs décennies dans de nombreux pays », assure Maria Helena Andre, sa directrice. Y compris dans le public, « en raison de la privatisation ou du recours accru aux contrats temporaires », même s’il reste plus de deux fois supérieur à celui du privé.

Cet article est en relation avec le dossier

Notes

Note 01 « La syndicalisation en France », Etudes n° 25, mai 2016, Dares. Retour au texte

Note 02 A l’appel de la CGT et de Sud contre le passe sanitaire exigé des usagers à l’entrée de ces équipements Retour au texte

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Commentaires

Pourquoi les syndicats n’ont plus vraiment la cote

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Henri Tanson

09/02/2022 08h19

Un individualisme croissant.
Les “vilains” qui nous dirigent préfèrent avoir en face d’eux des individualismes (ou individualités) que des groupes organisés, que des peuples organisés…
Et, avec un peu d’objectivité, il est facile de comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là.
La politique que nous vivons ne semble plus nous concerner. Elle nous est imposée par Bruxelles dans un intérêt “européen” qui n’est pas le nôtre, forcément.
Au niveau local, nous avons perdu nos représentants locaux, nos maires, que nous élisions pour qu’ils appliquent la politique que nous avions décidé. Depuis la création des communautés de communes, nous ne décidons plus de rien.
Nos représentants parlementaires ne nous représentent plus et semblent n’avoir pour rôle, que de défendre la politique du gouvernement.
Les syndicats sont devenus invisibles.
Plus personne ne semble nous représenter et nous nous retirons, contre notre gré, des questions qui nous concernent. Nous ne votons plus, nous ne nous syndicalisons plus, nous ne nous intéressons plus à la politique, nous ne sommes plus citoyens.
Et ça, ce n’est qu’au niveau politique…
Les “vilains” veulent aussi nous faire perdre nos repères, nos valeurs, nous transformer en citoyens du monde, mobiles, obéissants. Ils rêvent de détruire nos sociétés, nos pays, nos frontières, nos particularités, nos règles, notre culture, etc. Nous voyons que tout est en train de s’effondrer autour de nous et personne ne semble concerné ? Nous nous croyons seuls et donc, nous nous résignons et nous nous replions sur nous-mêmes.
ILS ont gagné ?

Nico22

09/02/2022 01h01

Bonjour Henri,
Merci pour cette analyse.
Les syndicats et la sécurité en santé au travail?
Une casse à marche forcée.
Nos représentants payés pour appliquer des COG  » conventions d’obligations de gestions »!
Des sytèmes dans les systèmes pour noyer les profilés de projet SST dans l’insécurité la plus totale, par compromissions d’acteurs à tous les niveaux.
Non ces représentants ne nous représentent plus depuis longtemps.
Meme les avocats de ces syndicats sont menacés devant les juridictions, qu’elles soient administratives et meme pénales.
La France a perdu ses valeurs fondamentales et ses syndicats sont devenus de parfaits inutiles, et complices du sabordage de l’état de droit!

François

09/02/2022 08h19

Bonjour,

Où ont été les syndicats quand il s’agissait de défendre les agents suspendus sans traitement et sans droits à la défense dans le cadre de l’obligation vaccinale ?
Pas une réaction dans nos structures…
Et personnellement j’en ai marre que les syndicalistes fassent les yeux doux aux élus et critiquent sans arrêt la hiérarchie et les RH en se faisant un malin plaisir à ne soulever que les petits points de détails oubliés sans voir l’ensemble réalisé. Quant aux vrais points à critiquer sur un certain manager connu, la réflexion reste très floue…

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