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[Entretien] Aménagement urbain

« Arrêtons de croire que l’on doit toujours construire davantage »

Publié le 25/01/2022 • Par Olivier Descamps • dans : France

FLORIAN-LABOULAIS
VV/LA GAZETTE
Impossible de respecter les limites planétaires et de maîtriser nos émissions de gaz à effet de serre sans un minimum de sobriété. Sans se priver de ce qui est utile, mais en chassant ce qui ne l’est pas. Florian Laboulais, chargé de mission au think tank Le Labo de l’ESS, nous donne son avis sur le concept de la ville sobre ou "low tech".

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C’est l’un des messages communs des travaux prospectifs présentés cet automne par le gestionnaire du réseau électrique RTE, l’Ademe. Impossible de respecter les limites planétaires et de maîtriser nos émissions de gaz à effet de serre sans un minimum de sobriété. Sans se priver de ce qui est utile, mais en chassant ce qui ne l’est pas. En redonnant du sens à notre consommation, à notre occupation de l’espace ou à notre manière d’innover ; quitte à tourner le dos aux technologies qui ne répondent dans les faits à aucun besoin. Sans jeter le bébé avec l’eau du bain, mais en effectuant un certain tri.

Dans les pas du fondateur du mouvement Colibris, ­Pierre ­Rabhi, disparu en décembre, cette quête de frugalité a plutôt jusqu’alors séduit des citoyens engagés. Avec le concept de « low tech », elle gagne les entreprises et les politiques publiques. Conscients des difficultés à passer de la théorie à la pratique, six territoires (1) se sont associés au Labo de l’ESS pour chercher des pistes qui leur permettraient de s’engager dans une sobriété choisie.

Partant d’initiatives concrètes, innovantes et inspirantes, le think tank présentera, le 8 février, un rapport et un guide pédagogique destinés aux décideurs locaux. Ce travail insiste sur la nécessité de s’appuyer sur les acteurs de l’ESS qui contribuent déjà à transformer la ville. Mais qui manquent de visibilité. Parfois de considération.

Alors que beaucoup de structures travaillent sur la « smart city », vous avez préféré vous pencher sur la ville sobre. Pourquoi ?

Le concept de low tech ne s’oppose pas à l’usage de techno­logies en ville. Il part du constat qu’elles ne résolvent pas tous nos problèmes. Et que, parfois même, elles en créent. Elles ont un impact sur nos dépenses énergétiques et contribuent à certaines pollutions. La réflexion doit par ailleurs être portée sur le terrain socioéconomique. En ville, on assimile trop souvent l’habitant à un consommateur.

La low tech invite à prendre conscience qu’il peut être un acteur, par exemple, en se formant à la réparation, ce qui a, au passage, un impact positif sur la résilience locale. C’est là une grande différence avec la smart city. Quand on cherche à répondre aux besoins fondamentaux des habitants, faisons preuve de discernement technologique. En particulier en ville où le numérique est partout, ce qui pose, en outre, des questions de maîtrise de la donnée.

Notre étude s’est faite sur six territoires métropolitains. Sa restitution vise à aider les villes et les agglomérations qui souhaitent se saisir du sujet. Qui veulent comprendre la façon dont on peut appliquer un principe de sobriété à l’échelle urbaine, et pas seulement à celle de l’habitant.

L’expérience des territoires montre que les structures de l’ESS ont beaucoup à apporter car, fréquemment, elles se posent les questions fondamentales de l’approche low tech : quel est mon besoin, sans superflu ? Dans notre rapport, nous avons classé ces besoins selon quatre catégories : habiter, (se) déplacer, accéder à des biens et des services de consommation courante, produire et travailler.

Entrons dans les détails. Comment habiter différemment la ville ?

Arrêtons d’abord de croire que l’on doit toujours construire davantage. Si l’on veut réduire ses dépenses énergétiques et lutter contre l’étalement urbain, l’un des enjeux est de densifier les usages. Une commune peut ainsi rendre accessibles ses établissements scolaires lorsqu’ils ne sont pas utilisés par les élèves. En attendant de mener à bien ses projets d’aménagement, elle a la possibilité de développer l’occupation temporaire de certains lieux. Et en profiter pour tester de nouveaux usages.

Je pense au projet des Cinq Toits à Paris où une ancienne caserne héberge des personnes en situation de fragilité, des artistes, des artisans… en impliquant les habitants du quartier. Mais aussi à la mission confiée par la métropole lyonnaise aux cabinets Intermède, Plateau urbain et Qualiconsult pour travailler sur cet urbanisme transitoire. L’évidence de la sobriété s’impose, puisqu’on sait que ce qu’on met en œuvre ne va pas durer dans le temps. Ces projets limitent la dégradation des lieux non occupés et les frais de gardiennage.

La question de la sobriété dans les déplacements est très clivante. Et paradoxale, avec, d’un côté, la promotion du vélo, de l’autre, des innovations technologiques, pour fluidifier la circulation par exemple. Comment trouver le juste milieu ?

On doit poser la question de la nécessité de certains déplacements. Il est toujours délicat de parler de démobilité ­– c’est un terme qui peut faire peur –, mais revenons à l’essentiel. Notamment en favorisant une ville de la proximité avec des services recentrés sur la personne. En ce qui concerne les déplacements résiduels, même si nous n’en parlons pas dans l’étude, il semble difficile de défendre l’intérêt du véhicule autonome gourmand en énergie et en ressources, et dont l’utilité est discutable.

Promouvoir une plateforme numérique d’autopartage pour densifier l’usage de l’automobile peut, en revanche, avoir un rôle. Encore une fois, il ne faut pas opposer à tout prix low tech et smart city. La différence entre ce que proposent ces deux approches, ce ne sont pas tant les solutions elles-mêmes. C’est la raison pour laquelle on les choisit.

Les collectivités sont-elles les mieux pla­cées pour promouvoir des modes de consommation ou de travail différents ?

Elles ont en tout cas un rôle à jouer. Notamment pour limiter la surconsommation et développer le faire soi-même. Les associations et les tiers-lieux ont besoin de soutiens financiers. A Paris, la menuiserie solidaire Extramuros fabrique du mobilier urbain avec les habitants. C’est beaucoup de fierté pour eux de voir dans la rue les boîtes à livres ou les jardinières qu’ils ont faites.

Les territoires doivent s’approprier, par ailleurs, le concept d’économie circulaire dans le BTP qui génère 70 % des déchets. Pour créer des boucles de réemploi, l’établissement public Plaine commune a analysé son métabolisme urbain, ce qui l’aide à comprendre les flux de matières qui entrent et qui sortent du territoire. Il y a un fort enjeu de coordination des acteurs.

Enfin, les collectivités peuvent contribuer à relocaliser l’activité économique. A l’instar de l’appel à projets ParisFabrik dont le but est de former ceux qui veulent monter en compétence sur des activités liées à la fabrication ou à l’économie cir­culaire. ­Evidemment, on ne peut pas tout faire de manières artisanale et locale.

Il faut valoriser les entreprises qui cherchent à produire moins et mieux. Ou à mutualiser certains services. Avec cette étude, notre message est de dire que, grâce aux acteurs de l’ESS, beaucoup de choses sont là. Les enjeux sont de dépasser certains a priori, de changer d’échelle et de mettre en cohérence des politiques publiques parfois contradictoires.

Notes

Note 01 (*) Les villes de Paris et de Lille, les villes et métropoles de Lyon, Strasbourg et Bordeaux, ainsi que la commune et la communauté urbaine de Poitiers Retour au texte

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