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Politiques publiques

Les territoires numériques éducatifs pas loin du zéro pointé

Publié le 10/12/2021 • Par Michèle Foin • dans : A la Une Education et Vie scolaire, Innovations et Territoires

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D.R.
La crise sanitaire a montré la faible résilience du système éducatif et ses difficultés à assurer la continuité pédagogique. Il est devenu urgent de réinvestir le numé­rique éducatif. Une expérimentation a été lancée dans l’Aisne et le Val-d’Oise, où les écoles ont reçu des équipements numériques. La formation des ensei­gnants et des parents a été prévue. Le déploiement du matériel s’est fait dans la précipitation et sans le concours des collectivités. Quant à la formation, il faudra plus d’un an pour qu’elle porte ses fruits.

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Le confinement de mars 2020, qui a empêché les élèves d’aller en classe durant quatorze semaines, a forcé ­Jean-Michel ­Blanquer, ministre de l’Education nationale, à réinvestir le numérique éducatif en urgence, après avoir coupé brutalement les budgets de ses prédécesseurs. Le 21 septembre 2020, il annonçait l’expérimentation des « TNE » , un « démonstrateur national » lancé à marche forcée dans l’Aisne et le ­Val-d’Oise.

Il s’agit « de tester le déploiement d’équipements numériques, de contenus pédagogiques et de dispositifs de formation des professeurs et des familles », une attention étant portée à l’inclusion numérique de celles les plus éloignées de l’école. Au total, 27,3 millions d’euros y sont consacrés, financés par le Programme d’investissements d’avenir. Le tout devant être évalué pour mesurer la pertinence d’une extension à d’autres territoires. Le ministère espérait obtenir un « effet transformant » des pratiques d’enseignement et des stratégies d’apprentissage, et garantir la continuité pédagogique en cas de confinement.

Un an après le lancement des TNE, l’expérimentation est-elle aussi « positive » que le Premier ministre a bien voulu le dire le 8 octobre, annonçant son extension à dix nouveaux départements ? « Du point de vue pédagogique, on ne peut pas répondre en quelques mois », convient ­Jean-François ­Cerisier, directeur du laboratoire ­Techné (technologies numériques pour l’éducation), chargé d’évaluer le démonstrateur durant trois ans. Une chose est sûre : cela ne s’est pas aussi bien passé que ­Jean ­Castex l’affirme.

Au pied du mur

En cause, la mise en place précipitée. Les inspections académiques ont été averties début juillet 2020 et devaient, durant l’été, sélectionner les écoles bénéficiaires du dispositif. « Tout a été fait à l’envers ! L’Etat a ignoré qu’un matériel informatique, cela s’installe et se maintient. Il a méprisé tout le travail dévolu aux collectivités », estime ­Mylène ­Ramm, chargée de mission à l’Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel.

Les critères de choix des écoles sont restés flous, d’autant que l’Education nationale n’avait aucune donnée à jour sur leur équipement informatique. « Les premières écoles ont été choisies en fonction de leurs caractéristiques, et non de leurs besoins », assure ­Jean-François ­Cerisier. Par la suite, elles ont pu remplir un dossier de demande de dotation, comme à ­Villers-Cotterêts (10 700 hab., Aisne), mais sans savoir ce qu’elles recevraient.

Dans cette ville, toutes les écoles ont reçu des caméras grand angle pour l’enseignement à distance, des kits robotiques, des écrans et vidéoprojecteurs numériques interactifs. Soit « plus de 125 000 euros de matériel fourni par l’Education nationale, se réjouit ­Stéphane ­Vilaire, responsable du pôle “enseignement jeunesse”. Certes, nous n’aurions jamais pu l’acquérir si vite, mais nous avons été mis au pied du mur. Deux écoles ont eu toutes les classes complètement dotées, quand deux autres l’ont été partiellement. Nous avons profité de l’appel à projets sur le “socle numérique” pour équiper les cinq classes qui ne l’étaient pas, mais cela nous a coûté 20 000 euros qui n’étaient pas budgétés. Si l’opération avait été annoncée l’année précédente, nous aurions pu nous préparer. »

Une logistique « catastrophique »

« Il n’y a eu aucune implication des communes ! » confirme ­Kevin ­Boulanger, DSI de ­Soissons (28 500 hab., Aisne), qui juge le déploiement des équipements « catastrophique ». « Le matériel arrivait sans crier gare. Il fallait trouver un endroit de stockage en urgence. Un prestataire intervenait ensuite pour le monter, sans associer la DSI », regrette-t-il, même s’il apprécie l’effort financier de l’Etat.

Autre écueil : les tablettes étaient livrées en mode « usine ». « Un technicien de la ville a passé un mois à temps plein à configurer les 190 tablettes, une par une ! Si on nous avait sollicités sur nos besoins et ceux des écoles, cela aurait pu être automatisé. Nous aurions pu définir un cahier des charges conjoint », s’emporte le DSI. Dans le ­V­al-d’Oise, c’est le syndicat mixte ­Val-d’Oise numérique (11 collectivités et EPCI, 1,24 million d’hab.) qui s’est chargé de cette configuration. « J’ai signé un accord avec Apple pour installer un outil de gestion de flotte sur les Ipad distribués. Cela évite des difficultés aux petites communes », indique ­Rachid ­Adda, directeur général.

De même, il a développé un outil de filtrage avec l’académie, qui permet à l’élève de surfer en toute sécurité sur internet. Mais il lui a fallu trois mois pour intégrer ces outils, faute d’avoir été ­sollicité en amont. Et c’est la DSDEN du ­Val-d’Oise qui a dû authentifier chaque équipement numérique pour les attribuer aux écoles. « Nous avions sept salles pleines de matériels, du sol au plafond. De pédagogues, nous sommes devenus manœuvres », a ironisé ­Aline ­Barnagaud, conseillère pédagogique départementale, lors d’un webinaire organisé en octobre par ­Unowhy, l’un des fournisseurs de tablettes. « Les DSDEN ont vu des semi-remorques remplis de tablettes arriver dans leurs locaux, en ayant la charge de les dispatcher dans les écoles. C’est un projet hors norme, et hors capacités des organisations », convient ­Jean-François ­Cerisier.

Une formation à plusieurs niveaux

Il en est de même pour la formation des enseignants que se partagent les DSDEN, le réseau Canopé et les constructeurs. « On compte 7 000 enseignants dans l’Aisne et 17 000 dans le ­Val-d’Oise », note ­Emmanuel ­Page, directeur de projet « TNE » au réseau ­Canopé. Or il faut envisager une formation à plusieurs niveaux : la prise en main des ordinateurs, tablettes numériques, tableaux numériques interactifs, robots, mais aussi les usages pédagogiques. L’essentiel des sessions se passe en ligne. « Nous sommes à plus de 110 webinaires sur douze thématiques et 4 000 enseignants formés dans les deux départements », indique ­Emmanuel Page.

« Les enseignants ont dix-huit heures de formation continue par an. C’est court et déjà utilisé pour les transformations pédagogiques des maths et du français. Il a fallu trouver de la place pour le numérique », souligne Jean-­François ­Cerisier. ­Canopé essaie donc de croiser les besoins de formations disciplinaires avec le numérique, « pour ancrer cette formation dans la pratique et les besoins du professeur. Mais les résultats mettront plusieurs années à être consolidés », avertit sa directrice générale, ­Marie-Caroline ­Missir.

D’autant que les professeurs ont de quoi être découragés. Le TNE ayant été conçu pour permettre aux élèves d’utiliser les tablettes chez eux, « leur usage collectif n’a pas été pensé au départ », déplore ­Aline ­Barnagaud. Elles ont donc été livrées sans chargeur collectif, et surtout sans que le wifi soit forcément déployé dans les écoles. Ce qui empêche l’utilisation de certaines applications éducatives, voire le fonctionnement des tablettes.

Quant à l’accompagnement des parents, piloté par le groupement d’intérêt public Trousse à projets, « c’est une très bonne idée, mais complexe à mettre en œuvre, pointe ­Jean-François ­Cerisier. C’est un travail de fourmi. Pour l’instant, il s’agit plus d’un mouvement que d’une réalité ». « Les parents ne se sont pas rués sur la proposition », euphémise ­Stéphane ­Vilaire, qui regrette de ne pas avoir été mis dans la boucle. Numéricien de la communauté de communes de la Champagne picarde (46 communes, 20 900 hab., Aisne), chargé d’organiser ces ateliers avec les parents, ­Bruno Van ­Uytreckt confirme la difficulté à les mobiliser.

« Au début, j’ai eu les parents curieux, mais pas ceux qui ont le plus de difficultés. Nous avons peu de moyens pour toucher les invisibles. Il a fallu organiser les ateliers ailleurs qu’à l’école. On en espérait vingt-quatre la première année, je n’en ai tenu que six. Mais je suis confiant et compte sur des parents ressources pour faire le relais. »

Dans son rapport de février 2019, la Cour des comptes épinglait déjà le service public du numérique éducatif pour son incapacité à « élaborer une stratégie fondée sur une analyse rigoureuse de l’existant et des besoins ». Avec les TNE, l’Etat a réitéré les mêmes erreurs qui auraient pu être évitées si les collectivités avaient été associées. L’Assemblée des départements de France ne décolère pas. Avec le milliard d’euros investis dans le numérique éducatif sur la dernière mandature par les départements, ils avaient pourtant une expertise à faire valoir.

Vous avez dit transparence ?

Pas moins de trois rapports ont été remis à l’Etat, en juin 2020, sur le bilan de la première année des TNE, concernant le déploiement du démonstrateur, l’impact de l’équipement des nouveaux profes­seurs et celui de l’inspection générale de l’Education nationale. Aucun, à ce jour, n’a été rendu public.

« Je comprends l’agacement des élus »

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Jean-François Cerisier, directeur du laboratoire Techné de l’université de Poitiers

« L’une des difficultés du numérique éducatif est de trouver la bonne articulation entre la politique de l’Etat et celle des collectivités. Or, dans l’Aisne et le Val-d’Oise, il a fallu faire vite, avec peu de possibilités de concertation avec les élus locaux. Une fois le matériel livré, on leur a dit “c’est à vous de financer l’installation électrique, le réseau, la maintenance”. Je comprends leur agacement ! En juin 2020, tous les matériels n’étaient pas encore déployés, le marché des ressources n’était pas abouti et les formations n’étaient pas toutes construites.

Il est donc dommage de ne pas attendre les fruits du démonstrateur pour élargir le projet à d’autres territoires. Mais la transition numérique des écoles est indispensable et ne peut pas attendre. Là se pose d’ailleurs la question des inégalités territoriales. Ce n’est pas douze, mais tous les départements que l’on devrait équiper ! »

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