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Développement local

Les makers, porte-drapeaux de l’innovation et du partage

Publié le 18/01/2022 • Par Rouja Lazarova • dans : France, Innovations et Territoires

FabLabs-Helle
RaphaÎl Helle/Signatures
La crise sanitaire a révélé la nécessité de relocaliser la production, ce qui participe à la revitalisation des territoires. Les makers produisent par eux-mêmes et font avec les autres, et ce, localement. Ils accompagnent la transition numérique. Les collectivités territoriales les soutiennent de diverses façons : locaux disponibles, financements...

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Qu’est-ce qu’un maker ? La définition est protéiforme et évolutive. « Un bricoleur augmenté grâce aux machines à commande numérique », selon ­Cécilia Quay-­Chatelet, chargée de programme « manufactures de proximité » à France Tiers-Lieux. « Quelqu’un qui fait par lui-même, qui fait avec les autres, et qui se définit comme maker », selon ­Antoine ­Ruiz-Scorletti, maker, directeur de Roselab à ­Toulouse et président du Réseau français des fab labs (RFF).

Né aux Etats-Unis dans les années 90, le mouvement des makers repose sur trois piliers – la fabrication, le recours au numérique, le partage des savoirs. Mais, en France, et selon les interlocuteurs, la notion est extensible. « Les makers peuvent être des artisans, voire des entreprises, qui concourent à la production locale », affirme ­Lucas ­Chevrier, conseiller « industrie » à Intercommunalités de France.

A titre d’exemple, le ­Roselab accueille, sur ses 800 mètres carrés, de la fabrication numérique, manuelle et conventionnelle. « Certes, on utilise des imprimantes 3D, mais on ponce manuellement, on manie des perceuses et des visseuses, on travaille le bois, le métal, le textile, le papier », poursuit ­Antoine ­Ruiz-Scorletti. ­Nicolas ­Bard, issu du mouvement des makers dont il a repris le nom pour créer sa marque – Make Ici, une chaîne nationale de cinq ateliers partagés –, se montre plus polémique : « Nous avons une notion d’excellence que les makers n’ont pas. »

Machines coûteuses mutualisées

A cette profusion de définitions correspond la diver­sité des appellations des lieux accueillant les intéressés : des makerspaces (ou espaces du faire) pour commencer, puis des fab lab, des tiers-lieux de production, des ateliers partagés… Le principe étant de mutualiser des machines à commande numérique coûteuses (imprimantes 3D, découpes laser, fraiseuses, brodeuses, etc.) et d’en ouvrir l’accès, par le biais d’une location ou d’un abonnement, aux makers, artisans, porteurs de projets et autres salariés en reconversion.

Enfin, les appels à projets ou à manifestations d’intérêts successifs de l’Etat illustrent cette évolution de la notion du maker – celui de Fleur Pellerin de 2014 consacré aux fab labs, puis « Fabriques de territoires » lancé en 2019, enfin, « Manufactures de ­proximité », le tout récent appel à manifestations d’intérêts qui vise à labelliser 100 structures d’ici le printemps 2022.

Ces structures sont soutenues essentiellement par deux échelons de collectivités ayant la compétence du développement économique : les régions et les intercommunalités. Le plus souvent, les premières financent. Les secondes ont un rôle plus complexe à jouer. « Chaque collectivité invente son histoire, sa méthode », résume ­Romain ­Chefdor, chargé de mission « projets numériques » à Rennes métropole. Il y a celles qui, situées en général en milieu rural, initient et portent le fab lab comme un véritable service public.

Créations dans les zones rurales

En 2015, la communauté d’agglomération du grand ­Guéret dans la Creuse (25 communes, 28 700 hab.). lance à titre expérimental un tiers-lieu, La Quincaillerie, en louant un espace de 300 mètres carrés dans le centre-ville de Guéret et en dédiant l’un de ses agents à sa gestion.

L’expérience est pérennisée en 2020 et un nouveau local de 1 000 mètres carrés acquis. « Nous avons des bureaux de coworking, une salle de réunion, un espace public numérique, ainsi qu’un fab lab équipé de diverses machines, acquises grâce à la Fondation Orange », décrit ­Eric ­Durant, coordinateur numérique de l’agglo, embauché d’abord en tant qu’informaticien et propulsé à la tête de La Quincaillerie en raison de sa passion personnelle pour le numérique. Le public est diversifié – des artisans, des étudiants, un camping-cariste arrivé pour fabriquer une pièce pour réparer son véhicule, le McDo local venu réaliser un système de contre-portes.

En ­Ardèche, la communauté de communes de Val’Eyrieux (29 communes, 12 600 hab.) a également propulsé la création de La Fabritech en 2017. « Nous ne voulions pas rater la révolution numérique sur notre territoire rural à vocation industrielle », justifie le président de l’interco, ­Jacques ­Chabal. Celle-ci met à disposition des locaux et une subvention annuelle de 20 000 euros notamment pour les activités liées à la sensibilisation des jeunes à la fabrication numérique. « Nous avons deux rôles, impulser la création de la structure et porter ensemble les demandes de financements auprès de la région, de l’Etat, de ­l’Europe, confie ­Morgane ­Maitrias, directrice du pôle “économie et transition écologique”. Le lieu permet aux artisans et aux habitants de réaliser des prototypes. Il les place dans une position d’innovation. »

Internet des objets

L’un des fondements de la philosophie des makers est de partager les connaissances. « Nous avons fait le constat que le monde économique ne fonctionne plus dans une logique de propriété, mais de partage des savoirs, des technologies, des outils », affirme ­Alexandre ­Cassaro, maire de Forbach et vice-­président de la communauté d’agglomération ­Forbach porte de France (21 communes, 77 100 hab.).

Dans le cadre du partenariat historique entre l’agglo­mération et l’université de ­Lorraine, le projet ­Uttopia voit le jour fin 2021 : un fab lab hautement techno­logique spécialisé dans les matériaux nouveaux et l’internet des objets, équipé des imprimantes 3D dernier cri et d’un un robot six axes. Les financements initiaux sont assurés par la Banque des territoires (134 000 euros), l’agglo (60 000 euros) et la région Grand Est (84 000 euros). L’agglo met à disposition les locaux, l’université, un ingénieur pour animer le lieu.

Le rôle d’Uttopia est de permettre à des makers et à des porteurs de projet de tester leurs idées par la preuve du concept, et les faire monter en compétences. Celui de la collectivité, selon ­Alexandre ­Cassaro, est de faciliter et d’animer le réseau. « Nous allons mettre en relation les porteurs de projet avec les PME locales, leur premier marché. De leur côté, les PME auront accès à de la R&D à bas coût. Pour maintenir un tissu économique local, il faut pouvoir soutenir sa transition numérique. »

Les makers ont révélé leur utilité au début de la crise sanitaire. « Ils ont fabriqué du matériel médical grâce à des plans en open source, de façon bénévole. C’est seulement ensuite que les collectivités leur ont versé des subventions », explique Cécilia Quay-­Chatelet. Cet épisode a peut-être donné l’idée à l’Agence nationale de la cohésion des territoires de lancer, avec le RFF et France Tiers-Lieux, le « Mois de la fabrication distribuée », en octobre 2021. Son objectif : faire fabriquer et adapter localement par les makers trois modèles de mobilier, conçus par des designers, dont les plans sont en open source, et qui sont destinés à accueillir les médiateurs numériques se déployant sur le territoire. Les collectivités sont appelées à précommander ce mobilier, qui devrait être réalisé d’ici à mai 2022. « C’est un bon moyen de tisser des liens entre les collectivités et les makers. La commande publique est l’un des leviers de soutien », estime ­Romain ­Chefdor.

« L’humain est un facteur clé, le contact avec la communauté est primordial »

Matéi Gheorghiu, sociologue, maître de conférences associé à l’université de Caen Normandie

mateï gheorgiu« Si elles veulent attirer des makers et créer des espaces du faire, les collectivités doivent désigner une personne chargée de ce projet qui a une appétence pour le numérique. L’humain est un facteur clé. Ce chargé de mission doit d’abord entrer en contact avec la ­communauté, ce qui est primordial. Il doit également évaluer les besoins du territoire et concevoir un projet adapté. Si celui-ci existe, les collectivités doivent le soutenir, financièrement et matériellement, mais surtout mettre en relation les makers avec les acteurs économiques et industriels de leur territoire, pour leur permettre de s’autonomiser. »

 

« Nous ne finançons plus directement les structures, chacune trouve son modèle »

Romain Chefdor, chargé de mission « projets numériques » à Rennes métropoles (43 communes, 451 800 hab.)

chefdor romain« La genèse de notre réseau, qui compte aujourd’hui 20 fab labs, repose sur un partenariat entre la ville et la métropole, l’université Rennes 2 et quelques associations. C’était en 2012. Depuis, nous ne finançons plus directement les structures, chacune trouve son modèle économique. Nous avons élaboré une charte qui contient, entre autres, l’obligation d’ouvrir gratuitement le fab lab au moins quatre heures par semaine au grand public. Nous finançons deux choses. D’abord, un Maker faire, où les makers viennent exposer leur production durant un week-end, le vendredi étant consacré aux scolaires. Ensuite, le Marathon créatif, une sorte de hackathon où les makers ont trois jours pour répondre à une thématique du territoire, par exemple la mobilité ou le maintien à domicile des personnes âgées. Parfois, des entreprises se montent à l’issue de ces marathons ! »

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