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Développement local

Ces communes rurales qui courtisent les habitants des villes

Publié le 23/12/2021 • Par Gaëlle Ginibrière • dans : France, Régions

Migennes, dans l’Yonne, mène une politique d’identification des locaux vacants, dont certains sont rachetés pour être loués à des prix modérés.
Migennes, dans l’Yonne, mène une politique d’identification des locaux vacants, dont certains sont rachetés pour être loués à des prix modérés. Ville de Migennes
La crise sanitaire encourage de nombreux urbains à rechercher un meilleur cadre de vie à la campagne, renforçant l’attractivité de certaines communes rurales. Les communes et intercommunalités rurales ont d’autant plus de chances d’attirer des urbains qu’elles se trouvent à proximité des grandes villes et des métropoles. Que ce soit pour l’offre de services culturels ou de santé ainsi que pour des commerces, la prospection de logements et de locaux professionnels est essentielle.

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En ­Dordogne, à Lamothe-­Montravel­ (1 400 hab.), la crise sanitaire et l’essor du télétravail ont largement contribué à repeupler, de plus de 150 habitants en deux ans, la commune située à une heure et demie en voiture de ­Bordeaux. Avec, à la clé, l’inauguration d’une nouvelle classe à la rentrée 2021. Depuis le premier confinement, l’­envie de campagne des urbains est palpable, même si elle est parfois montée en épingle et inégale selon les territoires.

Si l’attractivité d’une commune comme ­Mens (1 400 hab., ­Isère) s’est fortement accélérée ces derniers mois auprès des ­Grenoblois et, plus récemment, des ­Franciliens, Jean-Paul ­Pourquier, président du pôle d’équilibre territorial et rural (PETR) du pays du ­Gévaudan-­Lozère (65 communes, 33 000 hab., ­Lozère), n’a pas observé de rebond lié à la crise, alors même que la politique d’attractivité commence à porter ses fruits depuis déjà cinq ou six ans.

Des commerces et services comme préalable

« En Auvergne - Rhône-Alpes, les territoires ruraux à la proximité des métropoles et agglo­­­mérations, par exemple, dans le ­Beaujolais ou le ­Pilat dans la ­Loire, connaissent un afflux plus conséquent que des ­territoires plus en confin », note ­Aurélie­ ­Braillon, chargée de mission « dynamiques territoriales de ­créations d’activités » à Cap rural, centre de ressources sur les pratiques et les métiers du développement local qui anime la mission « réseau rural » dans la région.

Les collectivités rurales actuellement les plus attractives sont aussi celles qui ont élaboré de longue date une stratégie d’attractivité. Directeur des ­Localos, qui se présente comme un collectif des projets de développement local en campagne, J­ean-Yves ­Pineau met ainsi en avant cinq axes de travail en mesure « de transformer des politiques d’attractivité en milieu rural en belles histoires ». « Le premier est le portage et la volonté politique de mettre les mains dans le cambouis. La capacité des habitants à développer leur hospitalité et leur culture d’accueil se travaille également. Tout comme l’offre du territoire en matière de logements ou d’accès au foncier. L’­accompagnement, dans la construction du projet professionnel et l’installation concrète, est également essentiel. Enfin, intervient en dernier la question de la communication », détaille-t-il.

Maire de ­Luzy (2 000 hab., ­Nièvre), ­Jocelyne­ ­Guérin a pris le sujet à bras-le-corps depuis sa prise de ­fonctions en 2014. « Je passe beaucoup de temps à ­recevoir les familles qui ont un projet d’installation. Mais c’est surtout le projet de ville, élaboré en partenariat avec les habitants, qui attire », avance-t-elle. La réintégration des commerces dans le centre (tous les espaces commerciaux y seront ­occupés d’ici à l’an prochain) ainsi que le déploiement d’une vie associative riche et d’une ambiance de village ont attiré, depuis 2016, 30, puis 40 nouvelles familles par an… jusqu’à 104 en 2020 !

La mise à disposition d’offres de commerces et de services, que ce soit en matière culturelle ou de santé, est un autre préalable incontournable. En l’­absence d’investisseurs privés, ­Migennes (7 300 hab., ­Yonne) mène ainsi une politique très volontariste d’identification des locaux vacants, dont certains sont rachetés pour être ensuite loués à des prix modérés. « Nous sommes aussi allés chercher une franchise de restauration rapide de qualité, une fromagerie et un boucher, car les commerces de bouche de qualité sont un point d’attention. Nous avons racheté ou construit des équipements sportifs et culturels, comme le cabaret ­L’­Escale, réhabilité en 2014, ou le cinéma, inauguré en mai 2021 », énumère ­Aurélie ­Haerinck, responsable du développement territorial et de l’attractivité.

Des efforts sur l’accès à l’emploi

De son côté, la communauté de communes (CC) du val d’­Amour (24 communes, 9 100 hab., ­Jura) ouvrira en 2022 un portail citoyen dématérialisé d’­information sur les démarches de service public sur le territoire, les événements culturels, l’école et l’assainissement. La politique d’attractivité passe également par un accompagnement du projet professionnel des candidats. Un objectif que s’est fixé le réseau ­Lozère ­Nouvelle vie, qui réunit, en ­particulier, les efforts du conseil ­départemental et des trois groupements du territoire, que ce soit en matière de recherche d’emploi, de création ou de reprise d’entreprise. Ou encore le dispositif ­Beaujolais vers votre avenir, piloté par le syndicat mixte du ­Beaujolais (116 communes, 225 000 hab.). Chef de mission « politique d’accueil » au syndicat mixte, ­Denis ­Longin observe d’ailleurs une évolution des projets portés par les candidats à l’installation. « Il s’agissait jusqu’ici de créateurs ou de repreneurs, surtout de petits commerces, avec notamment, dans les premières années, il y a douze ans, des bars-restaurants en location-gérance. Petit à petit, le champ s’est élargi à tous les secteurs, avec, depuis la crise sanitaire, une grosse progression des projets agriruraux ou de maraîchage, qui sont passés de 15 à 40 % des projets accompagnés », relate-t-il.

La CC du val d’­Amour a choisi de soutenir aussi les conjoints, au moyen d’un partenariat avec la plateforme interconsulaire (chambre de commerce et d’industrie, chambre des métiers et de l’artisanat, et chambre d’agriculture) dédiée aux ressources humaines au niveau départemental, obtenant l’accès à un agrégateur d’offres d’­emploi devenu, pour ­l’intercommunalité, un précieux canal d’information. « Nous travaillons également avec l’association Made in Jura, qui fédère plus de 400 entreprises », souligne ­Etienne ­Rougeaux, président de la CC.

Un répertoire de logements disponibles

L’engouement pour la campagne incite les collectivités à accélérer ou à infléchir certains pans de leur politique d’attractivité. La réflexion sur la création de tiers-lieux, encore regardés comme des ovnis dans certains territoires ruraux avant 2020, s’est ainsi considérablement accélérée. La CC du val d’­Amour a misé sur un premier tiers-lieu, ouvert en novembre 2019. « Il s’est assez vite rempli, avec, depuis la crise sanitaire, un nouveau public, comme ces deux avocates qui résident trois semaines par mois sur notre territoire », note ­Rémi ­Gauthier, directeur général des services de l’intercommunalité. Trois autres tiers-lieux sont en projet pour mailler le territoire.

Au syndicat mixte du ­Beaujolais, l’afflux d’une nouvelle population depuis la crise implique de revoir les priorités. « Alors que nous accompagnions jusqu’ici en moyenne 75 porteurs de projets par an, nous sommes passés, en 2021, à près de 110 personnes, que nous suivons plus longtemps, car nous avons peu d’offres à leur proposer. Nous allons donc réorienter notre stratégie vers davantage de prospection d’offres de reprises d’activité, de foncier professionnel bâti ou non bâti, et même de logements, qui est le gros point noir actuellement », raconte ­Denis ­Longin.

Les efforts redoublent en matière de logement alors que le parc immobilier – souvent limité – a déjà été pleinement investi par les derniers arrivants. « Nous engageons les communes à tenir à jour un répertoire des logements disponibles », indique ­Daniel­ ­Louineau, chargé de mission « attractivité territoriale » au PETR du pays de ­Gévaudan-­Lozère.

« La crise privilégie une consommation purement résidentielle »

Jean-Yves PineauJean-Yves Pineau, directeur de l’association Les Localos

« Même si la notion de ruée sur la campagne est à nuancer, il y a un vrai sujet de fond : la crise sanitaire privilégie une consommation purement résidentielle du territoire, dans des communes très proches des grandes villes, avec des cadencements de transports adaptés, la fibre et un cadre de vie agréable et moins cher. Cela encourage une vision de “territoire décor”, et non à habiter.

Travailler une politique d’accueil et d’attractivité suppose cependant de s’intéresser à la culture d’hospitalité, à la régénération des énergies ainsi qu’au tissu social et économique local, et nécessite d’avoir un projet pour son territoire, qui donne du sens. »

« Une expérimentation qui accompagne des porteurs de projet urbains »

Aurélie BraillonAurélie Braillon, chargée de mission « dynamiques territoriales de créations d’activités » au centre de ressources Cap rural

« Nous avons lancé, en 2015, ­Envie d’R, une expérimentation à l’initiative de quelques territoires ruraux pour se regrouper et mieux accompagner des porteurs de projets, notamment urbains. Il s’agit de mettre en relation les territoires ruraux – seize l’­an prochain – et une vingtaine de structures urbaines d’­accompagnement de porteurs de projet. L’idée est que celles-ci connaissent et proposent des opportunités, par exemple, de la reprise d’activité, à la campagne, et que les territoires ruraux organisent des rencontres avec les élus et des parcours de découverte. Cap rural assure aussi des webinaires sur l’installation à la campagne. Si, au début, ce sujet était anecdotique pour les acteurs de l’accompagnement des villes, depuis deux ans, ils ont affaire à un panel plus conséquent de personnes ayant un projet professionnel et de vie à la campagne. »

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