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Aménagement urbain

Et si la ville dense était tendance ?

Publié le 14/12/2021 • Par David Picot • dans : A la une, actus experts technique, France

ville
M. Zlochin / AdobeStock
Fixées par la loi « climat et résilience », les perspectives de zéro artificialisation nette des sols visent à freiner l’étalement urbain. Conséquence : les villes de toutes tailles vont être amenées à se densifier. Une nécessité déjà assumée par endroits. L’enjeu sera de rendre acceptable cette densification, régulièrement érigée en symbole du mal-être en ville. Cette problématique d’acceptabilité s’annonce bien plus périlleuse dans les territoires périurbains et, surtout, ruraux. Sans prendre le contre-pied de la densification, quelques collectivités tentent de ralentir le mouvement.

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Cet article fait partie du dossier

Transition écologique : bye-bye vieux monde

L’histoire d’un tabou, en passe de devenir un mantra. Par la grâce de la loi du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU), la densité a été placée au cœur de nos politiques d’urbanisme. L’enjeu ? Lutter contre l’étalement urbain et, de ce fait, contre la consommation d’espaces agricoles, naturels et forestiers. Un objectif réaffirmé, depuis et à leurs façons, par plusieurs lois, à l’image des Grenelle 1 et 2, en 2009 et 2010, qui ont doté les documents d’urbanisme de leviers pour favoriser un aménagement du territoire économe en foncier.

Il l’a aussi été par la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (Alur) du 24 mars 2014, supprimant le coefficient d’occupation des sols (COS) et la taille minimale des terrains. Cet été, la loi dite « climat et résilience » est à nouveau venue cadrer ces enjeux de densification, à travers son objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) des sols à l’horizon 2050. Et ce, après une première diminution de 50 % du rythme de consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers d’ici à la fin de la décennie.

À rebours des aspirations à plus d’espace

« De façon très concrète, ce texte nous demande, dans les années à venir, de répondre aux besoins démographiques, économiques, de transition, de déplacements et d’équipements avec moitié moins de ­foncier », résume ­Michel ­Heinrich, président et fondateur de la Fédération nationale des schémas de cohérence territoriale (Scot). A terme, même si les contours restent à préciser et si le calendrier peut être amené à évoluer, cette perspective de ZAN teintée de densification va concerner toutes les collectivités, de la ville à la campagne. Avec cette impression que le sujet, qui anime déjà des conseils municipaux et métropolitains, tombe plutôt mal… Bien qu’il en soit question depuis vingt ans !

La densité reste particulièrement stigmatisée, d’autant plus en cette période de crise sanitaire au cours de laquelle les Français ont fait entendre leurs envies d’espace et d’extérieur, qui seraient ­incompatibles avec la ville dense. Un exemple ? D’après une enquête(1) de fin 2020, la densité est perçue comme un inconvénient par 57 % des élus et agents de la territoriale. Pour deux tiers des sondés, elle est même associée à une diminution de la qualité de vie.

Ministre déléguée auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée du Logement, ­Emmanuelle ­Wargon ne nie pas l’aspect « repoussoir » de la densité, « alors qu’elle participe d’un modèle vertueux et contribue à la qualité du cadre de vie, si elle est bien pensée ». D’après elle, « il est temps de changer nos regards sur l’habitat et de rendre désirable la ville durable. Il faut donner à voir et susciter l’intérêt pour une ville qui combine intensité et qualité ». A noter qu’elle utilise plutôt le mot « intensité », qui revêt un aspect qualitatif, alors que « densité » apparaît plus quantitatif. « L’heure est venue d’assumer ce terme et d’affirmer très simplement sa nécessité », souligne l’urbaniste ­Sylvain ­Grisot, dans son « Manifeste pour un urbanisme circulaire ». Mais… « Encore faut-il rendre acceptable ce processus. C’est sans doute l’échec le plus cuisant de la fabrique de la ville de ces deux dernières décennies », glisse-t-il.

Sept territoires engagés dans la sobriété
Accompagner les collectivités souhaitant limiter l’étalement urbain, c’est la démarche Territoires pilotes de sobriété foncière, lancée à l’automne 2020, dans le cadre du programme Action cœur de ville. Sept territoires, définis par une ville moyenne et son agglomération, font partie de l’expérimentation : ­Draguignan, ­Dreux, ­Epernay, ­Louviers, ­Maubeuge, ­Poitiers et ­Sète. Entre la révélation de potentiels fonciers à l’échelle de l’intercommunalité et la partie « projets », la démarche devrait durer trois à cinq ans.

Qualité et esthétisme comme leitmotiv

Densité assumée et acceptabilité : de nombreux élus, surtout dans les métropoles, poursuivent déjà ce double objectif. « Dans une ville qui doit produire des logements, si l’on veut libérer de la pleine terre, des espaces naturels, des îlots de fraîcheur et tous ces lieux qui font la qualité de vie, il faut que l’on ait des éléments de densité, particulièrement de la hauteur », assume ­Pascal ­Pras, vice-président (PS) de ­Nantes métropole (24 communes, 656 300 hab.), ­chargé de l’habitat, des projets urbains et de l’urbanisme durable. L’­acceptabilité ? « Elle passe effectivement par la qualité : celle du paysage urbain et celle de l’habitat. » Illustration avec le projet « République », sur 25 hectares, qui accueillera 2 000 ­nouveaux ­habitants, 4 000 actifs supplémentaires et 7 500 étudiants d’ici à 2030. « Nous ­poussons les opérateurs dans leurs retranchements pour qu’ils travaillent les formes urbaines, souligne l’urbaniste ­Claire ­Schorter, directrice de l’agence d’­architectes, urbanistes et paysagistes IAQ. Nous imposons des balcons ou des terrasses pour tous les logements, avec non pas des normes de dimensions, mais d’usage : qu’il soit ­possible d’y déjeuner. »

Maire (UDI) de ­Lorient (57 100 hab., ­Morbihan), élu en 2020, ­Fabrice ­Loher a entamé un intense travail de reconstruction de la ville sur elle-même dans cette cité de 7 kilomètres carrés, « qui n’a quasiment plus de foncier disponible ». La qualité est ainsi érigée en leitmotiv grâce, notamment, à « l’­esthétisme urbain. Il est fondamental. Nous devons veiller à avoir des gestes architecturaux forts. Je le dis aux architectes : un peu d’audace ! ». ­Michel ­Heinrich, de la fédération des Scot, abonde : « Oui, nous avons besoin d’aménagements urbains très qualitatifs, avec, toutefois, une recherche ­architecturale qui nous manque peut-être encore en ­France par rapport à nos voisins européens. Pour parvenir à concilier densité et intimité. »

Dans cette quête de densité, les élus, dont Fabrice Loher, insistent sur « le fait d’amener davantage de végétalisation et de nature dans les quartiers ». Un point essentiel, comme le confirme ­Jacqueline ­Osty, paysagiste urbaniste, lauréate du Grand Prix de l’­urbanisme 2020 : « Davantage de nature en ville pour répondre au défi du réchauffement climatique, mais aussi pour le bien-être des habitants. Nous avons besoin, en ville, d’un espace public végétalisé à proximité de là où l’on habite. » D’où ce « système de parcs » qu’elle va créer sur la pointe sud-ouest de l’Ile de ­Nantes, après avoir planché chez le voisin rennais, sur les « plages de ­Baud ».

Cette étendue verdoyante de quatre hectares, au bord de la Vilaine, s’inscrit dans le cadre du – dense – projet urbain de ­Baud-­Chardonnet, où vivront, à terme, 5 200 nouveaux habitants ! Et ce, dans une métropole rennaise « où 78 % du parcellaire est naturel agricole », précise ­Marc ­Hervé, conseiller métropolitain (PS), membre du bureau délégué aux formes urbaines. « La conservation de cette présence verte passera par une densification assumée, mais à l’échelle des 43 communes », ajoute-t-il.

Marc Barra @ARB IDF

Marc Barra, écologue à l’agence régionale de la biodiversité en Ile-de-France

Quels liens établit-on entre ville dense et biodiversité ?

L’abondance et la richesse en espèces diminuent au fur et à mesure que la densité urbaine augmente. Par exemple, les populations d’oiseaux, de papillons et de chauves-souris sont en déclin en moyenne de 20 % par rapport aux années 2000 dans les milieux urbains d’Ile-de-France. Nous constatons aussi une homogénéisation de la biodiversité urbaine, avec une augmentation des espèces très adaptatives, comme la pie et le pigeon, au détriment des espèces spécialistes du bâti, comme les hirondelles de fenêtres et les martinets, qui déclinent fortement.

Que préconisez-vous aux acteurs de la ville, appelés, ces prochaines années, à densifier ?

Il va falloir trouver des moyens de densifier sans sacrifier des espaces de jardins ou de pleine terre. Donc surélever des bâtiments, utiliser les logements vacants, faire de la déconstruction-reconstruction sur des espaces déjà artificialisés. Bref, refaire la ville sur elle-même, mais pas forcément en ponctionnant ses dents creuses, qui sont parfois des espaces végétalisés, au même titre que les friches urbaines, devenues, pour certaines, des espaces naturels. Selon des études, elles abritent même plus de biodiversité que les parcs et jardins entretenus !

Il est aussi question de renaturation et de désimperméa­bilisation. Comment s’y prendre dans la ville dense ?

Il faut exploiter les zones déjà imperméabilisées comme les espaces publics bétonnés, les parkings, les cours d’écoles, les trottoirs. Regreen, un projet test européen en cours à ­Aulnay-sous-Bois [86 300 hab., Seine-Saint-Denis], laisse apparaître un potentiel d’une centaine d’hectares dont la renaturation apporterait des bénéfices pour la biodiversité, l’adaptation au changement climatique et la santé.
Pour plus de nature, les villes devront enfin mieux intégrer les écologues dans leurs équipes.

Du « recyclage » dans les fiches

En pratique, les outils de densification ne sont pas légion. Le ministère de la Transition écologique préconise déjà de bien repérer ses opportunités foncières et de se rapprocher, le cas échéant, de son établissement public foncier. Quant aux logements vacants, ils représenteraient tout de même, à l’échelle du pays, cinq ans de consommation de foncier. Et les friches ? « Toutes les villes possèdent des emprises comprenant des bâtiments désaffectés, friches d’activité ou équipements obsolètes, qui peuvent faire l’objet d’un “recyclage”. Déjà équipées et intégrées à l’­espace urbain, elles constituent des ressources pour de nouveaux programmes urbains », assure Hélène ­Peskine, architecte urbaniste générale de l’Etat et secrétaire permanente du Plan urbanisme construction architecture, le Puca.

Donc oui, « il est possible de densifier encore la ville dense », estime ­Manon ­Loisel, consultante en politiques publiques territoriales. Après, tout restera une question de ressenti. « Il faut aussi reconnaître que la forte densité, comme le tissu ­haussmannien, est acceptable pour de très nombreux Français lorsqu’elle donne accès aux meilleures aménités urbaines : écoles, transports, équipements… » indique Hélène ­Peskine, en forme de clin d’œil.

Une charte signée avec un jury citoyen et les professionnels de l’aménagement

Rennes métropole (Ille-et-Villaine)43 communes, 454 000 hab. – A l’horizon 2040, les projections démographiques (2) tablent sur environ 550 000 habitants dans la métropole rennaise. Soit 100 000 de plus qu’actuellement ! Pas question néanmoins, pour ­Marc ­Hervé, conseiller métropolitain (PS), membre du bureau délégué aux formes urbaines, de dissocier « tradition d’accueil et cadre de vie », d’autant plus sur ce territoire où « 78 % du parcellaire est naturel agricole ». « La conservation de cette présence verte passera par une densification, à l’échelle des 43 communes. Nous ne souhaitons pas une ville-centre qui déborde, mais 43 cœurs relativement denses et qui, à leur échelle respective, jouent le jeu de cette densification », explique-t-il. Et ce, à travers un plan local de l’habitat qui enjoint de construire 4 000 à 5 000 nouveaux logements chaque année, sur la métropole.

Une densité pleinement assumée donc, avec même, par endroits, « une ville qui s’élève », au point d’occasionner des frictions avec les ­habitants. D’où la nécessité de « ­travailler l’­acceptabilité et l’information des riverains avant le dépôt du permis de construire, particulièrement dans le secteur diffus », plaide-t-il. La réponse de la collectivité a pris la forme d’une charte « construction et citoyenneté », signée en juillet avec les professionnels de l’aménagement urbain : promoteurs, bailleurs sociaux, architectes, notaires et entreprises du BTP, ainsi qu’avec un jury citoyen. « Ce document vise à apporter des réponses concrètes aux interpellations des habitants, à chaque étape d’un projet immobilier d’initiative privée, éclaire l’élu. Avec, pour tous les programmes de plus de 50 logements, une méthodologie spécifique qui impose trois réunions entre tous les acteurs, y compris la collectivité. C’est une sorte de contrat politique pour la gestion de la cité. »

Notes

Note 01 Etude en ligne d’Infopro Digital études pour « La Gazette » et Bouygues Immobilier, réalisée du 29 septembre au 23 octobre 2020, auprès de 901 élus et agents de collectivités locales. Retour au texte

Note 02 Selon Audiar Rennes, observatoire « démographie », septembre 2021. Retour au texte

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Commentaires

Et si la ville dense était tendance ?

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Fab44

15/12/2021 10h15

Bonjour, la densité (ou « intensité ») est en effet une nécessité, et rappelle également que contrairement à une idée reçue les urbains peuvent être bien plus vertueux que les ruraux en matière d’écologie (consommation d’énergie faible, moindre utilisation de la voiture etc.).
Cependant l’article parle peu de la qualité de l’habitat, pourtant fondamentale pour l’acceptabilité de la ville intense : appartement traversant, orientation des chambres vers des espaces extérieurs calmes, tailles des pièces suffisantes, volets occultant, et surtout insonorisation intérieure efficace (les normes datent des années 90 et sont totalement obsolètes)… Or, un rapport national récent montrait une dégradation de la qualité des logements neufs sur différents aspects, et rien de tel pour fabriquer des « urbanophobes » que des appartements bruyants, avec des chambres trop petites et sans rangement, sans volet (d’où pollution lumineuse), en façade de rues très fréquentées, etc. Et la qualité de l’espace public ne pourra jamais contrebalancer un habitat peu qualitatif. Bref, les collectivités font beaucoup, mais les promoteurs et constructeurs… ?

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