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Petite enfance

Verger, potager, poulailler… les crèches voient la vie en vert

Publié le 10/01/2022 • Par Michèle Foin • dans : A la Une santé social, Actu expert santé social, France, Innovations et Territoires

Les structures de la petite enfance de la CC de Touraine - est vallées bénéficient d’extérieurs vastes, en vue d’en faire de véritables « pièces de vie ».
Les structures de la petite enfance de la CC de Touraine - est vallées bénéficient d’extérieurs vastes, en vue d’en faire de véritables « pièces de vie ». Touraine - Est Vallées
Avec le réchauffement climatique et la crise sanitaire, les collectivités ont pris conscience de l’importance de végétaliser leurs espaces éducatifs, écoles ou crèches. Passer plus de temps dehors est bénéfique à la santé des jeunes enfants. Le verdissement des crèches ne suffit pas. Il convient d’adapter le projet pédagogique en y incluant davantage le vivant et les éléments naturels.

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Si les enfants et les adolescents perdent, au fil des générations, le contact avec l’extérieur et souffrent de sédentarité accrue, les moins de 6 ans ne sont pas épargnés. Depuis deux ans, la crise sanitaire n’a fait qu’aggraver le phénomène. Une étude de l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps) sur l’activité des moins de 6 ans durant le confinement montre qu’un quart d’entre eux ont diminué leur activité physique en 2020 tandis que 60 % augmentaient leur temps d’écran.

La proximité d’un espace extérieur public ou privé a clairement joué sur le taux d’activité des tout-petits. « Or, en ville, les jeunes enfants ont peu, voire aucune possibilité d’aller dehors. Lorsqu’ils vont à la crèche, cela devrait donc être une obligation ! » s’insurge ­Gillian ­Cante, doctorante et spécialiste du développement durable dans la petite enfance.

Tendre vers le jardin idéal

Avec le Covid, on assiste à une réelle prise de conscience des collectivités. On ne compte plus les villes qui se lancent dans la végétalisation des cours d’école traditionnellement bitumées. Un mouvement qui touche aussi les établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE). Lyon, avec son plan d’investissement pour la petite enfance de 71 millions d’euros, a, de loin, le projet le plus ambitieux en la matière. La ville compte en effet végétaliser ses 150 crèches à l’horizon 2026, et accompagner les équipes vers la pédagogie de plein air. « Nous voulons que la cour redevienne le principal outil pédagogique tout au long de l’année », explique ­Steven ­Vasselin, adjoint au maire chargé de la petite enfance.

Au programme : végétalisation en pleine terre, plantations d’arbres, de vergers, installations de poulaillers… Mais sans posture dogmatique. « Nous devons aussi préserver des sols durs pour les usages liés à la motri­cité, comme celui de faire rouler des draisiennes. En revanche, nous enlevons tous les sols souples pour les remplacer par des matériaux naturels : sable, copeaux de bois, gravier, etc. » détaille l’élu.

A Rouen (111 400 hab.), le plan pluriannuel d’investissement prévoit la végétalisation de cinq écoles et de deux crèches par an durant la mandature, indique ­Florence ­Hérouin-Léautey, adjointe au maire chargée de l’éducation et de la petite enfance. « L’objectif est de lutter contre les îlots de chaleur qui privent les enfants des extérieurs lorsqu’il fait trop chaud. Nous voulons recréer des zones d’ombre qui agissent sur la qualité thermique du bâtiment », avance-t-elle.

A Rennes (217 700  hab.), la plupart des crèches disposent déjà d’espaces verts arborés dotés d’un petit jardin potager. Des bacs dans lesquels les équipes font pousser tomates, courgettes, herbes aromatiques et baies, pour « sensibiliser les tout-petits au cycle de la nature », insiste ­Arnaud ­Stephan, élu chargé de la petite enfance. Récemment, la direction de la petite enfance a lancé une réflexion sur l’aménagement « idéal » des futurs jardins des crèches en reconstruction ou restructuration. « L’objectif est d’offrir aux enfants des espaces naturels qui favorisent le développement psychomoteur, mais aussi affectif, émotionnel, cognitif et relationnel », pointe l’édile. Maisons à insectes, nichoirs et mangeoires à oiseaux pour attirer les animaux, dénivelés naturels pour la motricité, coins détente… devraient donc agrémenter ces jardins, constitués à 60 % d’espaces naturels.

Le projet pédagogique est central

Car il ne suffit pas d’avoir des espaces verts au sein des crèches pour augmenter le contact des enfants avec la nature. En la matière, le projet pédagogique est central. Une formatrice danoise accompagne les équipes lyonnaises sur cette voie à raison de deux jours par crèche. « Toutes nos structures bénéficient d’extérieurs vastes. Notre objectif, aujourd’hui, est d’en faire une véritable pièce de vie », témoigne ­Juliette ­Radlicki, directrice « petite enfance, enfance et jeunesse » de la communauté de communes (CC) de ­Touraine - est vallées (10 communes, 39 800 hab., Indre-et-Loire). Elle n’y voit que des avantages. « Les enfants y sont plus libres d’explorer. Toucher la terre et les plantes, découvrir des insectes, jouer avec des feuilles… Tout cela développe leur créativité. De leur côté, les professionnels sont moins dirigistes et plus dans l’observation. Ils font confiance à l’enfant pour trouver ses propres ressources et sont disponibles quand il réclame la présence de l’adulte. »

Surtout, avec la crise sanitaire, les professionnels ont pris conscience qu’ils pouvaient revenir à l’essentiel. Durant la pandémie, les crèches sont restées ouvertes. Mais avec un protocole de nettoyage renforcé, ils sortaient beaucoup moins de jouets. « Ils ont donc utilisé des éléments naturels, feuilles, marrons, écorces… et se sont rendu compte qu’ils n’avaient finalement pas besoin d’autant de jeux ! » concède ­Juliette ­Radlicki. A ­Rennes, le même constat a conduit les équipes à réfléchir à leurs besoins réels. « Nous remettons en question cette habitude de renouveler le matériel chaque année pour profiter des lignes de financement dédiées. Aujourd’hui, nous voulons laisser une plus grande place à la nature », explique ­Arnaud ­Stephan. « Nous n’achetons plus de gommettes, ni de peintures à paillettes ! Remplir et vider un carton de feuilles mortes, ramasser des marrons : ça ne coûte rien, et les enfants adorent ! » se réjouit ­Juliette ­Radlicki.

De meilleures défenses immunitaires

Faut-il pousser encore plus loin le concept et envisager des crèches en plein air, comme nos voisins scandinaves ? Les collectivités ne s’y sont pas encore essayées en France. Mais, à Lyon et Rennes, le modèle séduit. « Sur la vingtaine de nouvelles structures qui vont voir le jour durant la mandature, cinq à dix seront des crèches de plein air », assure ­Steven ­Vasselin, qui n’y voit que des avantages pour les bébés : de meilleures défenses immunitaires, un meilleur sommeil, une baisse de l’agressivité. Rennes va de son côté soutenir deux projets associatifs à gestion parentale qui ouvriront en 2022 et 2023, où l’essentiel des activités se fera dehors, y compris la sieste. La communauté de communes de ­Touraine - est vallées aimerait tendre vers ce modèle et s’applique pour l’instant à en identifier les freins, « principalement vestimentaires », assure ­Juliette ­Radlicki qui espère rassurer les parents en fournissant des tenues adéquates.

Quant à sortir avec les enfants en dehors de l’enceinte de la crèche, cela reste compliqué car beaucoup de gestionnaires imposent un taux d’encadrement d’un professionnel pour deux enfants. Un usage, non une réglementation, dont ­Steven ­Vasselin entend s’affranchir. « Nous voulons guider les professionnels sur la voie d’un accompagnant pour quatre enfants, grâce à des vélos-bus électriques qui peuvent contenir jusqu’à huit enfants, pour des petits trajets de la crèche au parc voisin. »

La ville a en effet voté l’achat de vingt vélos-bus qui seront mis à disposition des EAJE dans différents endroits de la collectivité. « Il faut que l’environnement s’y prête et que le personnel se sente en confiance », objecte ­Annie ­Boulon-Fahmy, conseillère municipale déléguée aux crèches et au périscolaire à Rouen.

« Les professionnels peuvent réaligner leurs pratiques avec leurs valeurs »

Claire Grolleau, présidente de l’association Label Vie

« Notre association accompagne les gestionnaires de crèches dans l’amélioration continue de leur impact environnemental, grâce au label ”Ecolo-crèche”. Aujourd’hui, notre réseau compte 650 établissements, dont 35 % municipaux. De plus en plus d’actions portent sur la végétalisation des cours pour remettre les enfants au cœur du vivant animal et végétal. Une démarche bénéfique pour l’enfant, mais aussi pour les professionnels. Dans cette profession malmenée, où l’on relève beaucoup d’absentéisme et de turnover, verdir les crèches redonne du sens au métier. Les professionnels peuvent ainsi réaligner leurs pratiques avec leurs valeurs. »

 

« La crèche en plein air répondra à une demande des parents »

Steven Vasselin, adjoint au maire de Lyon (518 600 hab.), chargé de la petite enfance

« Nous avons déjà trois projets concrets de crèche en plein air. Le bâti n’a rien à voir avec celui d’une structure classique. Il n’y a pas de dortoir puisque les repas et les siestes ont lieu à l’extérieur, à l’abri d’un préau ou d’une pergola. Pour répondre aux besoins de change, de sanitaires, de réchauffage des plats et de repos de l’équipe, 70 mètres carrés, sous la forme de petits chalets, sont suffisants. Chacune de ces crèches sera néanmoins associée à une structure classique pour avoir une base de repli en cas de besoin. De fait, elles coûtent deux à quatre fois moins cher et répondent à une réelle demande des parents qui veulent que leur enfant passe plus de temps dehors ! Afin de faciliter le travail pédagogique de l’équipe, elles seront en revanche destinées aux enfants de plus de quinze mois, qu’ils marchent ou pas. »

 

Une timide avancée

Un arrêté du 31 août 2021 exige dorénavant que tout nouvel établissement d’accueil de la petite enfance soit doté d’un espace extérieur de 15 mètres carrés pour une micro-crèche à 70 mètres carrés pour une très grande crèche. Une avancée, certes, mais très timide.

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